par Tetsushi Kajimoto
OSAKA (Japon) (Reuters) - Le dollar est au coeur des préoccupations des ministres des Finances du Groupe des Huit (G8) réunis au Japon pour tenter de trouver la parade à une inflation dopée par la flambée des prix pétroliers et ses répercussions sur une économie mondiale qui ralentit.
Le G8, constitué essentiellement de pays importateurs de brut, n'a guère d'influence sur le marché pétrolier, chauffé à blanc par la spéculation et la nouvelle demande de pays tels que l'Inde et la Chine.
Mais il peut au moins enrayer la baisse du dollar, qui a poussé les investisseurs à acheter des contrats sur le pétrole et d'autres matières premières pour couvrir leur risque de change.
Les détails du projet de communiqué à Reuters par une source du G8 résument le défi du jour.
"Des prix des matières premières élevés, surtout ceux du pétrole et des produits alimentaires, posent un défi sérieux à une croissance stable de par le monde (...) peuvent accroître les pressions inflationnistes mondiales", dit le projet de communiqué du G8, selon la source.
"Les marchés seront sensibles à tout signe montrent que les responsables du G8 endossent le principe de l'intervention pour renforcer le dollar américain", écrivent dans une note des analystes de Calyon Capital Markets Research.
Les banquiers centraux étant absents de cette réunion de deux jours des ministres des Finances du G8 à Osaka, les changes n'étaient pas a priori un thème brûlant à l'ordre du jour.
Des responsables avaient dit que les discussions tourneraient autour des matières premières et de l'inflation mais la ministre française de l'Economie Christine Lagarde avait souligné que ces questions étaient liées inextricablement au dollar.
A Osaka même, Lagarde a jugé qu'il y avait de quoi se réjouir du récent renforcement du dollar, selon Dow Jones Newswires et d'autres médias. "Toutefois, il y a un lien de cause à effet entre la stabilité des marchés financiers, le taux de change euro-dollar et la hausse des prix des produits pétroliers", a-t-elle ajouté.
L'euro a reculé après ces propos, permettant au dollar de prétendre à son gain hebdomadaire le plus élevé contre la monnaie unique en trois ans.
PROJET ANTI-SPÉCULATION
Les prix pétroliers ont augmenté de manière concomitante à la dégringolade du dollar, lequel a perdu près de la moitié de sa valeur contre l'euro en six ans.
"La défense du dollar est devenue une question urgente", écrit l'agence Kyodo, citant le ministre japonais des Services financiers Yoshimi Watanabe.
Selon la Réserve fédérale de Dallas, la chute du dollar a représenté le tiers environ de la hausse de 60 dollars du prix du pétrole entre 2003 et 2007.
Le ministre des Finances japonais Fukushiro Nukaga a dit qu'il avait discuté changes avec le secrétaire au Trésor américain Henry Paulson, lequel s'est refusé la semaine dernière à exclure toute possibilité d'intervention sur le marché des changes. Nukaga n'a pas voulu dire s'ils avaient parlé précisément du dollar.
La dernière intervention concertée entre pays du G8 remonte à septembre 2000, lorsque la Réserve fédérale, la Banque centrale européenne (BCE) et la Banque du Japon s'étaient employé à freiner la baisse de l'euro.
En dehors de cela, l'Italie a présenté un projet visant à rendre la spéculation sur les marchés pétroliers plus difficile en augmentant les dépôts obligatoires pour pouvoir traiter des futures, a expliqué à la presse le ministre de l'Economie italien Giulio Tremonti.
Le G8 regroupe les Etats-Unis, le Japon, la Grande-Bretagne, l'Allemagne, la France, l'Italie, le Canada et la Russie.
Version française Wilfrid Exbrayat
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