Bourse > Edf > Edf : Enquête antitrust dans le secteur britannique de l'électricité
EDFEDF EDF - FR0010242511EDF - FR0010242511
9.811 € -0.55 % Temps réel Euronext Paris
9.857 €Ouverture : -0.47 %Perf Ouverture : 9.913 €+ Haut : 9.775 €+ Bas :
9.865 €Clôture veille : 1 870 340Volume : +0.09 %Capi échangé : 20 693 M€Capi. :

Edf : Enquête antitrust dans le secteur britannique de l'électricité

Enquête antitrust dans le secteur britannique de l'électricitéEnquête antitrust dans le secteur britannique de l'électricité

par Karolin Schaps et Kate Holton

LONDRES (Reuters) - Londres a ordonné jeudi l'ouverture d'une enquête approfondie sur le marché intérieur de l'électricité au terme de laquelle certains des grands groupes du secteur pourraient se retrouver démantelés, les régulateurs ayant décelé des signes de coordination des prix.

Trois organismes de régulation ont estimé que la concurrence était si faible dans le secteur de la distribution d'électricité, libéralisé voici 15 ans, et la confiance du public tellement altérée qu'une enquête s'imposait.

"La hausse des bénéfices et les récentes hausses des tarifs n'ont fait qu'accroître la défiance du public vis-à-vis des fournisseurs et souligne à quel point une enquête s'impose pour remettre de l'ordre", explique le régulateur de l'énergie Ofgem dans un communiqué.

Les six principaux fournisseurs d'électricité - SSE, Scottish Power, filiale d'Iberdrola, Centrica, npower, filiale de RWE, E.ON et EDF Energy - contrôlent 95% environ du marché britannique.

Centrica, le plus important d'entre eux et propriétaire de l'ancien monopole British Gas, réfute toute suspicion de coordination tacite sur les tarifs avec d'autres fournisseurs et prévient que la menace de démembrement risque de se traduire par une baisse des investissements.

Le Premier ministre David Cameron - qui s'est félicité de l'ouverture de cette enquête - avait ordonné un examen de la situation de la concurrence dans le secteur de l'énergie en octobre 2013. La question a pris un aspect politique dans la perspective des élections législatives de 2015, chaque parti tentant d'exploiter le mécontentement populaire lié à une hausse des factures de 10% en moyenne sur les deux dernières années.

Les patrons des énergéticiens britanniques et leurs actionnaires font valoir qu'une enquête longue serait synonyme d'incertitude et susceptible de freiner ainsi des investissements de 200 milliards de livres (242 milliards d'euros) qu'ils jugent essentiels pour éviter tout risque de pannes de courant à l'avenir.

18 À 24 MOIS D'ENQUÊTE

Les régulateurs affirment qu'ils ont décelé des signes de coordination tacite sur leurs stratégies de prix mais ajoutent qu'il est prématuré de se prononcer définitivement sur l'existence réelle d'une telle coordination.

"Nous avons décelé plusieurs aspects (...) qui semblent relever d'une coordination tacite", observent les régulateurs, qui ajoutent que les bénéfices du secteur de la distribution d'électricité sont passés de 233 millions de livres en 2009 à 1,1 milliard trois ans plus tard (280 millions à 1,3 milliard d'euros).

Le chef de l'opposition travailliste Ed Miliband s'est engagé en septembre à geler les factures pendant 20 mois s'il remportait les législatives de 2015. Des déclarations qui ont en une seule journée retranché 2,7 milliards de livres à la capitalisation boursière de Centrica et de SSE, une perte qu'elles n'ont qu'en partie comblée depuis lors.

Des centaines de milliers d'abonnés au gaz et à l'électricité ont décidé de se tourner vers des fournisseurs de moindre taille dans l'espoir de bénéficier de meilleurs tarifs.

"Il est probable que le secteur va subir dorénavant une refonte bien plus spectaculaire, ce qui ne peut être que mieux pour les abonnés et le secteur dans son ensemble", commente Stephen Fitzpatrick, directeur général de l'électricien alternatif Ovo Energy.

L'Ofgem précise qu'une consultation publique sera organisée durant huit semaines jusqu'à la fin mai avant que les régulateurs ne prennent leur décision définitive concernant cette enquête.

La direction de la concurrence britannique dispose de 18 mois pour mener à bien ses investigations mais elle peut réclamer un délai supplémentaire de six mois si elle l'estime nécessaire, ce qui repousserait ses conclusions bien après les législatives de mai 2015.

L'Ofgem a également annoncé que les amendes prononcées à l'encontre des sociétés en infraction seraient augmentées. Ces amendes peuvent représenter jusqu'à 10% du chiffre d'affaires en théorie. A compter du 1er juin, elles pourraient s'élever à huit chiffres.

(Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Joanny)

Copyright © 2014 Thomson Reuters


Je donne mon avis

TÉLÉCHARGEZ GRATUITEMENT L’APPLI
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez nos CGU et l'utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques d'audiences et vous proposer une navigation optimale, la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux ainsi que des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts.
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies...