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Carrefour : Casino et carrefour s'empoignent sur le brésil

tradingsat

par Julien Ponthus et Dominique Vidalon

PARIS (Reuters) - Les deux frères ennemis de la grande distribution françaises Carrefour et Casino ont croisé le fer lundi sur un projet de fusion de leurs filiales brésiliennes, une opération défendue par la Banque Nationale Brésilienne de Développement (BNDES) mais dont le groupe stéphanois ne veut pas entendre parler.

Alors que Carrefour a annoncé que son conseil d'administration soutenait le projet de fusion, Casino a de son côté dénoncé l'offensive de son rival.

"Le groupe Casino considère que Carrefour et ses administrateurs engagent leur responsabilité en acceptant, malgré les avertissements, une opération engagée de manière hostile et menée dans le cadre de négociations illégales", a déclaré Casino dans un communiqué.

Casino est actionnaire de Grupo Pao de Açucar (GPA) à hauteur de 43,1% du capital et en exerce le contrôle opérationnel à parité avec le milliardaire Abilio Diniz - président du conseil d'administration du distributeur brésilien - au sein de la holding Wilkes.

"Carrefour omet délibérément de préciser que l'accord de Wilkes, et donc celui de Casino sont requis", explique Casino qui voit d'un mauvais oeil une transaction au terme de laquelle il serait minoritaire dans une entité contrôlée par son concurrent Carrefour.

Pour Carrefour, le projet permettrait la création d'un "acteur majeur de la distribution au Brésil" avec un chiffre d'affaires combiné supérieur à 30 milliards d'euros.

"En cas de réalisation de l'opération, Carrefour augmenterait significativement son exposition aux marchés de croissance, qui représenteraient plus de 40% de ses ventes consolidées à horizon 2013", a indiqué le distributeur qui explique en outre qu'une fusion permettrait de dégager entre 600 et 800 millions d'euros de synergies.

La volonté d'Abilio Diniz de fusionner GPA avec la filiale de Carrefour intervient alors que Casino a la possibilité d'être seul maître à bord à compter de juin 2012 grâce à l'exercice d'une option d'achat dans la holding Wilkes.

Le groupe dirigé par Jean-Charles Naouri reproche à Abilio Diniz d'avoir engagé des négociations avec Carrefour sans l'avoir consulté, une démarche que Casino juge illégale.

Casino a d'ailleurs annoncé avoir saisi le 1er juillet dernier la Chambre de commerce internationale d'une seconde procédure d'arbitrage contre le groupe Diniz afin de faire respecter le pacte d'actionnaires conclu entre les deux groupes.

BATAILLE DE LONGUE DURÉE

Avec de probables nouvelles procédures judiciaires à la clé, les marchés financiers se préparent à une bataille de longue durée, qui se double d'une importante dimension politique, les autorités brésiliennes ne cachant pas leur ambition de créer un champion national de la distribution.

Mais depuis les premières déclarations de responsables brésiliens en faveur de la fusion, la prudence est revenue et le président de la BNDES Luciano Coutinho a ainsi déclaré dans la presse ce week-end qu'aucune opération ne se ferait sans l'accord de Casino.

Selon une source proche du dossier, Jean-Charles Naouri, le PDG de Casino, est parti au Brésil pour rencontrer des responsables de la BNDES.

"Vu la position adoptée par la BNDES ce week-end, l'annonce du Conseil d'administration de Carrefour peut surprendre", a commenté dans une note un analyste de CM CIC.

"Mais pouvait-il rester silencieux plus longtemps ?", s'interroge Christian Devismes pour qui l'image de Carrefour pourrait souffrir d'un éventuel échec sur cette opération.

D'autres analystes s'interrogent sur les chances dont Carrefour dispose pour imposer une fusion alors que Casino semble avoir les cartes en main pour éconduire son rival.

"Nous sommes peut-être naïfs et nous ne sommes pas des avocats mais le fait de lire le pacte d'actionnaires entre Diniz et Casino encore et encore nous fait penser qu'aucun accord n'est possible" sans le soutien de Casino, jugent les analystes de la banque RBS.

Carrefour, affaibli par trois avertissements successifs sur ses résultats depuis l'automne, reste sous la pression des marchés et doit notamment redresser ses hypermarchés en France et trouver des relais de croissance à l'étranger.

En forte croissance, le Brésil est un marché stratégique pour les deux groupes français. Deuxième marché de Carrefour après la France avec 12,3% des ventes totales du groupe, il compte pour environ un tiers des 11,12 milliards d'euros de ventes de Casino à l'international.

A la Bourse de Paris les marchés semblaient donner l'avantage à Casino lundi, ce dernier s'adjugeant une hausse de 1,28% à 66,40 euros alors que Carrefour était en retrait de 0,66% à 27,95 euros à 13h51.

Julien Ponthus, édité par Jean-Michel Bélot

Copyright © 2011 Thomson Reuters


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