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Carrefour : Carrefour confie les pleins pouvoirs à lars olofsson

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par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - Carrefour a donné mardi les pleins pouvoirs à son directeur général, Lars Olofsson, lors d'une assemblée générale tendue, où salariés et petits actionnaires ont exprimé leur mécontentement face à la stratégie et aux performances du groupe de distribution.

Amaury de Seze, président du conseil d'administration, a laconiquement déclaré qu'après avoir assumé sa fonction pendant trois ans, "le temps était venu" de réunir les fonctions de président et de directeur général.

En devenant PDG, Lars Olofsson, 59 ans, aura donc les pleins pouvoirs pour mener à bien son plan de redressement, une décision diversement interprétée par les analystes financiers.

"Cela montre qu'il a le soutien de Blue Capital" (le véhicule d'investissement de Groupe Arnault, holding du PDG de LVMH Bernard Arnault et du fonds Colony Capital), commente l'un d'entre eux, pour qui cette décision est aussi à double tranchant. "Il sera aussi le seul fusible en cas d'échec".

"C'est un peu étrange. Peut-être espèrent-ils redonner au marché confiance en Lars Olofsson", commente pour sa part James Monro, analyste chez Standard & Poor's.

Un autre analyste ayant souhaité garder l'anonymat estime lui aussi qu'il s'agit d'un signe de confiance envers le directeur général", tout en soulignant qu'"Amaury de Seze était un président très controversé".

"TOUS DANS LE MÊME BATEAU"

Le cabinet de conseil aux actionnaires Proxinvest avait appelé à ne pas renouveler le mandat du président du conseil, estimant qu'il n'était pas en position de s'opposer aux décisions de Blue Capital, qui détient 14% du capital et 20% des droits de vote du groupe.

"Il n'existe aucun administrateur ou groupe d'actionnaires qui feraient pression au sein du conseil", a déclaré Amaury de Seze.

Il a également assuré que Blue Capital était "pour le long terme" dans le capital de Carrefour et que, "comme tous, dans le même bateau, il avait envie de gagner cette bataille".

Dans la nouvelle gouvernance, Sébastien Bazin, directeur de Colony Europe, devient vice-président du conseil.

Le directeur général a défendu quant à lui son plan de transformation. "Je réaffirme ma détermination envers l'exécution de notre plan stratégique, malgré un environnement difficile", a déclaré Lars Olofsson qui a lancé un vaste programme visant 4,5 milliards d'euros d'économies sur trois ans et la relance commerciale de la marque en Europe grâce à Carrefour Planet.

Il a cependant reconnu que la situation de Carrefour n'était "pas satisfaisante", évoquant le changement de patron des opérations en France, les tensions sociales, la suspension du projet de cotation de Carrefour Property et la baisse du cours de Bourse. "Je comprends les inquiétudes car Carrefour est dans un changement profond", a poursuivi Lars Olofsson.

"Mais il s'agit d'un trajet au long cours", a-t-il ajouté, disant sa confiance dans la capacité du nouveau format d'hypermarchés à "véritablement renverser la tendance".

De mauvaises performances commerciales en France, qui compte pour près de 40% des ventes du groupe, ont obligé Carrefour à annoncer que son résultat opérationnel chuterait de 35% dans l'Hexagone au premier semestre.

Après trois 'profit warnings' en l'espace de neuf mois, le cours de Bourse de Carrefour accuse une chute de 35% depuis fin septembre. Mardi, l'action a regagné 1,7% à 27,30 euros dans un marché en hausse de 2,04%.

L'agence Moody's a annoncé en fin de journée avoir abaissé sa perspective de stable à négative, motivant sa décision par l'annonce de la baisse prévue des résultats du groupe en France.

CONSERVER LES ACTIFS BRÉSILIENS

Interrogé sur les intentions du groupe au Brésil, alors que Carrefour a été approché par l'homme d'affaires brésilien Abilio Diniz pour un possible rapprochement avec le distributeur Pao de Açucar, engagé dans un pacte d'actionnaires avec Casino, Lars Olofsson s'est refusé à tout commentaire, assurant simplement que Carrefour entendait conserver le contrôle de ses activités dans le pays.

Il a également réaffirmé que le groupe excluait de se désengager des pays émergents dans lesquels il détenait une position de leader.

Le projet de scission et de cotation de Dia, la filiale de hard discount du distributeur qui avait cristallisé l'opposition des syndicats a quant à lui été approuvé sans difficulté.

Poussé par Blue Capital, le projet avait reçu le feu vert des principaux cabinets de conseil aux actionnaires, mais certains analystes n'excluaient pas un vote sanction.

Aux abords du Caroussel du Louvre, quelque 700 salariés de Carrefour étaient venus manifester pour exprimer leur malaise, leur opposition à la mise en Bourse de Dia et, d'une façon plus générale, à la stratégie et la gouvernance du groupe.

Le début de l'assemblée a aussi été animé par la montée sur l'estrade d'un collectif de femmes baptisé "La Barbe" venues réclamer plus d'égalité entre les sexes parmi les cadres du groupe.

Dans l'après-midi, un avis de l'Autorité des marchés financiers a annoncé que la Société générale avait franchi à la hausse le seuil des 5% du capital de Carrefour.

Avec 7,9% du capital, la banque devient le deuxième plus gros actionnaire du groupe derrière Blue Capital. Mais cette position, acquise via des achats de titres et de produits dérivés dans le cadre des activités pour compte propre de la banque, ne peut être interprétée comme le signal d'un engagement de long terme dans le capital du distributeur.

Avec Marie Mawad et Dominique Vidalon, édité par Jean-Michel Bélot

Copyright © 2011 Thomson Reuters


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