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Marché : Ubs revoit son mode gouvernance, ag prévue le 2 octobre

mardi 1 juillet 2008 à 11h36
BFM Bourse

ZURICH (Reuters) - UBS a instauré de nouvelles mesures de gouvernance, avec effet immédiat, consacrant une séparation nette entre les responsabilités du conseil d'administration et celles de la direction.

L'annonce n'a impressionné ni la Bourse ni les analystes et l'action a été un moment réservée à la baisse, après un recul de près de 4%. A la reprise des transactions, elle n'en a pas moins décroché de plus de 6%, touchant un nouveau plus bas de l'année et seuil psychologique de 20 francs suisses.

A 9h25 GMT, l'action restait sous pression et perdait encore près de 6% à 20,2 francs.

Merrill Lynch a fait savoir peu de temps après l'annonce qu'il retirait l'action UBS de sa liste Europe 1.

L'analyste Andreas Venditti, de la Banque cantonale de Zurich, salue les décisions prises par la banque suisse. Il estime que le réexamen stratégique pourrait aboutir à long terme, mais seulement à long terme, à des changements significatifs pour la banque. "Un retrait de certains métiers ou régions serait envisageable", constate-t-il, ajoutant que, dans l'intervalle, l'action risque de rester en situation précaire.

Dirk Becker, analyste de Landsbanki Kepler, observe que, contrairement à ce qui était largement attendu, la banque n'a pas émis d'avertissement sur ses résultats du deuxième trimestre attendus en août.

Il rappelle que les investisseurs anticipent pour la banque une perte variant de deux à quatre milliards de francs et les premières sorties nettes de capitaux dans la gestion de fortune depuis la fusion de 1998 entre UBS et SBS.

"Dans la mesure où il n'y a pas eu de déclarations, cela signifie sans doute que ces anticipations sont valides", dit-il.

Becker doute fortement de l'efficacité des mesures annoncées. "Comme cela ne l'aidera pas à sortir de la crise actuelle, nous considérons cette annonce comme un non-événement".

"BIJOUX DE FAMILLE"

UBS, l'établissement bancaire européen qui a le plus souffert de la crise du crédit jusqu'à présent, a précisé qu'il renforcerait le rôle de surveillance du conseil d'administration, dont quatre membres ont présenté leur démission.

Il s'agit de Stephan Haeringer, Rolf Meyer, Peter Spuhler et Lawrence Weinbach. Les noms de leurs remplaçants seront connus avant une assemblée générale extraordinaire (AGE) prévue pour le 2 octobre qui entérinera la démission de leurs prédécesseurs, ajoute la banque suisse dans un communiqué.

Sergio Marchionne, administrateur délégué de Fiat, sera nommé administrateur indépendant senior et conservera ses fonctions de vice-président non exécutif.

Cette refonte du gouvernement d'entreprise de la banque a été l'oeuvre d'un comité appelé Governance and Nominating Committee et UBS observe qu'à la date de l'AGE, le conseil d'administration et son Comité stratégique seront en principe en mesure d'informer les actionnaires des résultats de la révision stratégique de l'établissement.

"Le nouveau modèle (de gouvernance) se distingue principalement par une séparation claire des rôles et des responsabilités entre le conseil d'administration et le directoire du groupe et par un renforcement des activités de surveillance exercées par le conseil d'administration au travers de ses comités", explique UBS.

"Le conseil d'administration aura pour mission de définir la stratégie, de superviser et de contrôler les affaires", ajoute la banque. "Le CEO et le directoire du groupe seront entièrement responsables de la direction générale de la banque".

UBS, sous la pression de la Commission fédérale des banques (CFB) et de l'un de ses principaux actionnaires, le fonds d'investissement Olivant, doit procéder à un réexamen de ses activités après avoir passé pour plus de 37 milliards de dollars de dépréciations en raison de la crise mondiale du crédit.

Pour couronner le tout, la banque est dans la ligne de mire de la justice américaine. Le département de la Justice a en effet demandé à une cour fédérale d'ouvrir une procédure permettant aux services fiscaux d'avoir accès aux données d'UBS pour vérifier si elle n'a pas aidé des contribuables américains à frauder le fisc.

Et ce n'est pas tout pour ce qui concerne les Etats-Unis. En effet, des sources proches du dossier ont déclaré lundi à Reuters que le réexamen stratégique de la banque pourrait aboutir à la cession de Paine Webber, un gestionnaire de fortune américain racheté voici près de huit ans pour une dizaine de milliards de dollars.

Cette éventualité avait fait grincer des dents sur le marché. "Ce ne sont pas exactement les bijoux de famille mais presque", commentait l'analyste Peter Thorne d'Helvea.

Copyright (C) 2007-2008 Reuters

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