STRASBOURG (Reuters) - Le Parlement européen a demandé à la Commission de l'UE de réaliser une étude d'impact sur l'instauration d'une "taxe mondiale" sur les transactions financières d'ici à la prochaine réunion du G20.
La résolution, qui demande à l'exécutif de l'UE "d'examiner soigneusement" les avantages et les inconvénients d'une telle taxe avant cette réunion qui aura lieu en juin 2010 au Canada, évite de se prononcer dans un sens ou dans l'autre.
Véritable serpent de mer de l'économie mondiale, l'idée d'une taxe de 0,005% sur les transactions financières, dont le produit serait affecté à l'aide au développement, avait été repoussée de justesse par le Parlement européen en janvier 2000.
Encore ne s'agissait-il déjà à l'époque, dans un souci de compromis entre gauche et droite, que de demander une étude sur cette "taxe Tobin", du nom de l'Américain James Tobin, prix Nobel d'économie en 1981, qui l'a théorisée.
La crise financière est depuis passée par là, qui a engendré une demande de régulation accrue vis-à-vis des mouvements de capitaux spéculatifs.
Le président de la Commission européenne, José-Manuel Barroso, a informé le Parlement, en décembre dernier, qu'une réflexion sur une taxation des transactions était en cours à Bruxelles tandis que le G20, lors de sa dernière réunion à Pittsburgh en septembre 2009, a confié une mission au Fonds monétaire international (FMI) sur le sujet.
La France et la Belgique ont adopté, respectivement en 2001 et 2004, une loi instaurant une telle taxe tout en précisant qu'elle n'entrerait en vigueur que si elle était instaurée par tous les Etats de l'Union européenne.
Le débat n'est pas clos entre les partisans de la taxe Tobin et ceux qui en craignent les effets pervers tels que fuite des capitaux ou frein à la croissance.
La ministre française de l'Economie s'était gaussée en mai dernier de son collègue Bernard Kouchner après que le ministre des Affaires étrangères se fut déclaré favorable à son instauration.
"Vous savez, quand les ministres des Affaires étrangères se mettent à sortir la boîte à idées finances, on peut tout attendre", avait dit Christine Lagarde à des journalistes.
Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse
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