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Erytech pharma : "Nous ciblons un premier marché de 1 milliard d'euros"

Pierre-Olivier GoineauPierre-Olivier Goineau

(Tradingsat.com) - Retrouvez le calendrier des introductions en bourse en cliquant ici.

Le compartiment biotechnologique de la cote parisienne accueille un nouvel entrant : la société Erytech, spécialisée dans les traitements innovants contre les leucémies et autres cancers pour lesquels les besoins médicaux restent insatisfaits. A quelques jours de la fin de la période de souscription (le 29 avril à 17 heures), Pierre-Olivier Goineau, co-fondateur, vice président et directeur général délégué du groupe, souligne les atouts de l’entreprise.

Tradingsat.com : Quelle est la spécificité d’Erytech ? Qu’est ce qui la distingue des autres biotechs ?

Pierre-Olivier Goineau : Nous avons mis au point une technique innovante, anti-cancer, utilisant les globules rouges pour affamer les tumeurs. Les cellules cancéreuses, dont la croissance est très rapide, ont en effet besoin de nutriments. Nous avons établi une cartographie de ces nutriments de façon à pouvoir les supprimer et agir de façon spécifique sur les cellules tumorales uniquement, en épargnant les cellules saines. Notre 1er produit, le GRASPA, s’utilise en chimiothérapie dans les protocoles de traitement au côté d’autres produits aux modalités d’action différentes. Ceux-ci vont par exemple attaquer directement la cellule cancéreuse, alors que nous allons modifier l’environnement de la tumeur en supprimant ses nutriments clés.

Tradingsat.com : Votre candidat médicament en est à quel stade de développement clinique ?

Pierre-Olivier Goineau : Notre stratégie, avec Yann Godfrin, qui est co-fondateur de la société, était d’avancer rapidement sur une première indication thérapeutique, les leucémies aigues [cancer du sang, ndlr], sur laquelle nous avons mis l’accent. Aujourd’hui, nous sommes en toute fin de phase 3, la dernière avant l’enregistrement. GRASPA, notre produit, bénéficie du statut de médicament orphelin. Il n’existe en effet aucun traitement efficace pour ce type de cancer chez un grand nombre de patients. Ce statut particulier a permis de gagner du temps pour élaborer les protocoles cliniques, en étroite collaboration avec les agences réglementaires. Nous avons donc pu réaliser des études avec des cohortes de patients en nombre réduit et démontrer dans le même temps l’efficacité du produit et sa bonne tolérance chez les malades.

Tradingsat.com : Quelle est la stratégie de la société en vue de la mise sur le marché ?

Pierre-Olivier Goineau : Nous avons conclu deux accords de distribution avec deux partenaires majeurs dans le domaine du médicament orphelin : le premier avec le groupe TEVA, pour la distribution du produit en Israël, et le second avec Orphan Europe-Recordati, qui a acheté les droits de notre produit pour toute l’Europe. Le deuxième pilier de notre stratégie repose sur notre usine, basée à Lyon, puisque nous maitrisons également la production. Cette usine dispose déjà du plus haut standard de certification de l’industrie pharmaceutique et de capacités suffisantes pour répondre à la demande lors des deux premières années de commercialisation du produit.

Tradingsat.com : Quel est le contenu de l’accord avec Orphan Europe-Recordati ? Percevrez-vous un pourcentage sur les ventes futures ?

Pierre-Olivier Goineau : C’est un « deal » extrêmement structurant. Il comprend une série de paiements d’un montant total potentiel de 52,5 millions d’euros, dont nous avons déjà perçu 5 millions d’euros. Cinq millions ont aussi été payés à la signature sous forme d’obligations qui seront converties en actions au moment de l’introduction en bourse, et 5 autres millions d’euros co-financent la fin des études cliniques en Europe. Le reste des paiements interviendra lors de différents franchissements d’étapes, notamment au moment d’obtention des autorisations de mise sur le marché. En parallèle, l’accord comprend un partage des profits très avantageux. Etant producteurs, nous toucherons aussi une marge sur production. In fine, Erytech devrait donc percevoir près de 45% des revenus générés par les ventes.

Tradingsat.com : Quelle est la taille des marchés visés par vos produits ?

Pierre-Olivier Goineau : Les formes aiguës de leucémie, dont les taux de mortalité sont très élevés, touchent à peu près 50 000 nouveaux cas par an en Europe et aux Etats-Unis. Environ 80% des patients n’ont pas accès à des produits suffisamment bien tolérés, soit un marché potentiel évalué à 1 milliards d’euros. Nous visons une part de marché de 50%, soit une vingtaine de milliers de patients en Europe et aux Etats-Unis dans les leucémies aigues.

Tradingsat.com : Pour quand prévoyez vous l’obtention de l’Autorisation de mise sur le marché, en Europe, et aux Etats-Unis ?

Pierre-Olivier Goineau : L’autorisation centralisée pour les 27 pays européens est attendue fin 2015, sachant que notre partenaire Orphan Europe-Recordati pourrait nous permettre d’enregistrer des ventes spécifiques dans certains pays avant l’obtention de cette AMM centralisée. Aux Etats-Unis, le calendrier sera décalé de probablement 18 à 24 mois par rapport à l’Europe. La Food and Drug Administration nous a donné son accord pour conduire une étude de phase 1b, qui sera suffisante étant donné que nous aurons déjà validé le produit en Europe. La stratégie consistera donc à conduire une étude d’enregistrement et d’identifier le meilleur partenaire américain possible. D’ici 24 à 36 mois, nous devrions être en très bonne position pour y signer un accord de distribution avec une « major pharma ».

Tradingsat.com : Pourquoi vous introduire en Bourse ?

Pierre-Olivier Goineau : Erytech se présente aujourd’hui devant le marché avec un profil de société biopharmaceutique disposant d’une solide trésorerie, d’une unité de production, d’un produit un fin de développement, et d’accords de distribution avec des acteurs majeurs des médicaments orphelins. Nous venons en Bourse pour lever 15 à 20 millions d’euros supplémentaires, afin, d’une part, de finaliser nos études cliniques en Europe et de réussir nos premiers pas commerciaux avec l’aide de nos partenaire de distribution. Deuxièmement, nous devons encore financer le développement de notre produit aux Etats-Unis. Enfin, notre produit a un potentiel très important dans d’autres types de cancers, dits solides, tels que le cancer de la vessie, du foie ou du pancréas. Une première étude clinique a déjà démontré que GRASPA était très bien toléré, d’autres seront lancées pour élargir les indications du produit.

Tradingsat.com : Quelles sont vos prévisions sur le plan financier. De quelle visibilité disposez vous ?

Pierre-Olivier Goineau : Grâce aux paiements d’étapes et au décollage des ventes, les analystes estiment que l’on pourrait atteindre l’équilibre à l’horizon 2016. Compte tenu de nos 6 millions de trésorerie, l’augmentation de capital de 15 à 20 millions de l’introduction en bourse est calibrée pour nous permettre d’atteindre la rentabilité sans faire appel à de nouveaux financements. Depuis 8 huit ans, nous avons conduit une stratégie claire, parfaitement exécutée, et nous comptons poursuivre dans cette voie.

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