(BFM Bourse) - Le dernier compte-rendu de la réunion du FOMC des 6 et 7 août dernier a rendu mardi les investisseurs particulièrement nerveux. Le décalage entre le discours tenu alors par les grands argentiers américains et la situation qui a conduit la Fed, le 17 août, à réduire son taux d'escompte de 50 pdb, tend à laisser penser que la situation s'est dégradée.
« Nous estimons que les effets de la crise du subprime n'ont vraisemblablement pas fini de se faire sentir et que l'on entre plutôt dans une phase de contamination aux économies », explique d'ailleurs Igor de Maack, de chez DNCA Finance, à Tradingsat.com. Selon le gérant, la crise actuelle « est beaucoup plus grave et ses symptômes sont beaucoup plus profonds » que lors de la précédente alerte de mai-juin 2006.
« Si l'on compare cette crise à celles de 1987 ou 1998, les montants impliqués aujourd'hui sont également supérieurs. Surtout, il n'y avait pas la même mutualisation du risque dont on subit les conséquences aujourd'hui », souligne Igor de Maack.
Les gérants du fonds Centifolia avaient néanmoins anticipé cette situation depuis 2005. « Nous sommes très prudents depuis deux ans, ce que reflète le ratio d'investissement de 75% de nos portefeuilles ». Contrairement à d'autres professionnels des marchés, Igor de Maack a ailleurs conservé un important volant de liquidités après le récent creux des marchés, ce qu'il justifie :
« Nous n'avons pas souhaité nous renforcer massivement à l'occasion des premières baisses parce que nous pensons que le marché est trop fragile. Il y aura nécessairement une contagion de cette crise financière, qui commence désormais à se chiffrer en centaines de milliards d'euros sur les expositions déclarées ».
Depuis 2005, sa stratégie d'investissement suit un processus d'allègement sur les small et mid caps. Pour la simple et bonne raison que « les crises de liquidité contaminent les actifs dits illiquides ». Igor de Maack explique la récente résistance des petites et moyennes valeurs par un facteur technique : la vente par les opérateurs des actifs les plus liquides pour reconstituer leurs liquidités afin de faire face aux demandes de rachat. Mais il estime que les positions sur ces valeurs risquent de devenir difficilement tenables compte tenu de leur risque de décrochage en cas de ralentissement macro-économique.
Sur le plan sectoriel, le gérant qui n'a donc presque plus aucune small et mid caps en portefeuille, nous précise qu'il n'est « plus du tout » exposé au secteur immobilier depuis la cession de ses dernières Icade au début de l'été. Dans le contexte actuel, il se renforce plutôt sur des titres qui ont des caractéristiques défensives. « Nous avons mis France Télécom en portefeuille, et nous avons « repondéré » des valeurs comme Gaz de France et Suez, qui sont de véritables plates-formes d'activité solide et visible concentrées sur la zone euro ».
Le secteur pétrolier constitue sa thématique d'investissement privilégiée, que ce soit dans les services et les équipements sismiques, avec CGG-Veritas, ou dans l'exploitation pétrolière, avec Total. « C'est une valeur complètement décotée alors qu'elle est la seule major à afficher une légère croissance de sa production au premier semestre», souligne Igor de Maack.
