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Edf : Le rebond d'edf passe par le gaz et les services

Le rebond d'edf passe par le gaz et les servicesLe rebond d'edf passe par le gaz et les services

par Benjamin Mallet

PARIS (Reuters) - EDF, plombé en Bourse par le choix du gouvernement français de limiter la hausse des tarifs de l'électricité, doit être plus offensif dans le gaz, les services et les énergies renouvelables pour retrouver les faveurs du marché, estiment des analystes.

L'action EDF accuse la deuxième plus forte baisse du CAC 40 depuis la faillite de Lehman Brothers en septembre 2008 avec un plongeon de 40%. Son grand rival GDF Suez a vu sa baisse limitée à 30% grâce à une plus grande diversification à l'international.

L'électricien public, centré de longue date sur le nucléaire, a fait savoir le 12 mai que son PDG Henri Proglio détaillerait sa stratégie lors de l'assemblée générale des actionnaires qui se tient mardi. Les objectifs chiffrés à moyen terme ne seront en revanche pas dévoilés avant fin juillet.

"La première direction, l'axe principal, serait une intégration verticale dans le gaz et les services", estime John Honoré, analyste à la Société générale.

EDF pourrait notamment se développer dans le gaz naturel liquéfié et son transport par bateau, prendre des parts dans des champs et éventuellement signer des contrats à long terme avec Gazprom.

"Le développement dans les services pourrait se faire en montant au capital de Veolia Environnement, via un apport de la participation dans Dalkia, pour améliorer la coordination entre les deux groupes", évoque John Honoré.

Parallèlement, EDF pourrait se concentrer sur les renouvelables après le rachat des minoritaires de sa filiale EDF Energies nouvelles.

D'autant, relève Per Lekander, chez UBS, qu'EDF va probablement maintenir sa stratégie dans le nucléaire à l'international mais que celle-ci "mettra beaucoup plus de temps" à se concrétiser.

LA PRÉOCCUPATION DU NUCLÉAIRE

La chute du titre EDF s'est aggravée en mars et le cours a frôlé ses plus bas historiques dans le sillage de la crise nucléaire japonaise, qui a marqué un coup d'arrêt pour le renouveau de l'atome civil à l'international et risque d'entraîner une hausse des investissements dans le parc français.

Sur ce point, Henri Proglio devrait mettre en avant les progrès en matière de taux d'utilisation du parc français et faire valoir que les centrales nucléaires du groupe sont extrêmement sûres.

"Il va vouloir être très rassurant sur ce sujet, qui est une grosse préoccupation pour les investisseurs", commente Benjamin Leyre, analyste chez Exane BNP Paribas.

"Le problème sur EDF est principalement d'ordre politique. La difficulté pour les investisseurs, c'est de ne pas avoir de visibilité sur l'évolution des tarifs, ce qui encore plus vrai à l'approche des élections", note cependant Vincent Ayral, chez Unicredit.

Selon un autre analyste, basé à Paris, "Proglio n'a malheureusement pas toutes les marges de manoeuvre, ce n'est pas lui qui prend les décisions qui vont faire plaisir ou non aux investisseurs".

Pour John Honoré, "Proglio a stabilisé le cadre en France : l'outil nucléaire redémarre vraiment après un gros travail sur l'efficacité (...) et il n'y a plus de grèves. Mais ça ne suffit pas et le marché se demande quelle stratégie et quelle impulsion il va donner au groupe".

La décision du gouvernement de fixer le prix de gros de l'électricité à un niveau correspondant aux demandes d'EDF, dont il détient 84,5% du capital, a entraîné ces dernières semaines un début de rebond de l'action, qui accuse encore une baisse de près de 8% depuis le début de l'année.

Pour accélérer cette dynamique en Bourse, Henri Proglio va aussi devoir donner à EDF un nouvel élan à l'international après la remise à plat de la stratégie aux Etats-Unis et la sortie d'Allemagne.

"EN TRANSITION"

Il devra en particulier mener à bien des opérations politiquement délicates comme la prise de contrôle de l'italien Edison, une opération clé pour la stratégie gazière d'EDF.

Des analystes jugent en outre qu'EDF pourrait procéder à des acquisitions de taille moyenne mais que des opérations de grand envergure ne seraient pas forcément bien accueillies étant donné que l'expansion de la société aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, juste avant le début de la crise, s'est faite au prix fort.

"Le rachat des 25% d'Energias de Portugal qui seraient mis en vente par l'Etat portugais aurait un sens profond et ouvrirait la péninsule ibérique. Une opération en Pologne pourrait par ailleurs donner un meilleur accès aux clients allemands et ouvrir la porte de l'Europe de l'Est", estime John Honoré, qui évoque des opérations "de 2 à 3 milliards d'euros".

Pour Vincent Ayral, EDF est aujourd'hui "en transition".

"Je pense que c'est une très belle société avec beaucoup de potentiel en termes de valeur sur le long terme", dit-il. "Cependant, définir un plan stratégique qui permette un 're-rating' rapide de l'action est certainement un challenge pour le management."

Avec la contribution de Marie Maitre, édité par Dominique Rodriguez

Copyright © 2011 Thomson Reuters


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