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  > Marché : Bonne résistance des banques à réseau dans la gestion privée
Jeudi 3 juillet 2008 à 16:42 Imprimer Imprimer
par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - Les activités de banque privée des grands réseaux bancaires français ont fait preuve jusqu'à présent d'une relative résistance face à la crise financière, grâce à la flexibilité de leur modèle.

Alors que les sociétés de gestion des banques ont été victimes d'une forte décollecte, d'abord sur les fonds monétaires dynamiques, les premiers touchés par la crise du crédit, puis sur les fonds monétaires classiques et sur les actions mises à mal par la chute des marchés, les activités de gestion de fortune ont mieux résisté.

La banque privée, par le type de produits qu'elle offre à sa clientèle fortunée, peut faire preuve d'une souplesse à laquelle ne peut pas prétendre la gestion d'actifs classique.

"Nous sommes moins sensibles à l'évolution des marchés financiers car nous disposons de produits sur mesure, susceptibles d'être adaptés aux conditions de marché", a déclaré à Reuters Daniel Truchi, directeur général de SG Private Banking,, faisant allusion aux produits structurés avec garantie en capital, produits sur les changes, les matières premières ou les fonds de hedge funds.

"Même en période de marchés très volatils, ces produits restent très attrayants", ajoute-t-il.

Pour François Debiesse, directeur général de BNP Paribas Banque Privée, "les clients sont de plus en plus avertis et réagissent donc de façon moins émotionnelle aux phénomènes de marché".

COLLECTE POSITIVE

Au premier trimestre 2008, alors que les pôles de gestion d'actifs des trois grandes banques à réseaux françaises BNP Paribas BNPP.PA>, Société générale et Crédit agricole étaient en forte décollecte, leurs activités de banque privée engrangeaient des flux nets positifs de respectivement 3,4 milliards de dollars, 400 et 900 millions d'euros.

Les comparaisons chiffrées sont cependant difficiles à établir entre les trois établissements qui n'ont pas les mêmes modes d'organisation et de typologie de clientèle (la fourchette des seuils minimum d'actifs allant de 200.000 à un million d'euros).

François Debiesse reconnaît cependant que, s'il y a eu très peu de décollecte, le pôle de gestion de fortune de BNP Paribas a vu des transferts de portefeuilles investis en actions vers des actifs moins risqués, notamment monétaires, donc moins rémunérateurs.

Avec des marges sensiblement plus élevées que les fonds classiques, les produits structurés et les produits alternatifs en général (hedge funds, immobilier et private equity, qui sont les terrains privilégiés de la banque privée) permettent aux établissement de préserver leurs résultats financiers.

"Le premier trimestre 2008 a été record en termes de résultats. La croissance a été de 11% pour le résultat brut d'exploitation - à 81 millions d'euros - et la marge brute moyenne (revenus sur actifs moyens sous gestion) a augmenté de quatre points de base (à 115 bp), ce qui est très important", a souligné le responsable de SG Private Banking.

Le secteur de la banque privée affiche le taux de marge le plus élevé du secteur bancaire (plus de 35% avant impôts en moyenne en Europe, selon McKinsey).

IMPACT DE LA CRISE

Importants clients des hedge funds, les gérants de fortune subissent cependant le contre-coup des médiocres performances de la gestion alternative, qui enregistre des performances très contrastées selon les stratégies depuis le début de l'année et une baisse moyenne de 1,8% entre janvier et avril, selon HFR.

Par ailleurs, avec un effet de marché jusqu'ici fortement négatif, qui affecte automatiquement la collecte, un impact de change également négatif lié à la baisse du dollar et les effets du ralentissement de la croissance sur la richesse mondiale, la banque privée ne devrait pas sortir indemne de la crise.

La création de richesse, mesurée par la croissance des avoirs supérieurs à un million d'euros devrait ralentir à 2% ou 3% cette année, après une progression comprise entre 6% et 7% en 2007, selon SG Private banking.

Pour Daniel Truchi, "la croissance des revenus sera cette année un peu inférieure aux 25% annuels de ces quatre ou cinq dernières années".

Interrogé sur l'évolution de la crise financière, il évoque des "effets sensibles sur la croissance économique, la valorisation des entreprises, les cash flows et les résultats".

François Debiesse reconnaît quant à lui que l'exercice 2008 "ne sera pas une grande cuvée".

Les encours gérés, dans le monde, par les acteurs de la gestion de fortune (pour les avoirs atteignant au moins un million de dollars) s'élevaient à 17.400 milliards de dollars à la fin 2007, en hausse de 11,6% par rapport à l'année précédente, selon les chiffres de l'étude KPI Private Banking Benchmark.

Edité par Marc Joanny

Copyright (C) 2007-2008 Reuters

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