par Nigel Davies
LONDRES (Reuters) - Les taux d'intérêt dans la zone euro devraient rester inchangés jusqu'en 2009, montre une enquête menée jeudi par Reuters après la réunion de politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE), qui n'a adressé aux marchés aucun signal incitant à penser qu'elle s'engageait dans une série de relèvements du coût du crédit.
Sur 63 économistes interrogés après la hausse d'un quart de point décidée par le Conseil des gouverneurs, qui porte comme attendu le taux de refinancement à 4,25%, cinquante ont dit n'anticiper aucun relèvement supplémentaire d'ici la fin de l'année.
Onze ont déclaré s'attendre à une nouvelle hausse au moins cette année. Ils étaient 16 sur 80 à partager cette opinion dans la précédente enquête, le 25 juin.
De leur côté les marchés financiers, au vu des futures de taux d'intérêt, intègrent toujours l'hypothèse d'un relèvement supplémentaire avant janvier, même si la probabilité estimée a diminué jeudi.
Deux économistes seulement parmi les 63 sondés ont estimé que la BCE reviendrait sur sa hausse de jeudi et ramènerait son principal taux à 4,0% d'ici janvier.
Le président de la banque centrale, Jean-Claude Trichet, a déclaré lors de sa conférence de presse mensuelle que la BCE était fermement déterminée à assurer l'ancrage des anticipations inflationnistes mais qu'elle n'avait aucun biais en matière d'orientation future de sa politique monétaire.
UNE BAISSE DES TAUX POSSIBLE FACE AU RALENTISSEMENT
"Trichet a dit qu'ils n'avaient pas de biais, donc à partir de là ils peuvent partir dans l'une ou l'autre direction. Nous ne nous attendons pas à ce qu'ils baissent les taux dans l'immédiat tandis que la possibilité qu'ils relèvent les taux une fois seulement est bien réelle", a estimé Robert Barrie, de Credit Suisse.
L'hypothèse d'une hausse supplémentaire reste le principal risque, a-t-il ajouté, mais il s'attend pour sa part à ce que les taux restent inchangés jusqu'au début de l'an prochain au moins.
Les économistes interrogés restent majoritairement convaincus que le prochain changement de la politique monétaire de la BCE consistera en un assouplissement, face à la multiplication des signes de détérioration marquée de la croissance dans la zone euro.
Mais ils ne s'attendent pas à une telle baisse des taux avant le deuxième trimestre de l'année prochaine, soit trois mois plus tard que prévu dans l'enquête précédente.
L'enquête fait ressortir une probabilité de 30% seulement d'une nouvelle hausse des taux cette année, même si certains sont convaincus que la BCE sera forcée d'agir une nouvelle fois face à la montée de l'inflation et des prix pétroliers.
"Il est assez douloureux pour la BCE de relever les taux tout en sachant que la croissance ralentit mais il faudra pourtant bien qu'elle les relève encore pour combattre les anticipations inflationnistes", juge Astrid Schilo, de HSBC, qui a revu à la hausse la semaine dernière ses estimations en matière de taux.
Pour l'instant, les économistes estiment que l'inflation prendra le pas sur les signes de ralentissement rapide de l'économie des Quinze.
Les enquêtes PMI auprès des directeurs d'achats, des baromètres très suivis des secteurs des services et de l'industrie, sont passés en juin sous la barre des 50, traduisant une contraction de l'activité.
Version française Marc Angrand
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