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Atos : Atos veut créer un géant du "cloud" en rachetant Bull

Atos lance une OPA de 620 millions d'euros sur BullAtos lance une OPA de 620 millions d'euros sur Bull

par Jean-Michel Belot et Gwénaëlle Barzic

PARIS (Reuters) - Le groupe de services informatiques Atos a dévoilé lundi une offre de 620 millions d'euros sur son concurrent français Bull avec l'ambition de créer le numéro un européen du stockage de données à distance ("cloud").

Atos va déposer une offre en numéraire à 4,90 euros par action, soit une prime de 30% par rapport à la moyenne du cours de Bull sur les trois derniers mois, en vue de mettre la main sur le champion européen des "supercalculateurs", ces ordinateurs hyperpuissants en matière de calcul.

Le rachat de Bull par Atos marquerait l'épilogue d'une saga tumultueuse commencée en 1930, qui a vu la pépite française rivaliser avec le géant américain IBM dans les années 1960 avant de céder du terrain puis frôler le dépôt de bilan dans les années 2000.

Bull deviendrait une division d'Atos où seraient regroupées toutes les activités de traitement des données en masse ("big data") et cybersécurité, et qui serait dirigée par Philippe Vannier, PDG du groupe Bull. Atos, qui a pour concurrents le français Capgemini et l'américain Accenture, espère ainsi renforcer ses offres pour faire face à une demande sans cesse croissante en puissance de calcul et à des besoins en hébergement de données qui doublent dans le monde tous les 18 mois.

"A nous deux, nous allons être d'assez loin le premier acteur européen en matière de cloud. C'est important parce que les positions sont à prendre aujourd'hui", a déclaré lors d'une conférence de presse le PDG d'Atos Thierry Breton, ancien ministre de l'Economie et des Finances et co-auteur d'un rapport récent sur les perspectives du cloud dans le cadre des 34 plans de la Nouvelle France industrielle promus par le gouvernement.

La nouvelle entité Atos-Bull, dont le chiffre d'affaires devrait avoisiner les 10 milliards d'euros, deviendrait la première société européenne sur le segment du cloud, selon une présentation fournie par Atos. Elle se classerait à la deuxième place dans l'ouest de l'Europe derrière l'américain Amazon mais devant l'autre américain Microsoft.

Atos espère notamment tirer parti de l'expertise technologique développée par Bull dans les domaines de la sécurité et de la cryptographie pour doper ses offres dans le cloud, un segment qui recèle un potentiel de croissance de 25 à 50% sur la période 2014-2016 selon Atos, mais rencontre encore des freins auprès des professionnels, soucieux d'une sécurité qu'ils jugent insuffisante.

SYNERGIES DE 80 MILLIONS D'EUROS

Le projet d'opération, qui a reçu le feu vert des conseils d'administration des deux sociétés à l'unanimité, a été bien accueillie en Bourse.

L'action Bull flambait de 21,7% à 4,88 euros vers 13h00, un cours proche du prix proposé par Atos, en hausse de 5%.

"Même si Bull a plusieurs fois déçu par le passé dans sa capacité à améliorer ses résultats, nous voyons une certaine logique à la transaction et la direction d'Atos a déjà prouvé sa capacité à redresser des activités à faible marge", estiment les analystes de Kepler Cheuvreux dans une note.

Les deux actionnaires principaux du groupe Bull, Crescendo Industries et Pothar Investments se sont déjà engagés à apporter leurs titres à l'offre, soit 24,2% des actions Bull. L'opérateur télécoms Orange, qui détient 8% de Bull, juge également l'offre "intéressante et constructive pour l'avenir de Bull", a déclaré à Reuters un porte-parole.

La transaction devrait générer en 24 mois 80 millions d'euros de synergies de coûts résultant d'une part de l'accélération du plan stratégique de Bull "One Bull", et d'autre part de l'intégration des activités internationales des deux sociétés conjuguées à des économies sur les achats et l'immobilier.

L'"ajustement" des effectifs se fera uniquement par non remplacement des départs naturels, ont précisé les deux groupes, ajoutant que le projet ne donnera pas lieu à un plan social dans l'Hexagone. Bull emploie 5.000 personnes en France, sur un effectif mondial de 9.200 salariés, et Atos 13.200 sur un total de 76.300 personnes.

La transaction devrait être relutive sur le bénéfice par action d'Atos dès la première année et d'au moins 10% après 24 mois. Elle est conditionnée à l'obtention d'un seuil de succès de 50% plus une action du capital de Bull. Atos a l'intention de procéder au retrait de la cote des actions Bull.

L'offre sur Bull intervient moins de trois semaines après le lancement de l'introduction en Bourse de Worldline, pôle de technologies liées aux paiements en ligne d'Atos.

Le groupe reste par ailleurs intéressé par une autre société informatique française, Steria, qui est déjà engagée dans un projet de fusion avec le groupe Sopra.

(Avec Gilles Guillaume et Andrew Callus)

Copyright © 2014 Thomson Reuters


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