par Renee Maltezou et Paul Carrell
ATHENES/BERLIN (Reuters) - Le coût de l'emprunt pour la Grèce est nettement retombé mardi face à la probabilité de plus en plus forte de l'annonce de nouvelles mesures d'austérité par Athènes en vue d'obtenir une aide des Européens.
Le Premier ministre grec George Papandréou, qui a convoqué mercredi une réunion du gouvernement, subit la pression de ses partenaires européens et des marchés pour annoncer des économies supplémentaires avant sa visite en Allemagne vendredi.
Devant le parlement, il a appelé les Grecs à faire des sacrifices en insistant sur la gravité des difficultés du pays.
"Si certains pensent qu'un "défaut" est une possibilité lointaine, ils ne se rendent pas compte de la situation", a-t-il dit.
"Je prendrai toutes les décisions nécessaires pour éviter le pire et sauver notre économie et notre autonomie", a-t-il ajouté.
Selon des sources gouvernementales, le Premier ministre envisage une hausse de la taxe sur la valeur ajoutée et de la taxe sur les carburants et une baisse des salaires dans la fonction publique. Il pourrait rendre ses arbitrages à l'issue d'une réunion ce mardi avec sa formation, le parti socialiste Pasok.
"Il y a beaucoup plus de confiance aujourd'hui dans le fait qu'il y aura une sorte de mécanisme d'aide pour la Grèce", commente Kornelius Purps d'UniCredit.
Le ministre des Affaires étrangères allemand Guido Westerwelle a cependant estimé qu'il était déplacé de parler d'une aide pour la Grèce avant qu'Athènes n'ait fait le ménage dans ses finances publiques.
"Avant qu'il y ait des discussions au sujet d'une aide, nous attendons de la Grèce qu'elle fasse ce qu'elle doit faire en termes de consolidation budgétaire", a expliqué le ministre, qui est également vice-chancelier.
Le parti libéral démocrate (FDP), auquel il appartient, est à la pointe de la résistance, au sein de la coalition gouvernementale, contre l'octroi de toute aide à la Grèce.
4,8 MILLIARDS D'ÉCONOMIES SUPPLÉMENTAIRES ?
Des sources gouvernementales européennes ont rapporté que l'Allemagne et la France préparent un plan d'aide qui pourrait inclure des garanties par des institutions financières publiques ou l'achat d'obligations grecques.
Dans une note, l'agence de notation Moody's indique que ce plan pourrait se traduire par l'achat d'environ 30 milliards d'euros d'obligations grecques par des banques publiques françaises et allemandes et par des investisseurs privés.
Les détails de ce plan pourraient être annoncés vendredi à l'occasion de la rencontre entre George Papandréou et la chancelière allemande Angela Merkel.
La Grèce, confrontée à une échéance de l'ordre de 25 milliards d'euros d'ici la fin mai, pourrait alors en profiter pour lancer un prêt syndiqué à dix ans.
Sans attendre l'annonce de nouvelles mesures d'austérité, le principal syndicat de la fonction publique grecque a appelé à une grève de 24 heures le 16 mars.
Les chauffeurs de taxi ont bloqué ce mardi le centre d'Athènes pour protester contre les nouvelles mesures fiscales.
A Bruxelles, le parti socialiste européen (PSE) a proposé la création d'un fonds de soutien géré par la Banque européenne d'investissement (BEI), qui permettrait d'empêcher des défauts des pays de la zone euro en difficulté comme la Grèce.
"La crise actuelle a révélé le manque d'un mécanisme de solidarité dans l'UE", a expliqué l'ancien Premier ministre danois Poul Nyrup Rasmussen, dirigeant du PSE.
La Commission européenne a redit mardi que la Grèce devrait prendre de nouvelles mesures d'austérité pour atteindre son objectif d'une réduction de quatre points de pourcentage de son déficit budgétaire cette année.
Des sources rapportent que l'UE, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international évaluent à 4,8 milliards d'euros, dans le scénario le plus pessimiste, les économies supplémentaires à réaliser.
Version française Gwénaelle Barzic
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