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Bouygues : Numericable remporte la bataille pour SFR

Vivendi choisit Numéricable pour SFRVivendi choisit Numéricable pour SFR

par Gwénaëlle Barzic

PARIS (Reuters) - Vivendi a mis un terme au suspense, samedi, en annonçant avoir retenu l'offre du câblo-opérateur Numericable pour la vente de sa filiale télécoms SFR, la contre-attaque de dernière minute du rival Bouygues n'ayant pas réussi à rebattre les cartes.

L'opération, qui représente une valeur de plus de 17 milliards d'euros, a été approuvée à l'unanimité par les membres du conseil de surveillance, précise Vivendi, qui clôt ainsi un feuilleton aux nombreux rebondissements ayant tenu en haleine le monde des télécoms depuis plus d'un mois.

"Au terme de débats approfondis, le Conseil (...) a décidé, à l'unanimité, de retenir l'offre d'Altice/Numericable qui correspond au projet industriel le plus porteur de croissance, le plus créateur de valeur pour les clients, les salariés et les actionnaires, et répondant le mieux aux objectifs de Vivendi", explique le conglomérat dans un communiqué.

Vivendi était entré le 14 mars en négociations exclusives avec Numericable, mais ne s'était pas prononcé à l'expiration du délai, vendredi, après avoir reçu une nouvelle offre de Bouygues, sensiblement revue à la hausse pour sa partie en numéraire.

A l'issue d'une nouvelle réunion du conseil de surveillance débutée en fin de matinée, Numericable, qui a également modifié les termes de son offre, l'a finalement emporté, Vivendi ayant notamment jugé que sa proposition comportait moins de difficultés au regard des autorités de concurrence.

A contrario, le scénario d'un mariage SFR-Bouygues Telecom, qui aurait eu pour conséquence de réduire de quatre à trois le nombre d'opérateurs mobiles en France, a été jugé plus risqué.

"Le conseil attendait de Bouygues qu'il apporte des garanties sur l'exécution mais comme il n'a pas été en mesure de le faire, cela a été sa grande faiblesse", a expliqué une source au fait des discussions.

UNE TRANSACTION À 17 MILLIARDS D'EUROS

Vivendi, qui veut se séparer de SFR pour se recentrer sur les médias et les contenus, recevra 13,5 milliards d'euros en numéraire ainsi qu'une participation de 20% dans le nouvel ensemble SFR-Numericable qu'il cèdera ultérieurement.

Le géant des télécoms et des divertissements pourra également toucher un complément de prix de 750 millions en fonction des performances de la nouvelle entité.

"L'ensemble devrait représenter une valeur totale supérieure à 17 milliards d'euros", indique Vivendi.

Bouygues proposait lui 15 milliards d'euros en numéraire et une participation de 10%, ce qui valorisait selon lui SFR à 16,5 milliards avant synergies en incluant un complément de prix.

Il a encore tenté une dernière approche samedi matin en modifiant son offre pour la porter à 15,5 milliards d'euros en numéraire et 5% du nouvel ensemble, pour une valeur avant synergies de 16 milliards, sans convaincre.

La transaction doit encore être soumise pour consultation aux représentants du personnel et recevoir le feu vert des autorités de concurrence.

Patrick Drahi, le dirigeant d'Altice, actionnaire majoritaire de Numericable, aura dû batailler jusqu'au bout pour décrocher la victoire face à un adversaire tenace qui a refusé de s'avouer vaincu, même après que Vivendi a choisi d'entrer en négociations avec Numericable.

Dans cette compétition acharnée, le groupe dirigé par Martin Bouygues avait bénéficié du soutien public du gouvernement en la personne notamment du ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, désormais ministre de l'Economie, tandis que le bras armé financier de l'Etat, la Caisse des dépôts, avait accepté de s'impliquer à hauteur de 300 millions.

Dans un communiqué, Arnaud Montebourg prévient qu'il sera "extrêmement vigilant" quant au respect des engagements pris par Altice de ne supprimer aucun emploi et d'investir massivement dans la fibre en France.

VICTOIRE À L'ARRACHÉ

Vainqueur à l'arraché, le polytechnicien milliardaire, qui a bâti sa fortune en rachetant des actifs dans le câble dont Numericable, peut enfin mettre la main sur le numéro deux français du mobile qu'il convoitait depuis plusieurs années.

En le mariant avec le spécialiste du câble pour tirer parti de la convergence du fixe et du mobile, une tendance de fond en Europe, il ambitionne de bâtir un champion national fort de sept millions de clients dans le fixe et 21,4 millions dans le mobile.

Il s'agit en revanche d'un important revers pour Bouygues qui espérait pouvoir marier SFR à sa filiale télécoms Bouygues Telecom, mal en point depuis l'arrivée de Free (Iliad) sur le marché du mobile.

Le groupe de BTP, dont la filiale pourrait désormais passer du statut de prédateur à celui de proie, n'était pas joignable dans l'immédiat pour un commentaire.

Pour Vivendi, la cession de SFR devrait constituer le dernier grand acte de la revue de son portefeuille engagée au printemps 2012 avec l'ambition de se recentrer sur les médias.

Dans son communiqué, le conglomérat précise qu'il rendra compte des conditions dans lesquelles l'opération a été conduite à l'Assemblée générale prévue le 24 juin.

Le processus de sélection du repreneur de SFR a fait l'objet de critiques, notamment de la part de l'Autorité des marchés financiers (AMF) qui a déploré le manque de transparence des parties impliquées.

L'Association de défense des actionnaires minoritaires (Adam) a quant à elle tenté sans succès d'obtenir la publication des offres en compétition.

(Edité par Gregory Blachier)

Copyright © 2014 Thomson Reuters


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