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Dexia : Paris et bruxelles ouvrent la voie à un démantèlement de dexia

Paris et bruxelles ouvrent la voie à un démantèlement de dexiaParis et bruxelles ouvrent la voie à un démantèlement de dexia

par Marc Angrand et Matthieu Protard

PARIS (Reuters) - Les autorités françaises et belges préparent mercredi le terrain à un nouveau plan de sauvetage de la banque franco-belge Dexia, selon un scénario qui devrait passer par un adossement de ses principales activités à la Caisse des dépôts (CDC) et à la Banque postale.

Le ministre français de l'Economie, François Baroin, a fait savoir qu'un plan de restructuration de l'ancien numéro un mondial du financement des collectivités locales, déjà sauvé de la faillite à l'automne 2008, devrait être bouclé dès jeudi.

De son côté, Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France (BdF), a promis que Dexia disposerait de tous les financements nécessaires à son sauvetage sans que la note "triple A" de l'Etat français s'en trouve menacée.

A la Bourse de Paris, l'action Dexia gagnait 2,58% à 1,0340 euro après s'être adjugé près de 9% dans les premiers échanges vers 10h35. Le titre avait chuté mardi de 22,46%, portant à près de 60% sa baisse depuis le début de l'année.

Dexia profite également du rebond des valeurs bancaires françaises à l'image de l'action BNP Paribas qui progresse au même moment de 7,34%.

"Il est clair que l'on va vers un démantèlement de Dexia qui se fera vraisemblablement sur des tracés frontaliers et avec la création d'une "bad bank" dont la taille pourrait aller jusqu'à 200 milliards d'euros", estime Jean-Pierre Lambert, analyste chez KBW.

Incapable de se relever de la crise financière malgré une première vague de restructuration entamée fin 2008 et début 2009, Dexia, fortement exposée à la crise de la dette au sein de la zone euro, est aujourd'hui plus que jamais menacée d'un démantèlement, faute de pouvoir se financer normalement.

Plusieurs responsables politiques français et belges ont évoqué mardi publiquement le projet de création d'une "bad bank", une structure de défaisance distincte où serait cantonné le portefeuille obligataire à risque de la banque, d'un montant de quelque 100 milliards d'euros.

"Je pense que demain, une solution devrait être trouvée", a dit François Baroin mercredi sur RTL, ajoutant que "Dexia ne pourra pas rester en l'état, c'est incontestable".

BDF ET BNB FOURNIRONT DES LIQUIDITÉS

Interrogé sur l'éventualité d'un adossement des activités de financement des collectivités locales de Dexia à la Caisse des dépôts et consignations (CDC) et à La Banque postale, le ministre a répondu: "C'est évidemment la piste la plus sérieuse, parce que c'est la plus solide, parce que c'est la plus expérimentée, parce que c'est celle que l'on connaît le mieux".

Parallèlement, à Bruxelles, le premier ministre belge en charge des affaires courantes, Yves Leterme, a estimé qu'une nationalisation des activités belges de Dexia (Dexia Bank Belgium) était une "possibilité".

"Il est possible que la Belgique reste avec une banque nationalisée jusqu'au moment où le marché s'améliore et où la santé du secteur bancaire se redresse et où il y a une possibilité de transactions ", souligne Jean-Pierre Lambert, chez KBW.

Un scénario de démantèlement de Dexia reviendrait à scinder définitivement les branches belge et française du groupe créé il y a 15 ans par le rapprochement du Crédit local de France et du Crédit communal de Belgique.

Ce démantèlement se fera avec le soutien des banques centrales des deux pays, a assuré de son côté le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer.

"On va prêter de l'argent en tant que de besoin à Dexia, la Banque nationale de Belgique et la Banque de France, pour faire en sorte que les opérations de restructuration se passent très bien", a-t-il dit sur Europe 1.

Il a assuré que la participation de l'Etat français au sauvetage de Dexia ne menacerait pas la note souveraine de la France.

L'ancien Premier ministre socialiste Laurent Fabius avait déclaré peu auparavant que la France exposerait sa note souveraine "AAA" si elle se portait au secours de Dexia.

"Je trouve ce propos très excessif et à vrai dire assez inexact", a réagi Christian Noyer. "Les Etats eux-mêmes ne vont pas garantir davantage que ce qu'ils ont garanti il y a quelques années."

Lors de son premier sauvetage, en 2008, Dexia avait bénéficié de 150 milliards d'euros de garanties des Etats, dont 55 milliards pour la France.

Priée par la Commission européenne de réduire la taille de son bilan en contrepartie des aides reçues pendant la crise financière, la banque a déjà vendu plusieurs de ses filiales à l'étranger, dont les activités d'assurance-vie en Turquie et sa filiale en Slovaquie. Elle a aussi cédé ses 20% dans le Crédit du Nord à la Société générale.

Edité par Jean-Michel Bélot

Copyright © 2011 Thomson Reuters


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