PARIS (Reuters) - Liste des valeurs suivies jeudi à la Bourse de Paris où le CAC 40 a reculé de 2,43% à 4.426,19 points, son plus bas niveau depuis fin octobre 2005.
* Les financières ont contribué le plus lourdement à la baisse du CAC au lendemain de la décision de la Fed de maintenir ses taux inchangés qui signale la fin de la détente monétaire. En outre, Goldman Sachs a publié une nouvelle note très négative sur les banques d'investissement américaines réveillant les craintes de nouvelles dépréciations d'actifs et Fortis a annoncé un projet de recapitalisation de 8,0 milliards d'euros pour améliorer son ratio de solvabilité. La banque franco-belge DEXIA, particulièrement affectée par l'annonce de Fortis, a chuté de 10,39% à 10,52 euros, SOCIETE GENERALE a perdu 4,84% à 55,29 euros, BNP PARIBAS 3,41% à 59,00 euros, CREDIT AGRICOLE 5,08% à 13,26 euros et AXA 5,32% à 19,49 euros. L'indice européen a abandonné 4,44%, plus forte baisse sectorielle. Moody's a annoncé avoir abaissé ses perspectives à négatives sur le secteur bancaire français.
* CARREFOUR a perdu 8,83% à 37,88 euros, les analystes ayant mal accueilli le passage sous l'enseigne Carrefour de ses supermarchés Champion (une opération de 200 millions d'euros). Plusieurs brokers ont abaissé leurs objectifs de cours. A la clôture, le groupe a dit être confiant dans son objectif de croissance de son CA 2008 en ligne avec celle de 2007 (+7%) et de croissance du résultat opérationnel à un rythme globalement en ligne avec celui du CA. L'ensemble du secteur en Europe a été attaqué (4,25%). PPR notamment (-5,32% à 72,22 euros) tandis que CASINO (-0,86% à 76,37 euros) a résisté à la tendance.
* SANOFI-AVENTIS (+0,30% à 42,87 euros) et VALLOUREC (+0,24% à 208,48 euros) sont les deux seules valeurs du CAC 40 à avoir fini dans le vert.
* EADS a reculé de 4,71% à 12,34 euros. Société générale est passée à la vente sur la valeur, estimant que le marché du transport aérien devrait marquer le pas et les commandes d'avions aussi. Par ailleurs, le président exécutif d'EADS, Louis Gallois, s'est dit déterminé à exécuter le contrat de livraison à l'US Air Force des avions ravitailleurs dont l'attribution à EADS a été mise en cause par un organe régulateur des comptes publics.
* ZODIAC a chuté de 5,7% à 29,44 euros. Société générale est passé à la vente sur l'équipementier aéronautique.
* Les valeurs automobiles, qui avaient rebondi mercredi, sont reparties à la baisse sur une information de La Tribune selon laquelle RENAULT (-5,69% à 52,91 euros) et NISSAN allaient augmenter leurs tarifs pour répercuter la flambée des prix des matières premières. Unicredit est passé de "neutre" à "sous-pondérer" sur le secteur. PEUGEOT a perdu 4,30% à 33,81 euros et MICHELIN 6,52% à 44,87 euros. Le DJ Stoxx sectoriel en Europe a cédé 4,06%.
* THALES a perdu plus de 2,39% à 36,81 euros, CA Cheuvreux ayant sorti le titre de sa "selected list" française tout en restant à l'achat (). Le groupe d'électronique de défense a démenti envisager une offre sur l'américain DRS pour contrer celle de Finmeccanica (), mais un analyste estime qu'après un très mauvais semestre, le groupe fait face une série de mauvaises nouvelles - faiblesse du dollar, la possibilité de réductions ou de report de commandes de l'armée française, incertitude sur l'évolution à venir de la structure du capital - qui freinent toute révision en hausse du consensus de marché.
* La cotation de CLARINS a été suspendue vers 13h, à la demande du groupe de cosmétiques et dans l'attente d'un communiqué. Depuis le décès de son fondateur en mars 2007, le groupe fait l'objet de spéculations récurrentes sur une évolution de son capital. Mais les intervenants estiment qu'il pourrait s'agir d'une annonce de moindre portée. Une rumeur d'alliance pour la distribution de parfums circule sur les marchés, Procter & Gamble étant cité.
* NEXITY a chuté de 7,47% à 17,09 euros, affecté comme les banques par les tensions sur les taux. Le titre est passé au-dessous de son prix d'introduction en Bourse d'octobre 2004. KAUFMAN & BROAD (-1,16%) a mieux résisté, encore soutenu par les spéculations d'un retrait de la cote par PAI Partners. "La spéculation continue à soutenir le titre, ce qui est assez incompréhensible étant donnée la situation financière du groupe", estime un analyste. Le gearing (ratio dette nette/fonds propres) du promoteur était à 220% au 30 juin, précise-t-il.
* EIFFAGE (+2,58% à 46,55 euros) a poursuivi son rebond entamé mercredi (plus de 6%) après le rejet d'un projet de résolution anti-OPA visant à accorder un vote double aux actionnaires anciens.
Juliette Rouillon, avec Raoul Sachs et Baptiste Cordier, édité par Jean-Michel Bélot
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