NEW YORK (Reuters) - Les marchés boursiers américains ont clôturé en ordre dispersé jeudi, les valeurs de l'énergie soutenant le Dow Jones et le Standard & Poor's 500 après les derniers records du pétrole tandis que le Nasdaq souffrait de l'avertissement du spécialiste des puces graphiques Nvidia sur ses résultats.
Le Dow Jones a gagné 73,03 points, soit 0,65%, à 11.288,54 et le Standard & Poor's 500 a progressé plus modestement de 1,38 point (+0,11%) à 1.262,90 mais le Nasdaq Composite a perdu 6,08 points (-0,27%) à 2.245,38.
Wall Street a fermé ses portes à 17h00 GMT et restera fermée vendredi, jour de l'Independence Day. Les transactions ne reprendront que lundi. Sur la semaine, qui n'aura donc compté que trois séances et demie, le Dow a cédé 0,5%, le S&P 500 1,2% et le Nasdaq 3%. Pour ce dernier, il s'agit de la cinquième semaine consécutive de baisse.
Le pétrole brut léger américain a inscrit un nouveau record à 145,85 dollars le baril à New York dans la foulée du Brent de la mer du Nord, qui est monté à 146,69 dollars.
Cette nouvelle hausse de l'or noir a logiquement profité aux compagnies pétrolières, comme Exxon Mobil (+0,98%) ConocoPhillips (+1,2%) ou Chevron (+1,24%).
Parallèlement, le marché a semblé plutôt rassuré par les chiffres du marché du travail en juin. Ceux-ci ont pourtant montré que les Etats-Unis avaient détruit des emplois pour le sixième mois consécutif, du jamais vu depuis 2002. A 62.000 contre 60.000 attendues, les suppressions d'emplois portent à 438.000 le nombre de postes détruits depuis le début de l'année.
LE S&P À SON TOUR EN "BEAR MARKET"
Le taux de chômage, lui, est resté stable à 5,5% alors que le marché anticipait un léger repli à 5,4%.
"Les chiffres ne sont pas aussi mauvais qu'ils auraient pu l'être", constate Jose Saluzzi, de Themis Trading. "Certains craignaient 100.000 suppressions d'emplois, voire davantage."
Par ailleurs, les inscriptions au chômage ont encore augmenté la semaine dernière, à 404.000, un niveau généralement perçu comme reflétant une situation de récession.
L'indice ISM du secteur des services, publié une demi-heure après l'ouverture de Wall Street, a confirmé la détérioration de la conjoncture puisqu'à 48,9 en juin, il traduit désormais une contraction de l'activité du tertiaire.
Ce chiffre a fait brièvement tomber le S&P 500 - comme le Dow Jones et le Nasdaq la veille - sous le seuil caractérisant un "bear market", littéralement un "marché baissier", c'est à dire plus de 20% en dessous de son pic d'octobre. L'indice large a inscrit un plus bas à 1,252,01.
Nvidia a chuté de 30,73% au lendemain d'un avertissement sur son chiffre d'affaires et ses marges, justifié entre autres par la détérioration de la demande. Dans le secteur, Intel a abandonné 1,29% et l'indice sectoriel Soxx a reculé de 0,95%.
Les valeurs de l'assurance santé ont souffert de la révision à la baisse, à "vendre" de la recommandation de Goldman Sachs sur Aetna et Health Net. Les deux titres ont perdu respectivement 6,66% et 12,05%.
General Motors a repris 1,4% au lendemain d'une chute de 15% provoquée par les commentaires de Merrill Lynch sur le risque de faillite pure et simple du groupe. Le titre est ainsi remonté juste au-dessus du seuil symbolique de 10 dollars.
Ellis Mnyandu, version française Marc Angrand
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