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Lvmh : Hermès monte une nouvelle fois au créneau avant son ag

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par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - A quelques heures de l'assemblée générale d'Hermès, les actionnaires familiaux du groupe de luxe sont à nouveau montés au créneau face à LVMH, actionnaire indésirable à qui ils demandent de vendre la moitié des 20% du capital qu'il détient.

Bertrand Puech, un des héritiers du fondateur Thierry Hermès et président du conseil de gérance du groupe, déclare dans une interview au Figaro publiée lundi que le groupe fait l'objet "d'attaques incessantes" et demande à LVMH de vendre la moitié de sa participation.

Au cours de cette assemblée générale, la première depuis l'arrivée fracassante de LVMH au capital d'Hermès, le numéro un mondial du luxe devrait cependant se montrer discret, soucieux de préserver son image d'actionnaire "pacifique mais non passif".

"Je pense qu'il n'y a rien à attendre du côté de LVMH, qui devrait rester discret", commente un analyste.

Pour Pierre-Alexis Dumont, gérant de portefeuille chez OFI AM, le scénario le plus plausible est qu'il y aura un statu quo pour plusieurs mois, voire plusieurs années.

L'animation devrait en revanche venir de Colette Neuville, présidente de l'Adam (Association de défense des actionnaires minoritaires), qui conteste en justice l'autorisation donnée aux actionnaires familiaux de constituer une holding non cotée regroupant 50% du capital du groupe sans avoir à lancer d'OPA.

"APPROCHE PERNICIEUSES"

Il y a dix jours, la présidente de l'Adam qui assure ne pas être mandatée par LVMH, avait saisi la justice en référé pour priver les actionnaires familiaux de leurs droits de vote lors de l'assemblée de ce lundi, arguant qu'ils n'avaient pas déclaré les franchissements de seuils réglementaires lors de la conclusion de leur accord sur la création de leur holding.

Mais le tribunal de commerce, invoquant un vice de procédure, a renvoyé le référé au 12 juillet, permettant de fait à la famille de disposer de ses droits de vote.

Bertrand Puech indique quant à lui voir dans cette procédure "la main de quelqu'un qui a beaucoup d'argent et qui a intérêt à cette nuisance".

Il ajoute que des membres de la famille ont été approchés de "façon pernicieuse", tout comme "des membres du personnel et des fournisseurs".

"Il y a des tentatives de déstabilisation des uns, des ponts d'or proposés à d'autres pour qu'ils nous quittent", ajoute-t-il.

LVMH se refusait à tout commentaire lundi concernant ces déclarations.

En octobre, Bertrand Puech avait demandé à Bernard Arnault, PDG de LVMH, de bien vouloir se retirer totalement du groupe.

LVMH avait alors dévoilé avoir pris 17% d'Hermès via des instruments financiers (equity swaps) lui ayant permis de ne pas déclarer les franchissements de seuils réglementaires, une opération qui fait actuellement l'objet d'une enquête de l'Autorité des marchés financiers (AMF).

LVMH a, depuis, porté sa part à 20%, en assurant ne pas vouloir prendre le contrôle de la société, répétant qu'il entendait être un actionnaire "pacifique" mais non "passif" du sellier.

Avec Julien Ponthus, Benjamin Mallet, Blaise Robinson édité par Cyril Altmeyer

Copyright © 2011 Thomson Reuters


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