Bourse > Futuren > Futuren : "L'OPA de Macquarie constitue une bonne opportunité"
FUTURENFUTUREN FTRN - FR0011284991FTRN - FR0011284991
0.880 € -1.12 % Temps réel Euronext Paris
0.890 €Ouverture : -1.12 %Perf Ouverture : 0.890 €+ Haut : 0.860 €+ Bas :
0.890 €Clôture veille : 265 007Volume : +0.12 %Capi échangé : 200 M€Capi. :

Futuren : "L'OPA de Macquarie constitue une bonne opportunité"

Fady KhaloufFady Khalouf

(Tradingsat.com) - Entre l’euphorie des marchés pour les ressources renouvelables jusqu’aux sommets de 2007, puis le dur retour à la réalité des fondamentaux, l’histoire boursière de Theolia défraie la chronique depuis ses débuts. Devenu une penny stock après l’augmentation de capital massive, mais nécessaire, de 2010, le groupe éolien fait aujourd’hui l’objet d’un projet d’OPA. Une bonne porte de sortie selon Fady Khallouf, le directeur général de Theolia, étant donné le poids du passé. Le lancement effectif de l’offre devrait intervenir fin juillet une fois obtenu le visa de l’AMF.

Tradingsat.com : En quoi le prix de 1,7€ offert par le fonds d’investissement australien Macquarie peut-il être considéré comme équitable ?

Fady Khallouf : L’opération constitue une bonne opportunité, à la fois pour la société et pour les actionnaires. Macquarie n’est pas un simple investisseur financier. A la différence des fonds de private equity, la branche Infrastructures de Macquarie est un investisseur avec une culture du long terme, basée sur le modèle d’activité des infrastructures qui s’étale sur 20-25 ans, soit la durée de notre cycle d’activité. Il y a une véritable synergie entre notre besoin en fonds propres pour assurer notre développement et la volonté de Macquarie d’investir dans ces activités de long terme. D’autre part, il est important pour une société comme la nôtre d’avoir un actionnariat stable, alors qu’à l’inverse la spéculation sauvage peut lui faire du mal et mettre à mal sa viabilité. Pour l’actionnaire, l’offre au prix 1,7 euro - soit avec une prime de plus de 50% sur le dernier cours de bourse - a le mérite d’apporter de la visibilité. Les choses sont simples à comprendre pour qui souhaite une liquidité immédiate afin de tourner la page de son investissement, à un prix supérieur à celui donné par le marché. Par contre, il faut être réaliste, il est illusoire de penser que des actionnaires historiques dont les prix de revient sont basés sur des cours de 2008 ou 2009 puissent retrouver leur mise à court terme. Il est difficile de comprendre pourquoi le marché avait valorisé autant la société dans le passé. Il était clair pour un investisseur averti qu’il ne pouvait s’agir que de spéculation…

Tradingsat.com : Comment expliquer ce caractère spéculatif attaché à l’action Theolia depuis l’origine ?

Fady Khallouf : Theolia est née à l’époque où – au début des années 2000 – le monde découvrait que l’on pouvait produire de l’électricité à partir de ressources renouvelables, autrement qu’avec le nucléaire ou qu’en produisant du carbone. La société a bénéficié d’un engouement spéculatif qui était propre à tous les acteurs du secteur, mais renforcé dans le cas de Theolia par un modèle de développement totalement axé sur la croissance externe. Theolia s’est constitué par succession de petites acquisitions sans synergies entre elles, jusqu’à l’entrée de General Electric au capital en 2007, qui a suscité beaucoup d’attentes, attisant encore un peu plus la spéculation. Mais la greffe n’a pas pris. La crise financière de 2008-2009 a ensuite révélé les fragilités d’une société sans activité rentable avec un besoin aigu de financement. Theolia s’est retrouvée contrainte de vendre des actifs au plus mauvais moment, sans que cela résolve le problème de fond, puisque l’activité était toujours déficitaire. Il était nécessaire de renégocier la dette obligataire, de recapitaliser la société et de lui donner une vision stratégique. Entre temps bien sûr la capitalisation boursière du groupe avait fondu comme neige au soleil…

Tradingsat.com : L’augmentation de capital de 2010 n’a–t-elle pas résolu les problèmes ?

Fady Khallouf : J’ai lancé cette augmentation de capital de 60 millions d’euros à mon arrivée à la tête de Theolia. Une vingtaine de millions d’euros sont allés directement au remboursement de la dette obligataire. L’opération n’a pas été facile à conduire, la réputation de la société faisait fuir la plupart des investisseurs. Les tentatives de mes prédécesseurs pour intéresser d’autres opérateurs du secteur des énergies renouvelables avaient échoué. Après le succès de l’augmentation de capital, j’ai refondu la stratégie pour lui donner une vision de long terme – aux antipodes de la spéculation – articulée autour de quelques idées simples. Premièrement, la société devait réduire le rythme de vente des actifs. Notre activité, lorsqu’elle est bien étudiée, n’est pas risquée et offre au contraire une bonne visibilité : nos actifs sont adossés à des contrats d’électricité sur 15 ans ou 20 ans avec une marge garantie. Deuxième point, il a fallu restructurer le groupe en profondeur en rationalisant les coûts. Enfin, il fallait trouver les moyens de relancer le développement parce que la structure du groupe n’était viable qu’à partir d’une certaine masse critique. Ce que nous avons fait, avec un certain succès en France, en Allemagne, ou encore au Maroc. L’ensemble du dispositif a permis à la société de rentabiliser son activité mais nous étions encore face à deux grands risques majeurs.

Tradingsat.com : L’échéance obligataire du 1er janvier 2015 risquait de nécessiter une nouvelle augmentation de capital ?

Fady Khallouf : C’est le premier point. Nous aurons à rembourser 126 millions d’euros à cette date en cas d’absence de conversion supplémentaire, donc dans 18 mois. Le problème vient du fait que l’argent de cette dette obligataire a été investi dans le passé dans des actifs qui se sont avérés sans valeur. Pour rembourser une dette face à laquelle vous n’avez pas d’actifs générant une valeur suffisante, la seule solution est d’emprunter ou de faire une augmentation de capital. Deuxième chose, nous devons trouver les moyens d’augmenter la valeur de notre bilan et de nos fonds propres si nous voulons que les développements en cours puissent demeurer la propriété du groupe, et donc lui profiter. A la différence de 2008-2009, Theolia ne vend plus des actifs pour combler ses pertes, mais pour pouvoir investir dans de nouveaux projets. Mais nous aimerions aujourd’hui pouvoir exploiter en propre les projets que nous réalisons.

Tradingsat.com : Comment se fait-il qu’il y ait eu si peu de conversion de ces obligations convertibles 2015 depuis le début 2013 ?

Fady Khallouf : C’est bien là un des problèmes de Theolia. Pour que la stratégie de retournement de Theolia mise en œuvre avec succès puisse jouer son plein rôle, il fallait que le marché reconnaisse cette création de valeur. Ce qui n’a pas été le cas. Le marché valorise Theolia à 1,12 euro [cours de bourse d’avant l’annonce de l’OPA]. C’est un fait, les discussions ne peuvent rien y changer. Il n’y aurait pas débat si le marché valorisait la société à 3 euros. Pour rappel, chaque obligataire a la possibilité de convertir son obligation 2015 jusqu’à fin 2013 avec une parité de 4,32 actions par obligation ; donc tout le monde peut comprendre qu’il n’y a aucun intérêt à effectuer la conversion avec un cours de bourse de 1,12 euro. Le marché boursier ne nous a pas aidé, ou plutôt certains investisseurs ou hedge funds qui ont spéculé sur la faillite de la société en contribuant à la pousser dans une impasse.

Tradingsat.com : Hormis l’OPA de Macquarie, n’y avait-il pas de solution interne pour renforcer le bilan du groupe ?

Fady Khallouf : N’oublions pas qu’en 2010, lorsque je suis arrivé à la tête de la société, celle-ci était en situation de faillite, ce qui n’est plus le cas. Mais si Theolia veut maîtriser son destin et répondre à ses obligations de remboursement, les moyens financiers de Macquarie sont les bienvenus. Une augmentation de capital sans prise de contrôle conduirait peu ou prou au même résultat pour les actionnaires actuels qui ne souhaitent pas y souscrire dans la mesure où l’effet dilutif leur enlèverait une large partie de la valeur à court et moyen terme.

Tradingsat.com : Les principaux actionnaires se sont d’ores et déjà engagés à apporter à l’offre.

Fady Khallouf : Les trois principaux actionnaires qui ont participé à la recapitalisation de la société en 2010 - qui avait joué leur rôle de référence pour tenter d’apporter une certaine stabilité à l’actionnariat - et moi-même, allons apporter l’intégralité de nos titres, soit au total 17,96% des droits de vote. L’OPA sera considérée comme un succès par Macquarie si elle recueille au moins deux tiers des droits de votes de la société.

Je donne mon avis

TÉLÉCHARGEZ GRATUITEMENT L’APPLI
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez nos CGU et l'utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques d'audiences et vous proposer une navigation optimale, la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux ainsi que des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts.
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies...