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Groupe fnac : Pourquoi Conforama et Fnac sont prêts à tout pour s'offrir Darty

(Tradingsat.com) - En moins de 24 heures, la Fnac et Conforama ont fait cinq surenchères pour convaincre les actionnaires de Darty. Une bataille qui valorise désormais le distributeur à près de 1,1 milliard d'euros. Mais est-ce bien raisonnable?

"Vous n'êtes plus le meilleur enchérisseur. Surenchérissez !" C'est à croire qu'Alexandre Bompard reçoit ce type d'alerte sur son smartphone. A 13h25 ce jeudi 21 avril, Conforama était le meilleur enchérisseur avec une offre à 150 pence par action Darty. A 13h26, la Fnac dégainait la sienne du tac au tac à 153 pence. Mais manque de chance pour le patron de l'agitateur culturel, son concurrent semble avoir la même application. Puisqu'à 15h35, Conforama faisait une nouvelle offre à 160 pence, valorisant au passage Darty la bagatelle de 1,088 milliard d'euros. On se croirait sur eBay.

Et cet incroyable feuilleton n'est peut-être pas fini. La Fnac assure déjà détenir 5,59% de l'enseigne convoitée. Ce à quoi Conforama répond qu'il en a lui déjà 19,5% dans sa besace. C'est donc l'enseigne de meuble qui a la main. D'autant que sa maison-mère, le sud africain Steinhoff a un compte bien fourni avec 3 milliards d'euros de liquidités. De quoi mettre la Fnac K.O.? Pas sûr. D'abord parce cette dernière assure avoir obtenu "des engagements irrévocables" auprès des deux principaux fonds actionnaires de Darty. Knight Vinke et DNCA Finance  se seraient engagés à échanger leurs titres Darty contre des actions Fnac. Soit 22% du total. Et, par ailleurs, le groupe d'Alexandre Bompard a fait entrer Vivendi à son capital et a reçu 159 millions d'euros. Au poker, on appelle ça une "recave"...

Darty largement survalorisé

Quoi que fasse la Fnac, cette bataille restera dans les annales de la finance. Depuis le 30 septembre et la première offre de la Fnac, Darty a reçu pas moins de 7 surenchères. Le distributeur dont la capitalisation atteignait à l'époque 513 millions d'euros à la Bourse de Londres est désormais valorisé 1,09 milliard d'euros. Les chanceux qui ont acheté des actions Darty en septembre dernier vont donc doubler leur capital. Un excellent placement assurément.

Mais est-ce bien raisonnable? Sur le strict plan financier, on peut en douter. "Dans la distribution, les rachats se sont en général sur la base de 7 à 10 fois l'Ebitda, explique un analyste financier. En proposant 1 milliard d'euros pour Darty, on est sur 14 fois son résultat d'exploitation. C'est très très élevé." D'autant que si Darty a renoué avec la rentabilité en 2015, le bénéfice net de 13.8 millions d'euros reste très bas pour une entreprise de cette taille (0,5% du chiffre d'affaires). Idem pour les perspectives de ventes. Si le chiffre d'affaires de Darty a très légèrement augmenté sur l'exercice précédent, c'est essentiellement grâce à l'ouverture de magasins. Notamment en s'appuyant sur des franchisés. Car à périmètre comparable, les ventes ont reculé de 1,6%.

L'ombre d'Amazon sur la bataille de surenchères

A se demander pourquoi la Fnac et Conforama s'étripent pour l'acheter? Les deux prétendants mettent en avant les synergies qu'ils vont réaliser. Ces dernières étaient estimées initialement à 85 millions d'euros mais la Fnac assure aujourd'hui qu'elles se limiteraient à 130 millions d'euros. Une estimation d'EY qui tombe à pic pour l'agitateur culturel soucieux de rassurer des actionnaires susceptibles d'être échaudés par la folie des grandeurs de son Pdg.

Mais le vrai enjeu de cette bataille n'est pas là. L'objectif pour Conforama comme pour Darty est de créer un géant capable de résister au rouleau compresseur Amazon. Le géant américain gagne du terrain et s'attaque désormais à de nouveaux marchés comme l'alimentaire. Si le groupe de Jeff Bezos est un concurrent direct de la Fnac, son appétit de nouveaux marchés pourrait le pousser un jour vers celui du meuble via sa marketplace. Amazon est l'épouvantail du commerce.

Si la filiale française ne communique pas son chiffre d'affaires, elle écrase le e-commerce en France en terme de fréquentation. Le site de l'américain est visité tous les mois par 19,3 millions de Français, soit plus que la Fnac et Darty réunis (17 millions à eux deux). Et l'écart se creuse année après année. "Amazon est en train de devenir le Google du e-commerce aux Etats-Unis, explique un consultant. Les gens vont en permanence sur Amazon pour chercher tout et n'importe quoi." Le site de Jeff Bezos devrait même détrôner la Fnac d'ici 2017 selon Xerfi et devenir le premier libraire de France. L'acquisition de Darty n'est peut-être finalement pas qu'un caprice de grand patron. C'est peut-être l'assurance d'être encore là dans quelques années...

Par la rédaction de BFMBusiness


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