Bourse > Alstom > Alstom : Siemens et MHI jouent la carte du partenariat avec Alstom
ALSTOMALSTOM ALO - FR0010220475ALO - FR0010220475
25.380 € -0.41 % Temps réel Euronext Paris
25.500 €Ouverture : -0.47 %Perf Ouverture : 25.520 €+ Haut : 25.095 €+ Bas :
25.485 €Clôture veille : 1 246 720Volume : +0.57 %Capi échangé : 5 562 M€Capi. :

Alstom : Siemens et MHI jouent la carte du partenariat avec Alstom

Hitachi confirme discuter du projet Siemens-MHI sur AlstomHitachi confirme discuter du projet Siemens-MHI sur Alstom

par Benjamin Mallet et Jens Hack

PARIS/MUNICH (Reuters) - L'allemand Siemens et les japonais Mitsubishi Heavy Industries (MHI) et Hitachi envisagent une offre de rachat de la branche énergie d'Alstom qui maintiendrait une présence du français dans ce secteur, a-t-on appris jeudi de sources proches du groupe allemand et du gouvernement français.

Le trio s'inscrit ainsi dans une logique de partenariat défendue par le gouvernement français.

Alstom a jusqu'à présent opté pour un rachat de sa branche énergie par General Electric dans le cadre d'une offre ferme de 16,9 milliards de dollars (12,49 milliards d'euros au taux de change actuel) du géant américain valable jusqu'au 23 juin.

MHI a annoncé mercredi étudier la possibilité d'une offre commune avec Siemens - qui a marqué son intérêt pour la branche énergie d'Alstom dès la fin avril -, la décision des deux partenaires devant intervenir au plus tard le 16 juin. Hitachi a pour sa part indiqué jeudi qu'il envisageait de se joindre à eux.

"Le projet de MHI, c'est de laisser un maximum de choses entre les mains d'Alstom, de maintenir une présence significative d'Alstom dans l'énergie et de faire un partenariat avec une ou plusieurs JV (coentreprises NDLR)", a déclaré à Reuters une source proche du gouvernement français.

"La logique, c'est qu'ils sont en position de 'challengers' face à GE et qu'ils n'ont donc aucune chance de l'emporter si leur projet n'est pas meilleur du point de vue du gouvernement français", a ajouté cette source.

Une autre source, proche de Siemens, a déclaré que MHI et le groupe allemand cherchaient un moyen de maintenir l'activité énergie d'Alstom dans une ou plusieurs entités dont ils auraient le contrôle.

Selon le quotidien japonais Nikkei, l'offre commune de Siemens, MHI et Hitachi sur une partie des actifs énergie d'Alstom pourrait atteindre 9,8 milliards de dollars (7,2 milliards d'euros).

De leur côté, Les Echos et Le Figaro évoquent la possibilité d'une entrée de Mitsubishi au capital d'Alstom parmi les scénarios envisagés.

"L'option serait une reprise partielle de la participation de Bouygues (29%), qui souhaite se désengager", écrivent Les Echos sur leur site internet.

"Par ailleurs, MHI procéderait à un rachat d'actifs avec Siemens : les japonais reprendraient les turbines vapeur et Siemens les turbines à gaz", poursuit le quotidien.

L'AIRBUS DU FERROVIAIRE EST MAL ENGAGÉ

Des incertitudes demeurent toutefois sur le niveau de valorisation et sur l'impact d'un éventuel apport d'actifs, le groupe allemand ayant proposé de transférer son matériel roulant ferroviaire au français.

"Siemens est toujours prêt à proposer un Airbus du ferroviaire, mais il faut être deux pour danser le tango et, à court terme, Alstom n'a pas du tout envie de regarder cette possibilité", a expliqué la source proche du gouvernement.

Alstom et Siemens n'ont pas souhaité commenter ces informations. Selon une source proche du groupe allemand, celui-ci a prévu de réunir son conseil de surveillance dimanche.

Selon Les Echos, le volet d'apport d'actifs de Siemens dans les transports avec montée progressive d'Alstom au capital d'une nouvelle structure transports serait négocié dans un second temps et ne ferait pas partie de l’offre attendue pour le 16 juin.

Une source proche d'Alstom a par ailleurs estimé mercredi qu'une vente à Siemens et MHI risquait d'entraîner un "dépeçage" du groupe français, un danger que le ministre de l'Economie Arnaud Montebourg avait lui-même mis en évidence avant les annonces de ces derniers jours.

MHI et Hitachi sont déjà partenaires dans les turbines à gaz et à vapeur pour centrales électriques à travers une coentreprise, Mitsubishi Hitachi Power Systems (MHPS), créée le 1er février dernier, dont ils détiennent respectivement 65% et 35% du capital. Selon le Nikkei, les deux groupes mettraient en place une nouvelle coentreprise - avec une répartition du capital identique à celle de MHPS - pour soumettre une offre sur les turbines à vapeur d'Alstom qui les valoriserait 4,9 milliards de dollars environ (3,6 milliards d'euros).

Siemens offrirait lui aussi 4,9 milliards de dollars pour reprendre les turbines à gaz du groupe français mais exclurait les systèmes de réseaux d'électricité (Grid) d'Alstom de l'opération, ajoute le quotidien.

Ces informations sont intervenues au moment où une réunion avait lieu à l'Elysée entre le président François Hollande, le Premier ministre Manuel Valls et Arnaud Montebourg pour faire le point sur la vente du pôle énergie d'Alstom.

"L'ÉTAT FRANÇAIS EST AGNOSTIQUE"

Une source à l'Elysée, sans se prononcer sur le projet commun de Siemens, MHI et Toshiba, a déclaré que le gouvernement maintenait ses exigences sur le dossier.

"Quels sont nos objectifs ? Défendre l'indépendance énergétique, le maintien de l'activité et des centres de décisions en France et (...) avoir la situation la plus favorable possible dans le domaine de l'emploi", selon cette source.

"C'est à l'aune de ces critères que nous allons continuer a examiner les propositions qui sont sur la table. S'agissant de la méthode, nous n'avons pas de préférence pour telle ou telle proposition, nous avons des exigences."

La même source a indiqué qu'une autre réunion gouvernementale sur le dossier Alstom aurait lieu la semaine prochaine.

Selon la source proche du gouvernement interrogée par Reuters, Paris jugera sur pièce les offres finales pour la branche énergie d'Alstom : "Aujourd'hui l'Etat français est agnostique, mais il a posé des exigences."

A Paris, l'action Alstom a clôturé à 29,57 euros, en progression de 0,22%, à comparer à un repli de 0,02% du CAC 40.

"Une offre commune MHI-Siemens suppose de dépecer Alstom et ferait disparaître des synergies entre les différentes activités de la branche Energie (...). Mais MHI (...) proposerait un véritable partenariat à Alstom, à base de sociétés communes, une solution qui pourrait séduire le gouvernement et mettre la pression sur GE", a estimé Aurel BGC dans un mémo.

Paris a cherché ces dernières semaines à obtenir du groupe américain et de Siemens qu'ils améliorent leurs propositions afin de protéger l'emploi, l'avenir du pôle ferroviaire - sur lequel Alstom se recentrerait - ou encore des activités clés telles que les turbines pour centrales nucléaires, les éoliennes et l'hydroélectricité.

GE s'est notamment engagé fin mai à créer 1.000 emplois industriels en France en trois ans en cas de rachat de la branche énergie d'Alstom.

(Avec Reiji Murai à Tokyo, Natalie Huet, Emmanuel Jarry, Alexandre Boksenbaum-Granier et Matthieu Protard à Paris, édité par Jean-Michel Bélot)

Copyright © 2014 Thomson Reuters


Je donne mon avis

TÉLÉCHARGEZ GRATUITEMENT L’APPLI
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez nos CGU et l'utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques d'audiences et vous proposer une navigation optimale, la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux ainsi que des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts.
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies...