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Global bioenergies : "une levée de fonds offensive"

(Tradingsat.com) - Introduite en bourse il y a un peu plus d'un an, le 15 juin 2011, la société de biologie industrielle Global Bioenergies refait appel au marché pour accélérer son développement. Les actionnaires ont jusqu'à jeudi 17 heures pour souscrire à cette opération dont Marc Delcourt, le président du conseil d'administration de la société, nous explique les tenants et aboutissants.

Tradingsat.com : Cette augmentation de capital était-elle prévue dans votre plan de marche ?

Marc Delcourt : Elle ne répond à aucune urgence ; nous disposons encore de plus de la moitié des 8 millions d'euros levés en 2011. La levée de fonds à laquelle nous procédons aujourd'hui (3 millions d'euros et jusqu'à 3,45 millions d'euros avec la clause d'extension) est offensive. Il s'agit d'accélérer nos développements, en particulier celui de notre programme le plus avancé qui vise à produire, biologiquement, de l'isobutène. Nous voulons amener ce produit le plus vite possible sur le marché et répliquer ce succès aux autres molécules de la même famille.

Tradingsat.com : Qu'est ce que l'isobutène ? Quels sont les marchés visés avec cette molécule ?

Marc Delcourt : L'isobutène est l'une des briques élémentaires de la pétrochimie. On l'obtient à l'heure actuelle uniquement à partir du pétrole ; c'est un hydrocarbure qui peut être facilement converti en carburants tels que l'isooctane (le meilleur carburant pour les moteurs à essence), ainsi qu'en divers matériaux (caoutchouc synthétique, verre organique, divers plastiques) pour un marché existant global d'environ 25 milliards de dollars. Notre idée a été de le produire à partir de ressources renouvelables : le sucre, les céréales, les déchets végétaux et même ménagers… La barrière technologique était importante mais nous l'avons franchie, en 2010, avec la mise au point d'un premier prototype de fermenteur.

Tradingsat.com : Comment comptez-vous accélérer la mise sur le marché de l'isobutène produit avec votre procédé ?

Marc Delcourt : Il s'agit, premièrement, de faire fonctionner notre procédé à 100% de ses capacités dans l'environnement de laboratoire et, deuxièmement, d'industrialiser le procédé. D'ici quelques semaines, en juillet, nous nous apprêtons à lancer les premiers essais en pilote de laboratoire c'est-à-dire en fermenteur de plus grande capacité (42 litres) dans des conditions se rapprochant des conditions d'exploitation industrielle. Puis nous monterons en puissance. Le premier kilogramme commercial de notre isobutène est planifié pour le premier janvier 2017.

Tradingsat.com : Avez-vous l'intention de vous lancer seul dans l'industrialisation ou bien de nouer des partenariats ?

Marc Delcourt : Notre modèle économique vise à amener le procédé jusqu'au pilote industriel, soit la mise au point d'un fermenteur de plusieurs mètres cubes et de tout l'environnement chimique associé, et ce pour fin 2014, donc dans trente mois. Le procédé sera ensuite concédé en licence à des industriels qui construiront des usines, ou bien adapteront des usines existantes. La construction d'une telle usine prend deux ans. C'est pour cela que l'on parle du premier janvier 2017 pour le début de la production d'isobutène biologique à grande échelle.

Tradingsat.com : Des partenaires potentiels sont-ils déjà intéressés ? Des discussions sont-elles en cours ?

Marc Delcourt : Il y a une centaine de discussions actives avec des industriels de nombreux domaines d'activités. Dans l'amont, Cristal Union, le numéro deux du sucre en France, est présent à notre capital.La mélasse, qui est le déchet de l'industrie sucrière, est une des matières premières de prédilection de notre procédé. Les grands groupes de chimie, qui ont logiquement une bonne compréhension de nos travaux, et les compagnies pétrolières, pour qui nous représentons une alternative au pétrole, font aussi partie de nos interlocuteurs. De même, nous discutons avec des groupes manufacturiers proches du consommateur qui ont un intérêt à promouvoir les produits verts.

Tradingsat.com : Avec qui par exemple ?

Marc Delcourt : Quatre accords industriels ont déjà été signés, dont l'un avec un très grand groupe manufacturier américain dont le nom ne doit pas être divulgué, qui fait partie de l'indice Fortune 500, et qui a signé une option de licence sur notre procédé de fabrication de l'isobutène. Les autres accords ont été signés avec un constructeur automobile allemand, et avec le fabricant polonais de caoutchouc Synthos. Avec ce dernier, nous avons signé un partenariat, non pas sur l'isobutène mais sur le butadiène, une autre molécule de la même famille. Le quatrième accord a été conclu avec Lanzatech, une importante société de biologie industrielle qui développe un procédé innovant utilisant des déchets industriels.

Tradingsat.com : Votre modèle économique et votre technologie font penser à ceux de la société METabolic EXplorer, cotée à Paris.

Marc Delcourt : Il y a effectivement des analogies, mais contrairement à nous, METEX ne souhaite pas s'attaquer au marché des biocarburants produits à partir de matière première renouvelable, mais uniquement à celui des produits de chimie de commodités.

Tradingsat.com : Les biocarburants suscitent parfois des inquiétudes sur la question de l'arbitrage entre agriculture alimentaire et industrielle.

Marc Delcourt : La question se pose, mais il existe plusieurs éléments de réponse : selon la FAO (Food and Agricultural Organisation), l'humanité gaspille aujourd'hui 40 % des ressources alimentaires. Ce problème est assez simple à résoudre, et permettra de dégager des marges de manœuvre pour un premier niveau d'expansion de la biologie industrielle. D'autre part, l'utilisation prévue, à plus long terme, de déchets agricoles, forestiers, ménagers, voire d'effluents industriels dans les procédés de fabrication de biocarburants, permettra de déployer notre industrie naissante à grande échelle, et de construire l'après pétrole sans atteindre les capacités de production alimentaires.

Tradingsat.com : Mis à part l'isobutène, quelles sont les autres molécules que vous souhaitez produire par la voie renouvelable ?

Marc Delcourt : L'isobutène est l'une des molécules de la famille des oléfines légères, toutes obtenues par vapocraquage du pétrole. Elles sont au nombre de six : l'éthylène, utilisée notamment dans l'alimentaire (plastiques d'emballage), qui représente un marché de 140 milliards de dollars ; le propylène, utilisé pour fabriquer des plastiques durs (notamment dans l'automobile) représente un marché de 90 milliards de dollars : la troisième molécule est l'isobutène, la « molécule du pneu » est le butadiène. Reste le butène, dont on fait certains plastiques et l'isoprène dont on fait des colles et des pneus. Nous visons les marchés de ces six molécules à terme, l'isobutène étant notre programme le plus avancé.

Propos recueillis par François Berthon

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