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Marché : Rusal refinance une partie de sa dette avant d'entrer en bourse

jeudi 21 janvier 2010 à 16h05
Rusal refinance une partie de sa dette avant d'entrer en bourse

par Oxana Kobseva et Dmitri Sergueïev

MOSCOU (Reuters) - Lourdement endetté, Rusal, premier producteur russe d'aluminium, a obtenu un refinancement crucial qui tombe à point nommé alors qu'il s'apprête à faire ses premiers pas sur les Bourses de Paris et de Hong Kong.

German Gref, directeur général de Sberbank, a précisé à des journalistes qu'il avait accepté de refinancer une dette de 4,5 milliards de dollars conjointement avec VEB.

Cette dette arrivait à maturité le 29 octobre et elle suscitait la méfiance des autorités hongkongaises des marchés boursiers qui avaient en conséquence empêché l'année dernière les petits porteurs de participer à cette introduction en Bourse.

Contrôlé par l'industriel Oleg Deripaska, Rusal est endetté à hauteur de près de 15 milliards de dollars qu'il doit rembourser à près de 70 banques russes et étrangères.

Les registres de l'IPO seront fermés à 15h00 GMT et les banques qui les tiennent devraient se réunir dans la foulée à New York pour déterminer un cours d'introduction pour les 1,6 milliard de titres qui seront émis, soit un peu moins de 11% du groupe.

Plusieurs sources ont indiqué mercredi à Reuters que l'introduction serait faite dans la moitié haute de la fourchette d'origine, qui allait de 10,8 à 12 dollars hongkongais. Cela permettrait à Rusal de lever un peu moins de 2,5 milliards de dollars au premier jour de cotation, programmé le 27 janvier.

L'opération se fera sous l'égide conjointe de BNP Paribas et Credit Suisse.

De prime abord, l'IPO de Rusal présentait de grands risques pour les investisseurs, principalement en raison du lourd endettement du producteur d'aluminium, de sa dépendance au cours du métal et d'un litige juridique entre Oleg Deripaska et un ancien associé qui doit être tranché par une juridiction londonienne.

Qui plus est, Rusal est très exposé à la Guinée, un pays particulièrement instable ces derniers temps.

VEB a accepté de prendre près d'un tiers des nouvelles actions, mais VTB, partiellement contrôlée par le Kremlin, a fait savoir qu'elle ne se ferait pas d'opinion avant d'avoir pu s'assurer de la qualité de cet investissement.

"Il n'est pas question d'interférence politique (dans le cas d'un éventuel achat par VTB d'actions Rusal). VTB Capital décidera ou non d'acheter en se basant sur la qualité de l'investissement", a déclaré le directeur général de la banque Andreï Kostine.

Selon lui, l'entrée de Rusal à la Bourse de Hong Kong préfigure de nombreuses autres IPO de groupes russes sur la place financière asiatique. "Si cette IPO se révèle un succès, elle ouvrira la porte (à d'autres groupes), notamment dans le secteur des métaux (...)", juge-t-il.

Peter Hambro, président du groupe minier aurifère Petropavlosk, a d'ailleurs déclaré jeudi à Reuters qu'une cotation à Hong Kong était l'une des hypothèses sur lesquelles il travaillait, et Russian Railways pourrait également faire de même.

John Browker, version française Nicolas Delame

Copyright © 2010 Thomson Reuters

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