par Julien Ponthus et Lionel Laurent
PARIS (Reuters) - Alors que l'année 2010 devait être celle de la reprise en fanfare des introductions en Bourse, le prix décevant obtenu par Medica pour sa cotation pourrait faire réfléchir d'autres entreprises à deux fois avant de sauter le pas.
Le groupe de maisons de retraite a en effet dû réduire d'un quart environ son prix d'introduction afin de convaincre les investisseurs de souscrire à cette opération qui se déroule dans un contexte de grande incertitude sur les marchés.
Medica a été introduite en Bourse à 13 euros par action contre une fourchette indicative initiale de 16 à 19,50 euros.
Si l'action est en hausse d'e plus de 8% quelques heures après ses débuts à la Bourse de Paris, le signal retenu par les conseillers financiers des entreprises est néanmoins négatif.
"Medica va calmer pas mal de gens (...) Envisager une fourchette de cotation c'est une chose, être 20% en dessous après, c'en est une autre" a commenté Charles-Henri Le Bret, président d'UBS Investment Banking en France lors d'un point de presse de la société de gestion CCR AM.
"Les mises en Bourse qui ont eu lieu depuis 15 jours se sont très mal 'pricées' voire même ont été retirées", a-t-il poursuivi, notant que bon nombre d'entreprises auraient renoncé à la cotation dans ces mêmes conditions.
JETER l'EPONGE
L'entreprise belge de chimie Taminco a ainsi jeté l'éponge début février après avoir échoué à atteindre le prix espéré, annulant ce qui devait être la plus grande introduction en Bourse depuis 2007 à Bruxelles.
"La volatilité de ce début d'année a surpris beaucoup de monde sur le marché actions qui a corrigé assez fortement à la baisse. De fait, les transactions en cours ont pu en souffrir" a commenté pour sa part Laurent Morel, responsable du marché primaire actions pour la Société générale.
Les incertitudes créées par la situation des finances publiques de certains pays de la zone euro comme la Grèce ont redonné aux investisseurs un peu de l'allergie au risque qui les avait tétanisés lors de la crise financière.
"Je crains que les difficultés que cet IPO a rencontrées ne refroidissent quelques ardeurs", note pour sa part un avocat d'affaires.
"Les circonstances n'ont pas été les plus porteuses (...) Ils (Medica) n'ont vraiment pas eu de chance avec ce qui se passe dans le marché" a-t-il ajouté.
Medica est la deuxième grosse IPO à Paris cette année, après celle de 2,2 milliards de dollars d'UC Rusal lancée à la fois à Paris et à Hong Kong.
Mais les investisseurs s'attendaient surtout à ce que l'entreprise ouvre le bal d'une série d'introductions par des fonds de capital-investissement venus chercher en Bourse de l'argent frais et vendre les entreprises qu'ils détiennent en portefeuille.
De nouveaux renoncements pourraient doucher les espoirs de reprise et les introductions prévues du voyagiste Travelport, propriété de Blackstone, et de la chaîne de confection britannique New Look, propriété de Permira et d'Apax, seront particulièrement surveillées.
Avec Juliette Rouillon, édité par Dominique Rodriguez
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