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Lvmh : La bataille du luxe a pris fin entre Hermès et LVMH

Accord entre LVMH et Hermès pour mettre fin à leurs contentieuxAccord entre LVMH et Hermès pour mettre fin à leurs contentieux

par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - LVMH et Hermès ont créé la surprise mercredi en annonçant avoir mis fin à l'ensemble de leurs contentieux après quatre ans d'une guerre acharnée déclenchée par l'irruption du géant mondial du luxe au capital du sellier.

Axel Dumas, gérant d'Hermès avait déclaré il y a un an que le "combat" du groupe contre l'intrusion de son grand rival serait "celui d'une génération". Il n'en aura pas tant fallu pour voir Bernard Arnault, PDG de LVMH, faire marche arrière.

Un accord a été bouclé la semaine dernière entre les parties grâce à la conciliation proposée en juillet par le président du tribunal de commerce de Paris, Frank Gentin, a-t-on appris de source proche du dossier.

De l'avis des observateurs du secteur, il a su décrisper les parties en présence en proposant un schéma intelligent et acceptable par tous.

Aux termes de cet accord, LVMH distribuera à ses propres actionnaires les 23,2% du capital d'Hermès qu'il détenait jusqu'ici (représentant 6,4 milliards d'euros au cours de Bourse de mardi soir) à raison d'une action Hermès reçue pour 24 actions LVMH détenues.

A l'issue de cette distribution - qui sera réalisée d'ici le 20 décembre - Bernard Arnault, PDG de LVMH, restera cependant actionnaire d'Hermès à hauteur d'environ 8,5% via sa holding familiale Groupe Arnault, un des principaux actionnaires de LVMH.

"LVMH a trouvé un moyen élégant de sortir de ce qui était devenu une impasse", soulignent les analystes de JP Morgan dans une note, tandis que ceux de Bernstein relèvent que le divorce "se révèle pour une fois gagnant pour les deux parties".

PLUS-VALUE

Pour le numéro un mondial du luxe, qui a acquis ses titres Hermès pour un prix moyen d'environ 100 euros, la plus-value économique atteint 3,8 milliards d'euros, sur la base de cours de clôture de mardi, dont 1,0 milliard ont déjà été comptabilisés dans les comptes du groupe.

Il aura par ailleurs reçu plus de 320 millions d'euros de dividendes Hermès.

Selon les analystes de Bernstein, sa charge d'imposition totale (entre traitement lié au plus-values et distribution d'actions traitée comme un dividende) sera de l'ordre de 300 à 400 millions d'euros.

Hermès, qui a toujours contesté l'arrivé de LVMH dans son capital, la jugeant hostile malgré les dénégations répétées de Bernard Arnault, peut quant à lui se féliciter de voir son flottant élargi (15% du capital retrouveront le marché) sans déstabilisation de son capital et d'avoir plus de liberté dans l'utilisation de sa trésorerie (de 1,0 milliard d'euros).

A court terme cependant, l'action Hermès, privée de sa spéculative - ses multiples de valorisation atteignent 30 fois ses bénéfices estimés, contre 19 à 22 fois pour les autres acteurs du luxe - risque d'être sous pression.

Le titre Hermès a reculé de 3,4% à 253,75 euros en fin de séance, tandis que celui de LVMH a gagné 2,9% à 136,9 euros.

LVMH avait créé la stupeur en annonçant en octobre 2010 détenir 14% de son concurrent - une participation rapidement portée à 17% - après le débouclage en actions d'instruments financiers complexes (equity linked swaps) acquis en 2008.

POURSUITES MULTIPLES

Craignant une prise de contrôle rampante, la famille Hermès avait riposté en ajoutant un verrou supplémentaire au contrôle de fait d'une entreprise en commandite par actions, avec la création d'une holding familiale non cotée détenant 51% du capital.

En quatre ans, les dirigeants d'Hermès n'ont jamais lâché la pression sur leur concurrent jugé indésirable.

Le sellier avait porté plainte au pénal contre LVMH en septembre 2012 pour manipulation de cours, délit d'initié et complicité de délit d'initié puis l'avait assigné en juin 2013 devant le tribunal de commerce de Paris afin d'obtenir l'annulation pour fraude des instruments financiers (equity swaps) ayant permis la montée de LVMH à son capital.

A l'été 2013, LVMH avait essuyé un revers devant l'Autorité des marchés financiers (AMF), qui lui avait infligé une amende record de huit millions d'euros, estimant que le groupe avait délibérément masqué sa montée au capital.

Les deux parties se sont félicitées dans un communiqué commun de ce que "les relations entre les deux groupes représentatifs des savoir-faire français soient ainsi pacifiées".

Aux termes de l'accord, LVMH, Dior SA, qui contrôle 40% de LVMH, et Groupe Arnault qui détient 70% de Dior SA, se sont engagés à ne pas acquérir d'actions Hermès pendant un délai de cinq ans.

(Avec Gilles Guillaume et Alexandre Boksenbaum-Granier, édité par Jean-Michel Bélot)

Copyright © 2014 Thomson Reuters


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