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Genfit : "Nous assistons à l'émergence d'un véritable secteur européen des biotechnologies"

(Tradingsat.com) - Un vent d'euphorie souffle depuis quelques mois sur les sociétés de biotechnologies. Une tendance démarrée fin 2013 et qui va en s'accélérant. Certaines valeurs aux parcours boursiers fulgurants ont vu leur capitalisation multipliée par deux, cinq, dix... en l'espace de quelques semaines. S’agit-il d’un mouvement de fond ou alors d'un simple feu de paille ? Réponse de Jean-Laurent Bruel, président du directoire de Gestys et gérant du seul fonds éligible au PEA, spécialisé sur les biotechs européennes (Gestys Santé Biotech FR0007057625).

Tradingsat.com : Comment expliquez-vous le rebond très brutal et généralisé de l’ensemble des valeurs du secteur à Paris ?

Jean-Laurent Bruel : L’intérêt des investisseurs américains en est la raison principale. Ils étaient jusqu’ici essentiellement focalisés sur les Etats-Unis où les valeurs de biotechs et de medtechs affichent des valorisations sans commune mesure avec ce qui s’observe en Europe. Cela se justifie historiquement par des stades de développement beaucoup plus avancés et des sociétés beaucoup plus matures. Mais ces investisseurs se sont rendu compte que de nombreuses sociétés, notamment françaises, étaient à un stade charnière de leur développement avec des produits crédibles visant des marchés considérables, que ce soit dans l’oncologie [cancérologie, ndlr], l’allergie, l’insuffisance cardiaque, etc. Le phénomène est très récent. DBV technologies, par exemple, a levé en novembre dernier 29,9 millions d’euros auprès d’investisseurs américains. Au même moment, Innate Pharma a placé pour 20,3 millions d’euros auprès d’investisseurs institutionnels américains spécialisés et dans la foulée, Goldman Sachs a conseillé l' "Achat fort" du titre avec un objectif de cours de 18 euros, deux fois supérieur au prix de l'action. Cette année, Erytech a annoncé avoir accueilli à son capital de nouveaux investisseurs européens et américains spécialisés dans les sciences de la vie. De même, Genfit a fait part de la montée à son capital d'investisseurs US, etc. Le mouvement est général.

Tradingsat.com : Vous en avez bien profité puisque le fonds Gestys Santé Biotech progresse de 80% depuis le début de l'année.

Jean-Laurent Bruel : Effectivement. Le fonds occupe la première place du classement Morningstar qui comprend plus de 30 000 fonds, toutes catégories confondues. En quelque sorte, la force du rebond est à la hauteur du désintérêt que les investisseurs ont manifesté au cours des années précédentes. Gestys Santé Biotech a touché ses cours les plus bas depuis sa création en octobre dernier mais le fonds bénéficie depuis d'un fort rattrapage qui s'est accéléré depuis le début de l'année 2014. Si sa performance sort du lot, c'est aussi parce que c’est le seul fonds spécialisé en biotechnologie européenne et éligible au PEA sur la place. A quelques exceptions près, la thématique n’a jamais été prisée en Europe – contrairement aux Etats-Unis – par manque d'investisseurs professionnels, habitués à appréhender les risques spécifiques du secteur et capables de prendre le relais des fonds de capital investissement. Pour autant, même si les performances ont été logiquement en retrait depuis plusieurs années, nous sommes restés attachés à la conviction que le marché saurait valoriser un jour, comme aux Etats-Unis, les nouveaux traitements innovants visant des pathologies graves ainsi que des marchés de plusieurs milliards de dollars.

Tradingsat.com : Compte tenu des hausses spectaculaire déjà enregistrées sur le secteur, n'est-il pas trop tard pour acheter ?

Jean-Laurent Bruel : Je pense qu’il ne s’agit absolument pas d’un feu de paille. Nous vivons un changement de paradigme avec une revalorisation globale du secteur des biotechnologies en Europe et en particulier en France. Si les investisseurs américains entrent aujourd'hui sur les niveaux de cours actuels, il y a fort à parier que ce n'est pas pour gagner quelques pourcents ou même quelques dizaines de pourcents mais – si l'on regarde ce qui s'est produit aux Etats-Unis – pour multiplier leurs positions par deux, trois, quatre à un horizon de quelques années. S'ils entrent sur des sociétés cotées, prenant la place des fonds de capital investissement qui ont plutôt tendance à se retirer, c'est parce qu'ils estiment que ces affaires vont complètement changer de taille. On a le sentiment que ces investisseurs experts dans l'appréhension du secteur des biotechs ont compris que s'amorçait un cycle pérenne pour les 3-4 prochaines années avec la mise sur le marché de molécules et de probables opérations capitalistiques à la clé. Nous assistons à l’émergence d’un véritable secteur des biotechnologies en Europe.

Tradingsat.com : Quel est votre avis sur le segment des medtechs qui ne bénéficie pas tout à fait du même engouement ?

Jean-Laurent Bruel : Les technologies et la recherche médicale sont étroitement associées. Tout se recoupe. Les nanoparticules - qui représentent un marché colossal de 150 milliards - sont par exemple au confluent des deux. Le traitement développé par Nanobiotix, le NBTXR3, est ainsi considéré comme un dispositif médical en Europe mais comme un médicament aux Etats-Unis. Autre exemple, Crossject, société récemment introduite en Bourse, a développé un système d'injection sans aiguille permettant l'administration de médicaments injectables connus. DBV Technologies a mis au point un système de délivrance d'allergènes sous forme d'un patch, Viaskin, utilisant l'immunothérapie épicutanée spécifique notamment dans les allergies alimentaires. Donc on le voit, les biotechs et les medtechs sont les deux pendants d'un même vaste ensemble.

Tradingsat.com : Qu’est ce qui va faire la différence pour un particulier qui souhaite investir dans le secteur, entre acheter des actions en direct ou des parts d’un fonds spécialisé comme le vôtre ?

Jean-Laurent Bruel : Traditionnellement, les valeurs biotechs affichent une forte volatilité, leurs cours de bourse pouvant varier très vite et très fort dans un sens ou dans l’autre d’ailleurs. Prenons par exemple le cas de Transgène : si Novartis (dont la décision est attendue à court terme) exerce son option sur le vaccin thérapeutique TG4010 alors l’action montera peut-être à 20 ou 25 euros (contre 13 euros aujourd’hui) ; en revanche, si Novartis refuse d’aller plus loin avec le produit, le titre Transgène pourrait rebaisser fortement. L’enjeu est généralement binaire. Voyez le cours de Bourse d’Intercept Pharmaceuticals aux Etats-Unis, multiplié par 6 au moment de l’annonce de résultats de phase IIb positifs pour son candidat médicament dans la NASH [stéatose hépatique non alcoolique, ndlr]. La même chose pourrait arriver à Genfit si ses propres résultats de phase IIb sont aussi positifs : dans le cas contraire, la chute serait sévère. En jouant les valeurs isolément, vous prenez tout le risque alors que vous lissez ce risque en entrant sur un fonds spécialisé, investi sur 15, 20, ou 25 valeurs « biotechs ». En ce qui me concerne, je rencontre régulièrement les dirigeants des sociétés en portefeuille, ce qui permet de suivre de très près leurs développements, et je m’appuie également sur les analystes spécialisés du secteur. Comme pour une action, rien n’interdit de prendre des bénéfices en vendant des parts du fonds après un beau parcours mais l’intérêt est de pouvoir être investi sur un secteur qui émerge, de façon plus simple et plus pérenne pour l’investisseur que dans l’achat d’actions en direct. Sans oublier que, sur le plan fiscal, Gestys Santé Biotech a l’avantage d’être éligible au PEA.

Tradingsat.com : Adocia, Integragen, AB Science, Transgene, Pharming Group, DBV Technologies, Genfit composent notamment, à fin janvier 2014, Gestys Santé Biotech.

Jean-Laurent Bruel : Le fonds est toujours investi au minimum à 50% en valeur de biotechnologies. Adocia est une société de biotechnologies dont le dirigeant, Gérard Soula, a déjà connu le succès avec Flamel Technologies, cotée au Nasdaq : elle vient d’annoncer des résultats préliminaires positifs de phase I/II sur la combinaison de deux insulines et l’on attend encore à court terme des résultats de phase II sur l’Ultra Fast insuline ». Integragen amorce la mise sur le marché d’un test de diagnostic permettant d’étendre l’évaluation du risque d’autisme aux enfants présentant des signes de suspicion d’autisme sans antécédent familial, soit un marché environ vingt fois plus important que celui de son test actuel : la société n’est cotée en continu que depuis récemment et capitalise seulement 30 millions d’euros. Neovacs a subi des déconvenues mais il y a toujours la possibilité de la signature d’un accord avec un partenaire pour le programme dans le Lupus [maladie chronique auto-immune, ndlr]. AB Science a voulu faire feu de tout bois avec son candidat médicament phare, le masitinib : le produit a essuyé un refus d’enregistrement en première instance de la part de l'agence européenne des médicaments mais la société a fait appel et les chances d’approbation du produit restent entières. Pour Pharming Group, le principal levier attendu est l’autorisation de la FDA pour le médicament Ruconest, indiqué dans le traitement des crises aiguës d’angioedème chez l’adulte : le fait que le produit soit déjà commercialisé et remboursé en Israël est un atout. On ne va pas les citer toutes mais Genfit est évidemment l’archétype de la biotech qui intéresse les investisseurs US : son programme clinique dans le traitement dans la NASH a seulement quelques mois de retard sur celui la société américaine Intercept Pharmaceuticals, aujourd’hui valorisée près de 8 milliards de dollars sur le Nasdaq. La prévalence de la maladie étant désormais estimée entre 12 et 17% de la population aux Etats-Unis, contre 5% auparavant, le potentiel des solutions thérapeutiques à mettre en place est en effet devenu considérable.


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