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Deinove : "Nous n'avons pas abandonné l'idée de lancer une augmentation de capital"

Emmanuel PetiotEmmanuel Petiot

(Tradingsat.com) - Leader mondial de la recherche sur les Déinocoques, des bactéries vieilles de quatre milliards d’années que Deinove rend capables de produire de l’éthanol en grande quantité à partir de biomasses, la société de cleantech Deinove a récemment sécurisé un financement important pour l’accélération de ses projets. Le point avec Emmanuel Petiot, directeur général de l’entreprise.

TradingSat : En quoi le financement Kepler-Cheuvreux était-il adapté à vos besoins ?

Emmanuel Petiot : Tout d’abord, sa structure est innovante, elle s’apparente à une « equity line » sans pour autant être structurée de la même manière; la banque s’engage à souscrire à des actions qu’elle n’a pas vocation à conserver sur le long terme, dont elle se séparera par la suite au fil de l’eau. En termes de montant, le financement conclu avec Kepler-Cheuvreux nous offre la possibilité de lever 15 millions d’euros sur trois ans. Mais le système est flexible, en ce sens que nous n’avons pas obligation d’utiliser les quatre tranches du financement. La première, mise en œuvre au démarrage, nous fait bénéficier de 3,5 millions d’euros pour les sept mois à venir. Nous pourrons ensuite « sauter » une tranche, à notre convenance, sans la contrainte de devoir lever la totalité des 15 millions d’euros. C’est important parce que nous n’avons pas abandonné l’idée de lever des fonds de manière plus « classique ».

TradingSat : Justement, vous avez annulé une augmentation de capital de 20 millions d’euros en juillet dernier. Pour quelle(s) raison(s) ?

Emmanuel Petiot : Les conditions de marché n’étaient pas bonnes. Nous entrions dans la période estivale, les mois qui précédaient avaient été très actifs en levées de fonds. Les gérants devaient faire des arbitrages entre de nombreux dossiers. Le nôtre est forcément très pointu étant donné notre domaine d’activité, ce qui nécessite un gros travail d’explication en amont auprès des investisseurs institutionnels. De plus, la période de souscription était beaucoup trop courte pour informer correctement les petits porteurs. Enfin, la structure de l’augmentation de capital mise en place par la banque n’était sans doute pas la plus appropriée. Mais nous avons toujours en tête de lancer une augmentation de capital quand les marchés seront prêts et réceptifs.

TradingSat : Les 15 millions d’euros que vous pouvez potentiellement obtenir de Kepler-Cheuvreux ne couvrent-ils pas déjà en grande partie vos besoins ?

Emmanuel Petiot : Ils couvrent effectivement une partie de ces besoins, mais une augmentation de capital classique permettant l’entrée au tour de table de nouveaux actionnaires plus stables est toujours préférable. Par ailleurs, nous aimerions y associer nos actionnaires individuels également. Le but est vraiment de combiner les deux types de financement. D’un côté, la mise en place de la structure avec Kepler-Cheuvreux nous fournit le cash nécessaire à l’accélération de nos projets. Nous pouvons notamment acheter les équipements - fermenteurs, matériel d’irradiation… - pour continuer d’optimiser les caractéristiques de nos bactéries. Dans un second temps, le lancement d’une augmentation de capital « classique » viendrait conforter notre situation financière en nous conférant une visibilité « idéale ».

TradingSat : De quelle visibilité financière dispose Deinove aujourd’hui ?

Emmanuel Petiot : Avant de conclure le financement avec Kepler-Cheuvreux, nous avions indiqué disposer de quoi couvrir nos besoins jusqu’à mi-2015. Mais nous comptons obtenir des aides de l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie) et de BPI France (Banque publique d’investissement), ce qui représentera plusieurs millions d’euros. Nous espérons ensuite toucher courant juin le Crédit Impôt Recherche qui devrait être supérieur à un million d’euros. Si l’on ajoute la première tranche du financement avec Kepler Cheuvreux et bien-sûr nos liquidités disponibles, notre visibilité s’étend au-delà de la fin de l’année prochaine. Ce qui permet de lever tous les questionnements sur le financement de Deinove en 2015.

TradingSat : Où en est votre programme DEINOL dans les biocarburants ?

Emmanuel Petiot : Le projet DEINOL vise à fabriquer de l’éthanol de seconde génération, c'est-à-dire non pas à partir de biomasse alimentaire, mais à partir de résidus agricoles, ou de fractions organiques des déchets urbains et ménagers. Les bactéries Deinocoques optimisées par notre plate-forme automatisée peuvent assimiler tous les sucres de la biomasse et sont capables de résister à la toxicité résultant du prétraitement industriel de la biomasse. Nous sommes parvenus cette année à produire un alcool à 9% sur un substrat simple, à partir de glucose. Le but est de reproduire cette performance avec des substrats industriels d’origines diverses, avec de la biomasse industrielle. C’est pourquoi nous avons conclu des accords avec Abengoa et Suez Environnement en Europe, et MBI aux Etats-Unis.

TradingSat : Pourquoi Abengoa a-t-il remplacé votre précédent partenaire Tereos en juin dernier ?

Emmanuel Petiot : Tereos a fait le choix stratégique de se focaliser sur son activité de production à destination de l’industrie alimentaire, et non plus sur les biocarburants. A l’inverse Abengoa est l’un des principaux producteurs mondiaux de bioéthanol. Au même moment, nous avons signé avec Suez Environnement pour travailler à la transformation de déchets urbains organiques en éthanol, toujours par l’action de bactéries Déinocoques. Aux Etats-Unis, le partenariat avec Michigan Biotechnologies Institute vise à « qualifier » notre technologie sur un nombre important de matières premières et de prétraitements industriels. Le but est de pouvoir vendre notre bactérie non pas à un mais à plusieurs acteurs du marché. MBI va « dérisquer » notre technologie. Ils ont déjà su mettre à l’échelle industrielle différents projets de groupes tels que Dupont, Tate & Lyle, ou encore Novozymes.

TradingSat : Quels sont les prochains objectifs, les prochaines étapes pour le projet DEINOL ?

Emmanuel Petiot : Avec les partenaires existants, nous pourrons être amenés à communiquer sur l’atteinte d’étapes clé avec la production efficiente d’éthanol à partir de substrats industriels dans différentes tailles de fermenteurs. C’est une démonstration progressive de notre maîtrise de la bactérie avant de passer à la phase de mise à l’échelle industrielle, d’ici deux ans si tout va bien. En parallèle, avec les partenaires potentiels avec lesquels nous discutons – ou ceux avec qui nous seront amenés à discuter – la conclusion d’accords de collaborations pourra faire l’objet de communiqués de presse à tout moment.

TradingSat : Quels est la taille du marché visé avec DEINOL, pour quel modèle économique ?

Emmanuel Petiot : Le marché est gigantesque. Aux Etats-Unis, les besoin de production d’éthanol de deuxième génération, à partir de biomasse industrielle, sont estimés à près de 50 milliards de litres d’ici 2022. Pour l’Europe, les estimations tournent autour de 6 milliards de litres d’éthanol environ. Deinove se rémunèrera via un modèle de licences. Nous n’allons pas devenir nous-mêmes un producteur. L’objectif est de signer des accords de licences avec nos clients sur le transfert d’une brique technologique, la mise en œuvre de la bactérie Deinocoque. Deinove percevra dans le futur un pourcentage sur chaque litre d’éthanol fabriqué avec sa technologie au moyen du procédé de production des clients.

TradingSat : Où en est le projet DEINOCHEM ?

Emmanuel Petiot : C’est un projet important, « sponsorisé » par l’Etat, soutenu par l’Ademe et le Commissariat général à l’investissement dans le cadre du Programme des Investissements d’avenir. Il vise, grâce à notre plate-forme métabolique, à remplacer les composés chimiques intermédiaires dérivés du pétrole par des ressources renouvelables pour la fabrication d’ingrédients entrant dans la composition de produits de consommations courante, tels que les cosmétiques, les parfums, les produits d’entretien, les colorants, etc. Les bactéries fabriquent également de manière naturelle des composés d’intérêt industriel, par exemple ce que l’on appelle des caroténoïdes, qui pourront être intégrés dans des crèmes cosmétiques pour leur conférer des propriétés anti-oxydantes. Les applications sont très variées. Nous avons signé en septembre un contrat de collaboration de 3 ans avec Sofiprotéol pour développer un procédé de production d'additifs naturels pour l'alimentation animale. Le but est de mettre sur le marché ces additifs dans un peu moins de trois ans. Le travail de biochimie est simplifié par rapport au projet DEINOL et à certaines molécules du projet DEINOCHEM requérant l’ingénierie génétique des souches (telles que les intermédiaires de parfumerie), car les bactéries ne sont pas modifiées dans le cas de la collaboration avec Sofiprotéol ou d’autres projets autour des caroténoïdes. Il s’agit d’extraire les composants fabriqués naturellement par des bactéries « sauvages » pour les « qualifier » dans un procédé de fabrication que Sofiprotéol aura mis au point.

TradingSat : Un mot sur le programme DEINOBIOTICS ?

Emmanuel Petiot : Nous avons pour l’instant réussi à identifier 12 souches bactériennes dotées d’activités antibiotiques. Afin d’accélérer le projet de recherche de nouveaux antibiotiques, nous avons décidé en 2013 de créer une filiale, baptisée DEINOBIOTICS SAS, entièrement dédiée à la recherche et au développement d’antibiotiques et antifongiques.

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