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Edf : Sanofi limoge brutalement son directeur général Chris Viehbacher

Le conseil d'administration de Sanofi évince Chris ViehbacherLe conseil d'administration de Sanofi évince Chris Viehbacher

par Noëlle Mennella

PARIS (Reuters) - Le conseil d'administration de Sanofi, réuni mercredi en urgence, a décidé à l'unanimité d'évincer immédiatement le directeur général du groupe pharmaceutique Christopher Viehbacher, lui reprochant une gestion en solitaire et un manque de communication.

Le conseil, deux jours seulement après la révélation de ces turbulences au sommet du groupe, a précisé qu'il ne remettrait pas en cause ni n'infléchirait la stratégie de recentrage de Sanofi sur ses plates-formes de croissance, définie avant même l'arrivée de Christopher Viehbacher en décembre 2008, ni ses efforts en matière de recherche & développement.

"La poursuite du développement du groupe exige aujourd’hui un management fédérant plus largement les talents, une focalisation plus grande sur l’exécution et une collaboration étroite et confiante avec le conseil", a fait savoir Sanofi dans un communiqué.

La réaction est vive en Bourse où l'action Sanofi, deuxième plus forte capitalisation de l'indice CAC 40, perd 5,5% à 70,41 euros à 16h20 dans des volumes d'échanges représentant 3,5 fois leur moyenne quotidienne des trois derniers mois sur Euronext. Le titre abandonne près de 17% depuis le début de la semaine, soit quelque 19 milliards d'euros de capitalisation boursière.

"Viehbacher a essayé de changer l'ADN de l'entreprise, mais le conseil a gagné à la fin. Sanofi va maintenant devenir plus franco-français", a commenté Navid Malik, responsable de la recherche dans le secteur des sciences de la vie à Cenkos Securities, à Londres.

Sous couvert d'anonymat, un autre spécialiste du groupe estime que cette éviction "donne une image détestable de la gouvernance de la société en général et de la France en particulier". Christopher Viehbacher avait "l'oreille des grands investisseurs anglo-saxons", souligne cet analyste. Selon lui, le titre pourrait encore être malmené en Bourse dans les jours qui viennent.

Christopher Viehbacher a considérablement transformé Sanofi, réduisant la recherche interne et organisant la riposte à la concurrence des génériques en misant sur les biotechnologies et la santé animale. Il a fait évoluer Sanofi vers le modèle de l'innovation ouverte déjà pratiquée par ses concurrents.

DÉBATS APAISÉS

Serge Weinberg, le président du conseil d'administration, a été chargé d'assurer l'intérim en tant que PDG en attendant la nomination d'un successeur. Les fonctions de directeur général et de président seront alors à nouveau dissociées.

Serge Weinberg a indiqué sans plus de précisions que des contacts avaient été pris avec des candidats potentiels pour trouver rapidement un nouveau patron à Sanofi.

"La recherche est lancée, nous avons un certain nombre de contacts, la nationalité n'est pas un facteur", a-t-il dit. "Nous voulons choisir le meilleur dirigeant pour Sanofi, donc on prendra le temps qui sera nécessaire (...) Nous chercherons à aller le plus vite possible mais pour avoir le meilleur dirigeant possible", a-t-il dit.

Prié de brosser le portrait du futur directeur général, Serge Weinberg a évoqué "un professionnel de la pharmacie ayant une vision, une capacité à maintenir l'innovation et la recherche à un haut niveau dans les priorités du groupe et capable de poursuivre sa stratégie". .

Le conseil extraordinaire, décidé mardi soir et réuni tôt mercredi matin, n'a duré qu'une demi-heure, et, selon une source proche du groupe, les débats ont été apaisés par rapport à l'ambiance du précédent qui s'était tenu lundi, comme si aucune autre issue n'était possible après la brusque médiatisation de tensions qui duraient en fait depuis plusieurs mois.

"Christopher Viehbacher a remercié tout le monde et a déclaré qu'il respectait la décision du conseil. Il semblait préparé à son départ", a déclaré cette source.

Expliquant les motivations du conseil d'administration, lors de conférences téléphoniques avec la presse puis les analystes, Serge Weinberg a notamment mentionné "le management d'une façon générale" et des relations avec le conseil d'administration "manquant de confiance et insuffisamment étroite".

Serge Weinberg a ajouté que les grands actionnaires de Sanofi, avec lesquels il a des contacts réguliers, partageaient ces préoccupations concernant l'exécution de la stratégie définie par le groupe.

L'Oréal, premier actionnaire avec une près de 9% du capital, n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat.

Le projet de cession de produits matures de Sanofi est "une illustration mais il y a eu de nombreux points sur lequel le board a pu demander des informations qui ont été insuffisamment fournies", a-t-il ajouté.

En juillet, un document interne a filtré dans la presse révélant que Sanofi voulait céder 200 produits anciens valorisés environ 6,3 milliards d'euros, un projet dont le conseil d'administration n'avait donc pas été mis au courant.

Serge Weinberg a souligné que si ce projet avait été discuté devant le conseil, il aurait été repoussé dès le début.

En revanche, a-t-il assuré, les réductions de coûts mises en oeuvre en France n'ont pas été une source de conflit, ni la taille des acquisitions du groupe.

RENFORCER LES PLATES-FORMES DE CROISSANCE

Questionné sur la stratégie d'acquisitions, Serge Weinberg a indiqué que Sanofi n'était pas intéressé par de grosses acquisitions mais plutôt "des acquisitions qui renforceraient nos positions dans les différents métiers".

Sanofi va continuer à examiner les opportunités d'acquisitions même durant la période intérimaire qui s'ouvre, a-t-il ajouté, confirmant que le groupe veut toujours renforcer ses plates-formes de croissance par des acquisitions ou des partenariats.

Les organisations syndicales de Sanofi, qui ont souvent dénoncé une perte de dialogue social depuis l'arrivée de Christopher Viehbacher, ont profité de l'annonce de son départ pour répéter leur opposition à la vente des produits matures du groupe. La CFDT, premier syndicat de l'entreprise, a demandé à rencontrer Serge Weinberg, et la CGT, estimant que la gestion de Christopher Viehbacher a conduit à la destruction de 4.800 emplois, a jugé que "changer de stratégie est indispensable".

Sanofi est la quatrième entreprise du CAC 40 à changer de patron depuis la rentrée, après le départ de Baudouin Prot de BNP Paribas, de Henri Proglio d'EDF et la mort dans un accident d'avion de Christophe de Margerie chez Total.

(Avec Natalie Huet, Alexandre Boksenbaum-Granier, édité par Dominique Rodriguez)

Copyright © 2014 Thomson Reuters


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