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Axa : La baisse de l'euro, un levier pour les profits en Europe

La baisse de l'euro, un levier pour les profits en EuropeLa baisse de l'euro, un levier pour les profits en Europe

par Blaise Robinson et Sudip Kar-Gupta

PARIS/LONDRES (Reuters) - La récente et soudaine chute de l'euro est un ballon d'oxygène pour les entreprises européennes qui laisse espérer un rebond de leurs profits à terme.

L'euro, dont la vigueur a pénalisé les exportateurs européens jusqu'à la fin du premier semestre, est en baisse de près de 8% depuis son plus haut de l'année à près de 1,40 dollar début mai et de 5% contre un panier des principales devises, ce qui devrait se traduire par une augmentation de 3% à 6% des profits des entreprises, estiment gérants de portefeuille et analystes.

Des groupes industriels et pharmaceutiques qui réalisent l'essentiel de leur chiffre d'affaires en dehors de la zone euro, comme Siemens ou Sanofi, seront les grands bénéficiaires de cette baisse de l'euro.

Son impact ira toutefois bien au-delà des seuls grands groupes internationaux si les mesures de stimulation monétaire de la Banque centrale européenne parviennent à relancer une économie européenne qui a calé au deuxième trimestre.

L'euro est tombé jeudi à un plus bas de quatorze mois contre la devise américaine à 1,2920 dollar après l'annonce par la BCE d'une baisse de ses taux à de nouveaux plus bas records et d'un programme de rachats d'actifs afin de prévenir les risques de déflation au sein de la zone euro.

"Globalement, environ 50% des profits des entreprises de la zone euro sont réalisés en dehors de la région, ce qui signifie que le recul de l'euro est un facteur majeur pour les profits en Europe", a déclaré Romain Boscher, responsable de la gestion actions d'Amundi, dont les actifs sous gestion atteignent 821 milliards d'euros.

"Il faudra entre six et douze mois pour que la chute soit visible dans les résultats des entreprises, donc nous devrions avoir de bonnes surprises dans les résultats à la fin de cette année et début 2015."

Une baisse de 10% du taux de change de l'euro pondéré par le commerce extérieur sur un an se traduit par une hausse de 8% des profits des entreprises de la zone euro, selon Romain Boscher.

Pour des entreprises du secteur de l'aéronautique comme airbus, Safran, Zodiac et Thales, qui réalisent l'essentiel de leurs facturations en dollar alors que leurs coûts sont libellés en euro, l'effet d'une baisse de l'euro est encore plus important.

Pour Airbus, l'une des entreprises européennes les plus sensibles aux variations de l'euro-dollar, une baisse de 10 cents de l'euro contre la devise américaine, entraîne une hausse d'un milliard d'euros de son résultat opérationnel.

D'autres entreprises très exposées au marché américain seront aussi parmi les grandes bénéficiaires de l'affaiblissement de la devise européenne.

L'italien Luxottica, propriétaire notamment des marques Ray Ban et Oakley, réalise environ la moitié de son chiffre d'affaires aux Etats-Unis, une proportion qui atteint 43% pour Publicis, 42% pour Alcatel Lucent et près d'un tiers pour Sanofi, selon des données de MSCI.

Pour Giampaolo Trasi, responsable de la recherche actions et crédit d'Intesa Sanpaolo, le taux de change plus favorable devrait avoir un effet positif sur les profits dès le quatrième trimestre.

"Cela en supposant qu'il demeure sur les niveaux actuels jusqu'à la fin de l'année sachant qu'au quatrième trimestre de l'année dernière le taux de change avait évolué approximativement entre 1,35 et 1,38 dollar."

Pour Trasi les groupes de luxe figureront aussi parmi les grands bénéficiaires de la baisse de l'euro.

LVMH réalise environ les trois quarts de son chiffre d'affaires en dehors d'Europe, avec une forte exposition aux marchés américain, japonais et chinois.

PLUS UN FREIN, PAS ENCORE UN ACCÉLÉRATEUR

La baisse de l'euro aura un impact au-delà de l'effet de change dans les comptes des entreprises, ajoutent gérants et analystes.

"Une baisse de 20% de la devise entraîne mécaniquement une hausse de 0,2% à 0,3% du produit intérieur brut de la zone euro", rappelle Jean-Paul Betbèze, conseiller économique de Deloitte. Il s'attend à une poursuite de la baisse de la devise européenne dans les prochains mois en raison de la divergence de trajectoire des politiques monétaires de la Réserve fédérale et de la BCE.

Certains stratégistes préviennent toutefois que la baisse de l'euro devra se poursuivre pour entraîner une remontée généralisée des profits.

Dans leur ensemble, les entreprises de l'indice Stoxx Europe 600 des valeurs européennes ont fait état d'une hausse de 10% de leurs profits au deuxième trimestre, après deux années de contraction et en dépit d'un recul de leur chiffre d'affaires sur la période, imputable en partie à la vigueur de l'euro.

"La vigueur de l'euro a pénalisé les entreprises européennes pendant la majeur partie de l'année 2013 et le premier semestre 2014, en particulier les firmes exportatrices", relève Mathieu L'Hoir, stratégiste chez Axa Investment Managers dont les actifs sous gestion atteignent 582 milliards d'euros.

Il estime qu'une baisse d'un point de pourcentage du taux de change de l'euro pondéré par les échanges extérieurs a un impact positif d'environ 0,4 point de pourcentage sur la croissance des profits des entreprises de la zone euro.

"L'euro n'est plus un frein mais il n'a pas encore baissé au point de devenir un accélérateur", prévient-il.

(avec Vikram Subhedar, Marc Joanny pour le service français)

Copyright © 2014 Thomson Reuters


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