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Lvmh : KKR veut céder Sandro, Maje et Claudie Pierlot (SMCP) en 2016

Marché : KKR veut céder Sandro, Maje et Claudie Pierlot (SMCP) en 2016Marché : KKR veut céder Sandro, Maje et Claudie Pierlot (SMCP) en 2016

par Pascale Denis et Astrid Wendlandt

PARIS (Reuters) - Le fonds KKR entend céder le groupe Sandro, Maje, Claudie Pierlot (SMCP) en 2016 via une mise en Bourse ou une cession qui valoriserait les trois marques de mode à plus d'un milliard d'euros, ont déclaré à Reuters des sources proches du dossier.

Le fonds américain, qui avait acquis environ 65% de SMCP en 2013 pour une valorisation de 650 millions d'euros, a mandaté les banques UBS et Bank of America Merrill Lynch pour sa sortie.

"Ils vont vendre cet actif en 2016", a déclaré une des sources, ajoutant que toutes les options étaient pour l'instant à l'étude et que KKR testait l'appétit des acheteurs potentiels.

Selon une autre source, une introduction en Bourse aurait la faveur de KKR, qui entend profiter de la dynamique dont jouit le groupe en Chine pour attirer l'intérêt des investisseurs.

Interrogés, KKR, le président de SMCP ainsi que les banques concernées se sont refusés à tout commentaire.

Alors que la croissance du luxe ralentit, pour cause de tassement économique chinois, de chute de la Bourse de Shanghai et de marasme à Hong Kong et Macao, les marques de milieu de gamme traversent une passe favorable.

Elles investissent à leur tour la Chine, misant sur le potentiel que représente l'essor de la classe moyenne.

SMCP, spécialiste du luxe dit "accessible", voit ses ventes grimper de plus de 20% par an grâce à l'ouverture d'environ 120 boutiques chaque année.

Ses ventes ont atteint 509 millions d'euros en 2014, contre 422 millions lors de son rachat par KKR.

"La croissance de la classe moyenne chinoise est pour nous très porteuse, nos produits de qualité et notre positionnement de prix sont très attractifs", a déclaré à Reuters le président de SMCP, Daniel Lalonde, lors d'une interview.

Le groupe, qui ne communique pas sur sa rentabilité mais profite d'une distribution qu'il contrôle à 100%, a vu la croissance de son Ebitda dépasser au premier semestre celle de ses ventes.

Jouant sur leur image parisienne, les marques sont, selon Daniel Lalonde, "très désirables en Asie" et la fabrication non française - les vêtements sont produits en Europe de l'Est, au Maghreb et en Asie - ne constitue pas un obstacle.

POTENTIEL DE DÉVELOPPEMENT

SMCP a ouvert 45 boutiques en Chine au cours des 18 derniers mois, huit à Hong Kong et quatre à Macao.

Dans l'années à venir, les ouvertures se feront surtout en "grande Chine". Le Moyen-Orient est également porteur (neuf magasins ont ouvert à Dubaï et Abou Dhabi), comme l'Europe du Sud, principalement l'Italie et l'Espagne où les trois marques sont encore peu présentes, a précisé Daniel Lalonde.

Après avoir vu sa croissance ralentir à 1,7% à magasins comparables en 2014, SMCP a retrouvé une solide dynamique au premier semestre 2015. Ses ventes à magasins comparables ont grimé de 8,9% (+32% en données publiées), tirées par l'international (+15%).

En France, où le groupe réalise 48% de son chiffre d'affaires (contre 65% il y a deux ans) dans 460 magasins, la croissance a atteint 5,9% dans un marché français du prêt-à-porter tout juste stabilisé.

Cette accélération s'explique, selon Daniel Lalonde, par le succès en Chine et par un travail stylistique opéré sur chacune des marques afin de les rendre plus distinctives - chic sobre revendiqué pour Sandro, allure "bohème" pour Maje et "adolescente chic" pour Claudie Pierlot.

La croissance a également été portée par le digital. A 6% des ventes, le e-commerce dispose d'une importante marge de progression avec la stratégie multicanal lancée il y a un an.

Après le "clic & collect", SMCP va mettre en place le "store to web" (commander en magasin un modèle indisponible) et le "clic & reserve" (réserver un article dans un magasin donné).

Comme ses concurrents Michael Kors ou Kate Spade, SMCP profite de l'espace laissé vacant par la montée en gamme des marques de luxe comme Louis Vuitton (groupe LVMH) ou Gucci (Kering).

Il bénéficie aussi des nouvelles habitudes des clientes du luxe, de plus en plus sensibles aux prix et qui mêlent produits haut de gamme et vêtements moins chers.

Le succès du groupe réside aussi dans son modèle: il adopte les codes du luxe (magasins soignés, boutiques proches des grandes marques) et utilise des méthodes de production inspirées des géants de la grande diffusion comme Zara ou H&M, avec des cycles de développement très courts.

(Edité par Jean-Michel Bélot)

Copyright © 2015 Thomson Reuters

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