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Antonov : Le DG de Rosbank risque sept ans de prison

Le DG de Rosbank, filiale russe de SocGen, risque 7 ans de prisonLe DG de Rosbank, filiale russe de SocGen, risque 7 ans de prison

par Katya Golubkova et Douglas Busvine

MOSCOU (Reuters) - Vladimir Goloubkov, le directeur général de la filiale russe de la Société générale, encourt une peine pouvant aller jusqu'à sept ans de prison après son arrestation dans un dossier de corruption présumée.

Le ministère russe de l'Intérieur a diffusé jeudi une vidéo montrant Vladimir Goloubkov assis devant un bureau encombré d'une pile de billets, une scène que plusieurs observateurs soupçonnent d'être un montage.

Les enquêteurs ont précisé que ces piles de billets de 5.000 roubles représentent un montant total de cinq millions (120.000 euros environ). Ils ont annoncé l'ouverture d'une enquête criminelle visant Vladimir Goloubkov et une autre dirigeante de Rosbank, la vice-présidente Tamara Polianitsina.

Toutefois, plus de 24 heures après son arrestation, Vladimir Goloubkov n'avait toujours pas été présenté devant un juge. "On ne sait pas encore clairement quand il sera inculpé; l'enquête continue", a déclaré à Reuters son avocat, Dimitri Kharitonov.

Il s'est plaint des conditions "dégradantes" dans lesquelles son client était détenu.

L'un des anciens actionnaires de la banque, l'homme politique Mikhaïl Prokorov, candidat libéral lors de l'élection présidentielle remportée l'an dernier par Vladimir Poutine, a exprimé son indignation après cette arrestation et demandé sa mise en liberté sous caution.

D'autres personnalités du secteur financier russe ont eux aussi exprimé leur soutien à Vladimir Goloubkov et certains ont avancé l'hypothèse d'une manipulation à ses dépens.

"Les accusations ne tiennent tout simplement pas debout", a dit à Reuters Gareguine Tossounian, président de l'Association des banques russes. "Pour moi, il est improbable qu'il se soit abaissé à une telle corruption commerciale. J'espère que les enquêteurs vont envisager la possibilité qu'il ait été délibérément piégé."

Selon les enquêteurs, "Goloubkov a exigé, par l'intermédiaire de sa subordonnée Polianitsina, plus d'un million de dollars d'un homme d'affaires pour retarder l'échéance et réduire le taux d'intérêt d'un prêt de plusieurs millions de dollars".

Son défenseur a souligné qu'il réfutait ces accusations.

Rosbank a assuré coopérer avec les enquêteurs et précisé que le premier directeur général adjoint, Igor Antonov, remplacerait Vladimir Goloubkov à titre provisoire.

DES COMMISSIONS DE "FACILITATION"

"Nous sommes perturbés et contrariés après ce qui s'est passé", a dit Igor Antonov à la chaîne de télévision publique Rossia 24.

Il a décrit l'arrestation de son supérieur comme un "raid" visant Rosbank, en faisant référence au climat qui régnait juste après l'effondrement de l'Union soviétique. "Cela me rappelle les bonnes vieilles années 1990, on n'avait pas vu cela depuis une éternité", a-t-il dit.

La Société générale, entrée au capital de Rosbank en 2006, avait chargé Vladimir Goloubkov de conduire le redressement de l'établissement, neuvième banque de Russie, qui a perdu de l'argent l'an dernier et reste plombée par des coûts élevés et une baisse de sa part de marché.

Le groupe français s'est refusé à tout commentaire.

"Du point de vue de SocGen, c'est une affaire qui ne concerne que des individus mais pas Rosbank, ni son contrôle des risques", a dit une source bancaire.

Selon des banquiers occidentaux comme russes, le versement de commissions de "facilitation" est répandu dans le secteur bancaire russe mais il n'est évoqué publiquement que lorsque l'un des protagonistes choisit d'en révéler l'existence aux autorités pour régler des comptes.

Dans le cas de Rosbank, selon des médias russes, c'est un responsable d'une concession automobile qui a joué le rôle de l'informateur après avoir versé plusieurs commissions occultes dans le but d'obtenir la restructuration d'un prêt de 80 millions de dollars.

Un ancien cadre de Rosbank a déclaré à Reuters que l'affaire pourrait servir, à terme, les intérêts de la Société générale en lui fournissant des arguments contre les responsables de sa filiale russe avec lesquels elle est en désaccord.

"C'est un tel scandale! Mais je dois dire que cela pourrait renforcer SocGen au sein de cette énorme organisation russe si Goloubkov démissionne", a dit cet ex-dirigeant, qui a requis l'anonymat.

avec Lionel Laurent à Paris, Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat et Benoît Van Overstraeten

Copyright © 2013 Thomson Reuters


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