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Marché : L'export a soutenu le peu de croissance en zone euro fin 2009

jeudi 4 mars 2010 à 14h18
L'export a soutenu le peu de croissance en zone euro fin 2009

par Jan Strupczewski

BRUXELLES (Reuters) - La croissance de la zone euro au quatrième trimestre 2009 a été confirmée à 0,1%, la bonne tenue du commerce extérieur n'ayant pas suffi à compenser une nouvelle baisse de l'investissement.

Eurostat, l'agence de statistiques de l'Union européenne, a réitéré son estimation du 12 février d'une hausse du produit intérieur brut de 0,1% par rapport au troisième trimestre.

Par rapport au quatrième trimestre 2009, le PIB des 16 pays qui utilisent l'euro s'est contracté de 2,1%.

L'unique moteur de la croissance a été le commerce extérieur, qui a apporté une contribution nette de 0,3 point à la variation trimestrielle du PIB grâce à une plus forte hausse des exportations (+1,7%) que des importations (+0,9%).

La consommation des ménages, la consommation publique et les variations de stocks ont eu une contribution nulle, tandis que celle de la formation brute de capital fixe, autrement dit de l'investissement, a été négative de 0,2 point.

"La dynamique positive vient de l'environnement international. La consommation intérieure demeure faible et on peut penser qu'elle le restera dans les prochains mois avec toutes les mesures d'économies actuellement annoncées par les gouvernements", observe Christoph Weil, économiste chez Commerzbank.

"Il faut espérer que l'économie mondiale continuera de croître et d'apporter une impulsion forte aux exportations. Mais il est également important que l'investissement redevienne positif", ajoute-t-il.

CROISSANCE MODÉRÉE EN 2010

Selon Eurostat, l'investissement a baissé de 0,8% dans la zone euro par rapport au troisième trimestre, après un recul de 0,9% les trois mois précédents. La consommation publique, soutenue depuis trois trimestres par les plans de relance, a fléchi de 0,1% tandis que la consommation privée est restée stable après une baisse de 0,2% en juillet-septembre.

"La consommation est entrée dans une phase de stabilisation et une accélération dans le courant de 2010 est improbable compte tenu de la hausse du chômage et du redémarrage de l'inflation", commente Marco Valli, économiste chez Unicredit.

Clemente de Lucia, chez BNP Paribas, retient surtout la contribution nulle des stocks alors que cette composante avait largement soutenu la croissance de 0,4% du PIB au troisième trimestre.

"Cela suggère peut-être que les forces transitoires comme les plans de relance et la fin du mouvement de déstockage qui avaient soutenu l'activité au T3 sont en train de s'estomper", juge-t-il.

Il prévoit la poursuite d'une croissance modérée lors des prochains trimestres, grâce à la demande extérieure qui continuera de soutenir les exportations alors que la demande intérieure devrait demeurer atone.

BNP Paribas a ainsi une prévision de croissance d'environ 1% cette année. "Cela représente une nette amélioration par rapport à la contraction de 4% de 2009, mais ça reste bien en deçà des taux de croissance enregistrés avant l'éclatement de la crise financière", souligne Clemente de Lucia.

La publication de la statistique est intervenue quelques heures avant l'annonce par la Banque centrale européenne de ses projections macro-économiques actualisées.

"Il n'y a rien dans la statistique qui remette en cause notre opinion selon laquelle la reprise dans la zone euro reste fragile. Il est très probable que la BCE soit du même avis et maintienne ses prévisions prudentes pour 2010 et 2011, à savoir une croissance de 0,8% puis de 1,2%", relève Marco Valli.

Version française Véronique Tison

Copyright © 2010 Thomson Reuters

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