(CercleFinance.com) - Après une séance de consolidation, les indices US ont été arrachés à la hausse de manière totalement artificielle au cours des 5 dernières minutes de cotations, les indices passant du rouge au vert sans aucune raison identifiable... autre que la volonté de faire inscrire une 6ème hausse consécutive (comme en Europe ?).
Le Dow Jones a ainsi repris 40 points en une poignée de minutes pour clôturer en hausse de +27Pts à 10.547Pts. Le 'S&P' est ressorti du rouge à 2 minutes du coup de cloche final pour terminer 'en hausse' de 0,13%, le Nasdaq faisant également un bond de 0,3% en à peine 10 minutes (+0,25% au final).
La manipulation des cours est devenue un phénomène si banal et récurrent au quotidien à Wall Street (plus les nouvelles sont mauvaises, plus les indices grimpent) que même les écarts les plus anachroniques -pourvu que ce soit à la hausse- n'entraînent aucun commentaire critique.
Ils favorisent au contraire l'éclosion de justifications surréalistes comme 'la manifestation d'une confiance renforcée dans l'embellie économique' (même si les chiffres du jour démentent cette thèse), les derniers 'achats de fin d'année' (alors que les habillages de bilans sont terminés depuis le 18 décembre).
Autre phénomène qui ne semble intriguer personne: le 'rallye du lundi', lequel semble saluer les annonces de faillites de banques du week-end ou l'échec des sommets mondiaux comme le G-7, le G-20 ou Copenhague.
Le 'S&P-500' grimpe pratiquement chaque lundi depuis le 5 octobre (deux exceptions seulement avec le 26 octobre et le 7 décembre).
Il s'agit systématiquement de la séance la plus creuse de la semaine et la plus pauvre en indicateurs économiques: le but semble donc de propulser l'indice le plus haut possible moyennant la mise de fond la plus faible posssible.
Avec 11 hausses sur les 13 derniers lundi sous revue, il est difficile de mettre cela sur le compte d'un 'glorieux hasard'... mais chacun continue de faire 'comme si de rien n'était' et d'arborer un large sourire.
Jusqu'où faut-il se désintéresser de cette forme 'd'innocence' devant tant de 'bonnes fortunes' boursières qui tombent du ciel (comme l'argent des contribuables américains sur Freddy Mac et Fannie Mae un lendemain de Noël) ?
Cette absence de tout questionnement finit par rappeler l'aveuglement du marché devant l'éclatement de la bulle des 'subprime' durant l'été 2007: si personne n'en parle, c'est qu'il ne se passe rien de suspect.
La même stratégie semble adoptée par les medias au sujet de l'engagement du Trésor américain à renflouer Fannie Mae (+20% sur la nouvelle) et Freddie Mac (+27%), quelles que soient leurs pertes au cours des trois années à venir: elles pourraient atteindre 400Mds$... ou pire en cas de remontée imprévue des taux US.
Ce soutien 'no limit' (par décret !) aux géants hypothécaires jusqu'au 31 décembre 2012 -sans le moindre débat budgétaire au Congrès- est certainement destiné à soutenir le secteur immobilier qui vient de rechuter de -11,4% en novembre dans le 'neuf'... mais les implications financières seront colossales si jamais les chosent tournent mal, notamment en cas de dégradation des créances structurées sous forme de MBS par ces 2 organismes nationalisés il y a 1 an.
Assez étrangement, les constructeurs de maisons individuelles n'ont pas profité des largesses de l'Etat américain: les plus fortes baisses du jour concernaient DR-Horton (-1,5%), Pulte Homes (-2,75%), Lennar (-3,3%).
Les autres perdants du jour furent assez logiquement les compagnies aériennes avec le rétablissement de mesures de sécurité fastidieuses qui entraînent des attentes interminables (2 heures en moyenne dans les aéroports US, bien davantage dans les aéroports canadiens et européens qui desservent les Etats Unis).
Certaines compagnies ont institué l'enregistrement obligatoire des bagages à main et interdisent même l'usage des 'laptop' à bord... puis de bouger de son siège au cours de la première demi-heure de vol et une heure avant l'atterrissage (à quand les passagers ligotés au dossier ou les mains sur la tête durant tout le voyage ?): rude coup pour les déplacements professionnels qui durent 90 minutes (comme entre Boston et Washington par exemple) !
Continental a chuté de -3,2%, Delta de -3,8%, AMR de -4,8% et US Airways de -6,7%... et le Président Barrack Obama a promis de poursuivre les auteurs de cette tentative terroriste (tardivement revendiquée par Al Qaïda ce lundi soir).
La hausse du jour à Wall Street serait en définitive à mettre au crédit d'un rebond de 3,6% des ventes de Noël aux Etats Unis -d'après un distributeur de cartes de crédit- du 1er novembre au 24 décembre.
Mais ce 'petit miracle' résulte en fait mécaniquement d'un jour d'ouverture supplémentaire des centres commerciaux par rapport à l'an passé sur le même intervalle de temps... mais certains commentateurs annoncent déjà la résurrection du consommateur américain, alors que la 'base de comparaison' est la pire des 15 dernières années: les ventes de 2009 restent parmi les plus faibles depuis 10 ans après une période des fêtes catastrophiques en 2008 (avec des dépenses des ménages en recul de -2,5%).
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