Connexion
Mot de passe oublié Pas encore de compte ?

Europe : Les marchés sceptiques avant le sommet européen de jeudi

mardi 9 février 2010 à 16h04
BFM Bourse

par Raoul Sachs

PARIS (Reuters) - Les fortes craintes entourant la dette grecque ont gagné d'autres pays de la zone euro dont la fragilité se traduit par une grande nervosité des marchés d'actions et un scepticisme sur les marché de taux.

Des professionnels attendent avec une dose d'espoir des résultats positifs du conseil européen extraordinaire consacré à l'économie prévu jeudi à Bruxelles, tandis que d'autres sont sceptiques et s'attendent, à l'instar de Dominique Barbet, économiste de marché de taux chez BNP Paribas, à "une déclaration lénifiante".

Cette déclaration exprimerait le soutien et l'approbation des dirigeants européens aux efforts de la Grèce pour redresser ses finances publiques.

Sur les marchés d'actions, le climat semble plus fébrile que sur les marchés de taux où la prudence était de mise avant la crise grecque.

"On attend un signal fort du sommet européen et l'expression d'un front sans faille autour de la Grèce", dit David Thébault, responsable du trading quantitatif actions chez Global Equities. Il craint un retour à la situation créée par la faillite de la banque Lehman Brothers, abandonnée en septembre 2008 par les autorités monétaires américaines.

"Je m'attendais à une poursuite de la hausse des Bourses (qui ont progressé de plus de 20% en 2009) au moins jusqu'en mars. Rien n'est certain aujourd'hui et si les dirigeants européens ne font pas front, le risque d'une nouvelle dégringolade est probable", ajoute-t-il.

Il estime ainsi que si l'indice phare de la Bourse de Paris, le CAC 40, enfonce la barre des 3.400 points, la baisse risque de s'accélérer.

Les spéculations autour d'une action de soutien à la Grèce lors du sommet de jeudi ont été alimentées par la décision du président de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet d'écourter un séjour en Australie, interprétée par les marchés comme un départ précipité pour participer à cette réunion.

"Le sommet de l'UE ce jeudi va retenir largement l'attention. Mais, nous pensons improbable qu'il accouche d'actions ou d'annonces très fermes", écrivent dans une note les stratégistes obligataires de Goldman Sachs qui rappellent au passage que l'économie grecque représente moins de 3% du PIB de la zone euro.

RÉGULER LES CDS ET LES HEDGE FUNDS

La crise grecque et ses prolongements en Espagne et au Portugal a mis en relief l'extrême minceur des marges de manoeuvre dont disposent les responsables politiques et monétaires européens.

Face à l'endettement record et l'explosion des déficits des pays occidentaux provoqués par la récession, nombre de voix sur les marchés appellent aujourd'hui à un renforcement de la discipline budgétaire.

Mais, fait remarquer Dominique Barbet, des mesures drastiques de redressement des finances publiques (baisse des dépenses et/ou hausses d'impôts), risqueraient de freiner, sinon d'anéantir, la croissance déjà faible de la zone euro et de peser davantage encore sur l'activité des entreprises.

"La BCE devra aussi en tenir compte dans sa stratégie de sortie des mesures exceptionnelles de soutien" à l'économie et aux banques, dit-il.

Il ajoute que les banques grecques, espagnoles ou portugaises et les Landesbanken allemandes ne sont pas sorties d'affaire et que certaines sont contraintes de se refinancer à 1% auprès de la BCE alors que le taux au jour le jour est à 0,315%.

Si des mesures de soutien direct à la Grèce semblent peu probables, de sources politiques on n'exclut pas des mesures visant à réguler l'activité des hedge funds, accusés d'être à l'origine des déboires de la Grèce sur les marchés des dérivés de crédit (CDS).

Selon un expert, il est probable que les dirigeants européens accélèrent le processus de régulation du marché des CDS, qui est un marché de gré à gré où tout est possible.

Il fait ainsi remarquer que le CDS 5 ans de la Grèce qui est notée "BBB+" se négocie à 420 points de base alors que celui du Liban, qui est noté trois crans en-dessous à "B", est à 250 points de base.

Par ailleurs, dans une interview à Reuters, l'eurodéputé Jean-Paul Gauzès estime que les attaques spéculatives contre la zone euro vont accélérer la régulation des ventes à découvert.

Selon un trader, la probabilité d'une décision en ce sens au sommet de Bruxelles a déclenché une vague de rachat de positions vendeuses à découvert par les fonds spéculatifs.

Edité par Dominique Rodriguez

Copyright © 2010 Thomson Reuters

Forum suspendu temporairement
Portefeuille Trading
+325.00 % vs +65.70 % pour le CAC 40
Performance depuis le 28 mai 2008

Newsletter bfm bourse

Recevez gratuitement chaque matin la valeur du jour