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Dexia : France, belgique et luxembourg soutiennent le plan pour dexia

France, belgique et luxembourg soutiennent le plan pour dexiaFrance, belgique et luxembourg soutiennent le plan pour dexia

par Philip Blenkinsop et Robert-Jan Bartunek

BRUXELLES/PARIS (Reuters) - Les gouvernements belge, français et luxembourgeois ont réaffirmé dimanche à l'issue d'une réunion qui s'est tenue en milieu de journée à Bruxelles leur solidarité dans la recherche d'une solution qui assure l'avenir de la banque franco-belge Dexia.

Dans un communiqué commun, les Premiers ministres belge Yves Leterme et français François Fillon déclarent que les trois gouvernements apportent tout leur soutien aux propositions du management du groupe bancaire, présentées lors d'un conseil d'administration qui devait débuter à 15h00 à Bruxelles.

"La solution proposée, qui est aussi le fruit de concertations intenses avec l'ensemble des partenaires concernés, sera présentée au Conseil d'administration de Dexia à qui il incombe d'approuver les propositions", ajoutent les deux Premiers ministres.

"Je suis confiant dans notre capacité à trouver un accord avec nos collègues français et du Luxembourg et ce sera ensuite au conseil d'administration de Dexia de décider", a de son côté déclaré Yves Leterme à la télévision belge.

Les activités de la banque franco-belge, première banque de taille en Europe à être victime de la crise de la dette souveraine en zone euro, pourraient être scindées et les actifs les plus risqués cantonnés dans une structure séparée.

Les autorités belges, françaises et luxembourgeoises ont entamé dimanche des discussions sur l'avenir de Dexia, en vue de trouver un accord sur les modalités et leur participation au nouveau plan de sauvetage de l'ancien leader mondial du financement des collectivités locales, censé déboucher sur un démantèlement ordonné de la banque.

Bruxelles et Paris tentent de s'entendre sur les garanties qu'apporteront les deux pays à la structure de cantonnement devant accueillir le portefeuille obligataire de 95 milliards d'euros de Dexia, dans l'espoir de ne pas aggraver la situation de leurs finances publiques.

L'agence de notation Moody's a d'ailleurs accru la pression sur le camp belge vendredi soir : elle a placé la note souveraine Aa1 du royaume sous surveillance en expliquant entre autres vouloir évaluer les coûts et les passifs que l'Etat pourrait assumer en soutenant Dexia.

VALEUR DE TEST

Les négociations sur un démantèlement de Dexia, déjà sauvée de la faillite en 2008 après celle de Lehman Brothers, auront valeur de test aux yeux des investisseurs qui veulent voir dans le dossier Dexia la capacité des dirigeants européens à surmonter leurs divergences pour résoudre la crise bancaire et la crise de la dette souveraine.

Selon le scénario le plus probable, le démantèlement de la banque franco-belge devrait passer par une nationalisation de la branche belge, Dexia Banque Belgique (DBB), spécialisée dans la banque de dépôts.

Selon le quotidien belge L'Echo, la piste d'un rachat de DBB par une banque étrangère reste envisagée et plusieurs institutions auraient manifesté leur intérêt, parmi lesquelles Deutsche Bank, Rabobank , le Crédit mutuel, et BBVA.

Autre point clé des discussions: la répartition du fardeau financier de ce démantèlement entre la Belgique et la France, dont la participation cumulée à celle de la Caisse des dépôts (CDC) avoisine les 25%.

Yves Leterme et Didier Reynders ont prévenu jeudi le gouvernement français que la Belgique ne porterait pas seule ce poids financier du sauvetage.

En France, un démantèlement de Dexia devrait se traduire par un adossement des activités de financements des collectivités locales à une structure détenue conjointement par la Caisse des dépôts et la Banque postale.

Vendredi, François Fillon a déjà annoncé que la Caisse des dépôts dégagerait trois milliards d'euros pour assurer le financement des collectivités locales françaises en attendant qu'une nouvelle entité formée par la Caisse des dépôts et consignations (CDC) et la Banque postale prenne le relais de Dexia.

Le président français, Nicolas Sarkozy, doit se rendre de son côté dimanche à Berlin pour un entretien et un dîner de travail avec la chancelière Angela Merkel, avant le sommet de la zone euro des 17 et 18 octobre et le G20 de Cannes les 3 et 4 novembre. Une rencontre bilatérale durant laquelle le dossier plus vaste de la recapitalisation des banques européennes devrait être abordé.

En attendant l'issue des négociations et les décisions du conseil d'administration, la cotation de l'action Dexia a été suspendue à Bruxelles jeudi. Elle doit reprendre lundi dans la matinée.

Avant la suspension, l'action Dexia valait 0,85 euro.

Avec Matthieu Protard à Paris, édité par Jean-Michel Bélot

Copyright © 2011 Thomson Reuters


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