Bourse > Bouygues > Bouygues : L'offre d'Altice sur Bouygues Tel met les télécoms en ébullition
BOUYGUESBOUYGUES EN - FR0000120503EN - FR0000120503
31.570 € -1.94 % Temps réel Euronext Paris
32.035 €Ouverture : -1.45 %Perf Ouverture : 32.100 €+ Haut : 31.505 €+ Bas :
32.195 €Clôture veille : 720 931Volume : +0.21 %Capi échangé : 10 960 M€Capi. :

Bouygues : L'offre d'Altice sur Bouygues Tel met les télécoms en ébullition

Altice confirme avoir fait une offre sur Bouygues TelecomAltice confirme avoir fait une offre sur Bouygues Telecom

par Leila Abboud

PARIS (Reuters) - Altice a confirmé lundi avoir fait une offre de rachat de Bouygues Telecom qui propulserait sa filiale Numericable-SFR à la première place des opérateurs télécoms en France et à la troisième en Europe, mettant une nouvelle fois le secteur en effervescence.

De son côté, Bouygues a confirmé avoir reçu une offre "non sollicitée" de la part d'Altice, tout en indiquant qu'aucune négociation n'était en cours.

Le conseil d'administration du groupe de BTP se réunira mardi à 18h00 pour examiner cette offre.

Patrick Drahi, le patron d'Altice, doit de son côté rencontrer mardi après-midi Emmanuel Macron, le ministre de l'Economie, pour discuter de l'offre sur Bouygues Telecom, a-t-on fait savoir dans l'entourage du ministre.

Le ministre de l'Economie a réaffirmé dès dimanche son opposition à tout mouvement de consolidation dans le secteur français des télécoms qui ferait passer le marché de quatre à trois opérateurs mobiles.

Le gouvernement craint en effet qu'une telle consolidation ne constitue une menace pour les emplois et les investissements des opérateurs dans les infrastructures.

Bercy redoute notamment que les prochaines enchères à venir pour de nouvelles fréquences mobiles suscitent moins d'intérêt en cas de réduction du nombre d'intervenants.

Aucune précision n'a été donnée pour le moment sur les modalités de l'opération qui, selon des sources proches du dossier, atteindrait 10 milliards d'euros, une offre généreuse pour un opérateur qui accumule les pertes depuis l'arrivée de Free en 2012 sur le marché du mobile et qui était valorisé par les analystes entre 5 et 6,5 milliards d'euros.

Cette offre est également bien supérieure à l'offre de quelque cinq milliards d'euros proposée en 2014 par Orange et Free pour Bouygues Telecom. Elle est aussi plus élevée que les huit milliards proposés par Numericable-SFR en tout début d'année.

DES RISQUES EN MATIÈRE DE CONCURRENCE

L'offre de Numericable-SFR a été applaudie en Bourse, où les investisseurs saluent une opération susceptible de générer de très importantes économies de coûts et pourrait apaiser la redoutable guerre des prix qui sévit en France depuis 2012 et l'arrivée des offres à bas prix d'Iliad dans le mobile.

A Paris, Numericable-SFR a clôturé sur un bond de 14,15% à 54,79 euros et Bouygues s'est adjugé plus de 13% (38,07 euros), tandis qu'Iliad, qui pourrait racheter au passage certains actifs, a grimpé de 10,39% à 226,30 euros.

Orange a de son côté pris 7,49% et Altice, cotée à la Bourse d'Amsterdam, 12,64%.

"Comme Martin Bouygues a redit à plusieurs reprises qu'il ne souhaitait pas vendre Bouygues Telecom, Patrick Drahi n'avait pas d'autre choix que de faire une offre 100% cash (en numéraire, ndlr)", estime un banquier d'affaires parisien.

Free, qui détient moins de fréquences que ses trois concurrents, reprendrait, selon des sources proches du dossier, une partie du réseau mobile de Bouygues - des fréquences, des antennes et des boutiques - une solution déjà envisagée dans le passé et qui doit permettre d'obtenir l'aval des autorités de la concurrence.

Le rachat de Bouygues Telecom permettrait à Numericable SFR de réaliser d'importantes économies en terme d'emplois ou de rationalisation du réseau de boutiques. Les analystes de Berenberg chiffrent à 850 millions d'euros par an les synergies potentielles.

Pour son offre sur la filiale de Bouygues, Patrick Drahi s'est assuré le financement auprès de plusieurs banques, dont BNP Paribas et JP Morgan Chase, selon deux sources au fait des discussions.

Le ministre des Finances, Michel Sapin, a pour sa part mis en garde contre les risques liés à un endettement massif d'Altice, tandis que le commissaire européen aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, a estimé que les autorités de la concurrence devraient être saisies et que la commission européenne "aura son mot à dire".

Contactée par Reuters, l'Autorité de la concurrence s'est refusée à tout commentaire sur l'offre d'Altice.

Compte tenu de l'importance des activités des deux opérateurs dans l'Hexagone, l'examen d'un rachat de Bouygues Telecom par Numericable-SFR devrait relever de la compétence de l'autorité française de la concurrence.

La dette nette consolidée d'Altice totalisait 24,5 milliards d'euros à la fin du premier trimestre 2015, avant l'acquisition de l'américain Suddenlink.

Pour Stéphane Beyazian, analyste de Raymond James, les chances de succès de cette opération sont de 50 à 60%, en raison des risques liés à la concurrence.

(Avec Pascale Denis et Matthieu Protard, édité par Jean-Michel Bélot)

Copyright © 2015 Thomson Reuters


Je donne mon avis

TÉLÉCHARGEZ GRATUITEMENT L’APPLI
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez nos CGU et l'utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques d'audiences et vous proposer une navigation optimale, la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux ainsi que des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts.
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies...