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Faurecia : Renault résiste à la crise, perte record pour PSA

par Gilles Guillaume

PARIS (Reuters) - Renault a résisté en 2012 à la crise du marché automobile en Europe grâce au low cost et à sa présence à l'international, deux atouts qui manquent encore à PSA Peugeot Citroën, lourdement déficitaire l'an dernier.

Renault est parvenu à dégager un bénéfice net annuel de 1,8 milliard d'euros, aidé cependant par la cession de ses actions dans le suédois Volvo. Mais sa performance financière et ses prévisions pour 2013 contrastent fortement avec celles de PSA, le premier constructeur automobile français.

PSA a publié une perte record de cinq milliards d'euros, creusée par des dépréciations d'actifs massives dans sa division automobile. Le résultat opérationnel courant de cette branche a fait apparaître une perte de 1,5 milliard d'euros, contre une marge opérationnelle négative de seulement 25 millions pour la division auto de Renault.

"C'est une publication qui confirme que Renault est le plus 'sain' des constructeurs latins", commente Aurel BGC dans une note de recherche.

Si Renault a souffert comme PSA et les autres constructeurs généralistes du marasme qui sévit depuis l'été 2011 sur le marché automobile européen, il a encaissé le choc grâce à sa présence hors d'Europe, qui représente désormais plus de la moitié de ses ventes contre 38% pour PSA.

Renault a également été aidé par son alliance avec Nissan, dont la contribution aux bénéfices lui a permis de relever fortement son dividende, alors que PSA vient seulement de concrétiser les premiers volets de son partenariat avec General Motors. L'américain, qui a déprécié la moitié de son investissement dans PSA, a fait savoir qu'il n'avait "pas l'intention de mettre plus de cash dans Peugeot".

LA DETTE DE FAURECIA A DÉRAPÉ

Renault profite en outre du succès de sa gamme low cost Dacia, où les marges oscillent entre 8% et 10% contre moins de 2% à l'échelle du groupe, alors que PSA, concentré sur sa montée en gamme, a hésité jusqu'ici à explorer ce segment de marché.

"Si on laisse de côté les très opulents constructeurs allemands, l'état des bilans financiers dans l'industrie automobile européenne est plutôt triste à l'heure actuelle, comme l'ont rappelé les très mauvais résultats publiés hier par PSA", résume Bernstein dans une note.

"Renault présente les finances les plus solides des constructeurs non germaniques depuis un moment déjà, mais son bilan est désormais de loin supérieur."

Outre une réserve de liquidité de 13,6 milliards d'euros, contre 10,5 milliards de sécurité financière pour PSA, Renault n'avait plus de dette à la fin 2012. Celle de PSA était encore de 3,2 milliards d'euros.

L'équipementier Faurecia, filiale à 57,4% de PSA, a vu pour sa part sa dette déraper l'an dernier à 1,8 milliard d'euros à cause d'un gonflement des stocks imputables à la chute de la production automobile observée en Europe fin 2012.

Faurecia s'est vu contraint de passer le dividende pour préserver sa trésorerie, et a annoncé qu'il continuerait à ajuster son dispositif industriel en Europe occidentale à la baisse de la demande.

Les constructeurs et équipementiers français qui ont publié leurs résultats cette semaine ont été unanimes pour dire que l'année 2013 serait à nouveau difficile sur le Vieux Continent.

"La principale inconnue, ici, c'est le marché européen", a déclaré Carlos Ghosn, le PDG de Renault, au cours de la conférence de presse consacrée aux résultats du groupe.

Même Michelin, qui a réussi à relever son dividende grâce à son positionnement "premium" sur le marché des pneumatiques, a prudemment tablé sur une stabilité des volumes et du résultat opérationnel cette année.

GHOSN ET VARIN FONT UN GESTE SUR LEUR SALAIRE

Renault et PSA misent sur de nouveaux modèles pour attirer les acheteurs. Renault compte aussi sur le dynamisme de marchés comme la Russie, où l'alliance Renault-Nissan et la banque italienne UniCredit vont créer une coentreprise pour apporter une offre bancaire automobile.

Le marasme européen conduit aussi les constructeurs à chercher les moyens d'améliorer leur compétitivité. Afin de faciliter les discussions avec les syndicats, Carlos Ghosn a annoncé qu'en cas d'accord sur la flexibilité des sites français de Renault, il retarderait le versement de la part variable de son dernier salaire pendant quatre ans, la durée de l'accord.

De son coté, Philippe Varin, le président du directoire de PSA, a fait savoir qu'il renonçait à la part variable de son salaire au titre de 2012.

"Sur la question des salaires, la priorité est au redressement du groupe. En ce moment, la solidarité est absolument la clef pour l'engagement des équipes', a-t-il dit jeudi sur France Info. "Sur ce sujet, j'ai déjà pris une décision en 2011 : c'était d'abandonner 100% de ma part variable et le directoire également. Pour l'année de l'exercice 2012, nous avons pris la même décision."

PSA assure que les réductions de coûts engagées, notamment via un plan social prévoyant 8.000 suppressions d'emplois d'ici 2014, lui permettront de repartir sur une base solide.

Le groupe tient vendredi un comité central d'entreprise consacré au transfert d'une partie des salariés de son usine d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), dont la fermeture est programmée pour 2014, vers le site voisin de Poissy (Yvelines).

Le ministère du Travail a organisé une mission de médiation à Aulnay pour tenter d'apaiser les tensions dans l'usine.

Avec Alexandre Boksenbaum-Granier, édité par Dominique Rodriguez

Copyright © 2013 Thomson Reuters


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