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Areva : L'EPR est menacé du "syndrome Rafale", mais pas condamné

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par Benjamin Mallet

PARIS (Reuters) - Le réacteur nucléaire de nouvelle génération EPR présente tous les symptômes très français d'une technologie de pointe coûteuse, à l'image du Rafale de Dassault Aviation, mais certains observateurs estiment que ses déboires ne réduisent pas pour autant à néant ses espoirs à l'exportation.

La capacité de la filière nucléaire française à nouer de nouveaux partenariats pour réduire le coût des investissements, décisive, s'annonce toutefois compliquée à court terme par la sortie de l'italien Enel du projet de centrale EPR de Flamanville (Manche).

Evalué en 2003 à 3,3 milliards d'euros, le coût de construction de l'EPR a quasiment doublé sur le chantier finlandais dirigé par Areva, concepteur du réacteur, et atteint désormais 8,5 milliards sur celui de l'électricien EDF, à Flamanville.

"La complexité coûte cher et c'est l'une des raisons de la dérive", souligne Jean-Marie Chevalier, spécialiste de l'énergie à l'université Paris-Dauphine.

"Est-ce qu'on ne voit pas trop grand ? N'y a-t-il pas une limite aux économies d'échelle ? C'est lié à une croyance française selon laquelle plus on fait gros, moins ça coûte cher."

Pour expliquer les surcoûts de l'EPR Flamanville, EDF met en avant le fait qu'il s'agit de la première centrale nucléaire construite en France depuis 15 ans et qu'elle constituera une "tête de série".

EDF et Areva soulignent en outre qu'ils bénéficient déjà des premiers retours d'expérience de leurs projets finlandais et français dans le cadre des deux EPR en construction à Taishan, en Chine, qui progressent bien.

"Même si les chantiers français et finlandais posent problème, je ne pense pas qu'on puisse parler de ‘syndrome Rafale'", estime Thibaud Bréjon de Lavergnée, chargé d'études pour le cabinet Xerfi.

LA RENTABILITÉ JUGÉE SUR PIÈCE

"Le prix des nouvelles centrales va forcément augmenter avec Fukushima et le durcissement des contraintes réglementaires. Ensuite, le potentiel de croissance du marché nucléaire à l'échelle mondiale est encore énorme et le positionnement de la filière française reste bon", ajoute-t-il.

"Si, dès aujourd'hui, (la filière française) démontre qu'elle maîtrise le chantier chinois dans les temps et les coûts prévus, ça peut être un réel atout pour la suite."

Même si son objectif d'engranger dix commandes d'EPR en cinq ans semble de plus en plus difficile à atteindre, Areva souligne de son côté qu'il mise sur les projets nucléaires de l'Arabie saoudite, de la Pologne ou encore de l'Afrique du Sud, le groupe cherchant aussi à finaliser une commande de deux réacteurs en Inde.

La rentabilité de l'EPR sera en outre jugée sur pièce, estiment certains experts, pour qui la disponibilité théoriquement supérieure du réacteur, sa durée de vie d'un minimum de 60 ans et ses coûts de maintenance réduits devront être intégrés dans les calculs.

A court-terme, la décision d'Enel de sortir de Flamanville pourrait cependant contrarier la recherche de nouveaux partenaires d'EDF, en particulier au Royaume-Uni, où le groupe discute actuellement avec les autorités les conditions d'implantation de deux premiers EPR.

DIVERSIFICATION DE L'OFFRE

George Borova, partenaire du cabinet d'avocats Pillsbury, souligne que "les investisseurs et les partenaires stratégiques peuvent rapidement quitter les projets de nouvelles constructions quand ils perçoivent que les fondamentaux ne sont pas là", tout en se disant confiant pour le programme britannique.

"Ce qui se trouve (...) assez difficilement, ce sont les investisseurs qui prennent un risque opérationnel de construction", estime pour sa part un banquier parisien spécialiste de l'énergie.

Conçu après la catastrophe de Tchernobyl de 1986 pour être le réacteur le plus sûr le plus puissant au monde, l'EPR avait déjà été la cible de vives critiques, début 2010, après avoir été écarté d'un appel d'offres géant à Abou Dhabi au profit du modèle moins coûteux proposé par la Corée du Sud.

Les nouvelles difficultés du chantier de Flamanville plaident par ailleurs en faveur d'une diversification de l'offre française, déjà engagée avec le réacteur Atmea d'Areva et le projet d'un nouveau modèle, lui aussi de moyenne puissance, avec les chinois.

Avec Muriel Boselli et Matthieu Protard, Karolin Schaps à Londres, édité par Jean-Michel Bélot

Copyright © 2012 Thomson Reuters


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