(CercleFinance.com) - Les craintes d'un troisième choc pétrolier, avec dans son sillage un vif tassement de la croissance économique mondiale et la montée des tensions inflationnistes, ont littéralement plombé le moral des investisseurs européens ce matin.
A cela s'ajoute les mauvaises nouvelles qui frappent de manière récurrente les valeurs bancaires, qui n'arrivent pas à se sortir de la crise du subprime ! UBS était ce matin au centre de l'actualité.
Face à ce sombre tableau, le Cac 40 corrige de 2,6% à 4 320 points, après avoir flirté avec le seuil des 4 300 points, à 4 307 points.
Cette entame de 3ème trimestre et de second semestre 2008 désastreuse se signale par la plus forte baisse en de pareilles circonstances depuis plus de 20 ans (après les -2,54% du 2 janvier 1997). Cela porte le repli annuel à -23,4% et la perte depuis la mi-octobre 2007 à -46%...
Les places européennes chutent de -2,3% en moyenne, Londres, Madrid et Amsterdam dévissant d'environ 2,7% , tandis que Francfort cède -2,1%...
Les prix du pétrole sont de fait particulièrement fermes, naviguant autour des 143 dollars le baril. L'IEA ne prévoit en outre pas de véritable détente à moyen terme (horizon 2013), compte tenu de fondamentaux sous pression à la fois du côté de l'offre et de la demande.
Les statistiques économiques du jour ont de plus été mitigées. Si en Allemagne les ventes au détail ont progressé de 1,3% au mois de mai et le taux de chômage a diminué de 0,1 point à 7,8%, l'activité manufacturière en France s'est au contraire contractée en juin pour la première fois depuis mai 2005, comme dans la zone euro.
Quant aux chiffres du chômage au sein de la zone euro, il s'est établi à 7,2% en mai 2008, inchangé par rapport au chiffre d'avril. Dans l'ensemble de l'Union européenne, le taux de chômage s'est élevé à 6,8% en mai 2008, contre 6,7% en avril.
Wall Street a par ailleurs ouvert sur une tendance franchement négative, avec un Dow Jones et un Nasdaq en repli d'approximativement 1%.
Il faudra en outre surveiller à 16H la publication de deux indicateurs outre-Atlantique : les dépenses de construction de mai et l'indice ISM manufacturier de juin.
A Paris, seul France Télécom (+2,2%) surnage: les analystes continuent de saluer la décision du groupe de renoncer à son projet de rapprochement avec l'opérateur nordique TeliaSonera. Selon plusieurs sources de marché, SG et Merrill Lynch auraient relevé leur recommandation sur l'opérateur.
Au sein du SBF 120, Technip recule de 1%, malgré un double relèvement de recommandation: JP Morgan est passé ce matin de 'sous-pondérer' à 'surpondérer' sur le titre et UBS a revu son opinion de 'vendre' à 'neutre'.
Du côté des plus fortes baisses (au sein du SBF-120), Safran s'effondre de -11% alors que Cheuvreux réduit de 3 crans sa recommandation de 'superformance' à 'sous-performance' et réduit pratiquement d'un quart ses estimations de résultats pour 2009 et 2010.
TF1 qui perd 3Pts d'audience (malgré la coupe d'Europe) chute de -8 % et Renault (immatriculations en hausse de +1,7%) ou Peugeot perdent -3,2% et -4,6% respectivement sur le projet d'instauration d'un malus écologique -visant les 4X4- payable chaque année, ce qui constitue pratiquement l'arrêt de mort commercial de ce segment de véhicule... les grosses cylindrées pouvant être frappés du même handicap dans la foulée, compte tenu de leur taux d'émission de CO² très comparable.
Le secteur de la construction (+BTP) et des matériaux s'effondre de -7% en 48H avec -4,9% sur Lafarge, -3,9% sur Vinci et Bouygues, -3,7% sur Saint Gobain.
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