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Alstom : Rebond du marché français des fusions-acquisitions

Rebond du marché français des fusions-acquisitionsRebond du marché français des fusions-acquisitions

par Matthieu Protard

PARIS (Reuters) - Après des années de disette, le marché français des fusions-acquisitions (M&A) est depuis le début de l'année sorti de sa léthargie et renoue avec ses niveaux d'avant la crise financière, à la faveur notamment d'un environnement de marché plus favorable et de coûts de financement attractifs.

Si la bagarre que se sont livrés Numericable et Bouygues pour racheter SFR avait déjà ranimé le marché en début d'année, le rapprochement entre Lafarge et Holcim et la saga pour le rachat de la branche énergie d'Alstom signent le retour des grandes manoeuvres dans l'industrie, malgré l'échec de la fusion entre Publicis et l'américain Omnicom.

Le premier semestre a aussi marqué le retour en France des entreprises étrangères qui avaient déserté le Vieux Continent en raison des inquiétudes sur l'avenir de la zone euro.

Selon les données Thomson Reuters, sur les six premiers mois de l'année, le marché français du M&A a atteint 147,2 milliards de dollars (107,7 milliards d'euros), soit un montant quatre fois plus élevé qu'au premier semestre 2013.

Sur le seul deuxième trimestre, les transactions ont grimpé à 95,2 milliards de dollars (69,7 milliards d'euros) contre 20,1 milliards un an plus tôt. C'est le trimestre le plus dynamique depuis début 2006, c'est-à-dire avant la crise financière.

"Après s'être particulièrement contracté pendant la crise, le marché français repart avec le retour des opérations industrielles", constate Thierry d'Argent, responsable mondial du corporate finance à la Société générale. "Il y a un phénomène de rattrapage."

"EFFET DE RETARD"

"Les entreprises attendaient le bon moment pour bouger. Nous sommes dans un marché où les acheteurs et les vendeurs commencent à se retrouver même si l'environnement macroéconomique reste fragile", note de son côté François Kayat, associé gérant chez Lazard. "Il y a aussi beaucoup de liquidités disponibles dans le marché."

Au cours du premier semestre, les transactions de M&A dans le monde ont crû de 75% par rapport aux six premiers mois de 2013, pour atteindre 1.750 milliards de dollars.

En Europe, qui signe son meilleur début d'année depuis 2008, le volume des fusions et acquisitions a doublé et atteint 509 milliards de dollars à fin juin. Aux Etats-Unis, il grimpe de 75% à 748 milliards de dollars.

"Il y a un effet de retard que les entreprises cherchent aujourd'hui à combler après cinq années de faible activité en Europe, surtout par rapport au reste du monde", remarque Alban de la Sablière, managing director chez Morgan Stanley.

Outre la disponibilité des liquidités pour financer les transactions, les politiques monétaires des banques centrales contribuent aussi à dynamiser le marché.

La Banque centrale européenne a par exemple annoncé début juin un ensemble de mesures destinées à lutter contre la faiblesse de l'inflation, à relancer le crédit et à soutenir la reprise au sein de la zone euro, abaissant ses taux directeurs jusqu'à tester le passage en territoire négatif de son taux de dépôt et offrant aux banques de nouvelles facilités de refinancement à long terme.

"Les banques centrales mènent des politiques monétaires accommodantes, avec une liquidité abondante et des taux d'intérêt historiquement bas, les marchés boursiers se portent bien, et les bilans des entreprises ont été assainis", souligne ainsi Catherine Soubie, coresponsable de la banque d'investissement chez Barclays à Paris. "Tous les ingrédients sont réunis pour une reprise durable du marché des fusions-acquisitions."

DÉCRET POUR LES ENTREPRISES STRATÉGIQUES

"La recherche de croissance se traduit toujours par une proportion de transactions transfrontalières importante entre 35% et 40% du marché mondial, aux côtés de deals de consolidation que ce soit au niveau national comme SFR-Numericable ou régional comme Lafarge-Holcim", ajoute Nicolas Darius, responsable du M&A chez Barclays pour la France, la Belgique et le Luxembourg.

En France, sur les six premiers mois de l'année, les acquisitions d'entreprises françaises par des groupes étrangers ont ainsi représenté 57% des transactions tandis que les opérations de consolidation domestique en ont représenté 43%, montrent les données Thomson Reuters.

"Les entreprises et investisseurs étrangers sont désormais prêts à réinvestir en Europe après le scepticisme de ces dernières années", relève Guillaume Gabaix, managing director chez Morgan Stanley.

La reprise du M&A en France s'est aussi caractérisée par une implication très forte du ministre de l'Economie Arnaud Montebourg, qui a tenté de contrer le rachat des activités d'Alstom dans l'énergie par l'américain General Electric après avoir soutenu Bouygues pour le rachat de SFR.

Redoutant que des entreprises jugées stratégiques passent sous pavillon étranger, le gouvernement français s'est ainsi doté d'un décret forçant tout acquéreur à obtenir l'accord de l'Etat.

"C'est un combat symbolique. Monsieur Montebourg vide sa pipette d'eau sur un incendie de forêt", juge un banquier d'affaires parisien, déplorant que l'industrie française ait perdu toute compétitivité au niveau mondial.

(Edité par Dominique Rodriguez)

Copyright © 2014 Thomson Reuters


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