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Alstom : Le patron de Siemens marque des points dans la défaite

Le patron de Siemens marque des points dans la défaiteLe patron de Siemens marque des points dans la défaite

par Jens Hack et Maria Sheahan

MUNICH/FRANCFORT (Reuters) - Siemens a certes perdu face à General Electric dans la bataille pour l'essentiel de la branche énergie d'Alstom mais le président du directoire du groupe allemand n'en a pas moins marqué des points.

En succédant il y a moins d'un an à l'Autrichien Peter Löscher, écarté après une série d'acquisitions hasardeuses, notamment celle de l'entreprise américaine de diagnostic médical Dade Behring, Joe Kaeser avait promis une gestion plus disciplinée.

Il a tenu parole dans le feuilleton qui vient de s'achever, même si Alstom a finalement préféré l'offre de GE à celle présentée conjointement par Siemens et le japonais Mitsubishi Heavy Industries.

Le message délivré aux actionnaires de Siemens a en effet été clair : l'ère Peter Löscher est révolue et Siemens n'est plus disposé à réaliser des acquisitions à n'importe quel prix.

"Kaeser s'en est plutôt bien sorti", estime Ingo-Martin Schachel, analyste à Commerzbank. "Il n'a pas été simplement discipliné mais aussi malin parce qu'il a rendu les choses un peu plus difficiles pour GE".

Siemens préparait déjà son offre pour contrer celle de GE lorsque Joe Kaeser a précisé en mai dernier les contours d'un vaste plan de restructuration destiné à tirer un trait sur la gestion de Peter Löscher.

Plusieurs voix s'élevaient alors chez Siemens pour dénoncer comme un gaspillage de temps et d'argent un éventuel rapprochement avec Alstom.

Les syndicats s'inquiétaient pour leur part des conséquences sur les salariés allemands que pourraient avoir les garanties que Siemens devrait apporter aux salariés français d'Alstom.

Certains chez Siemens craignaient par ailleurs de voir le groupe allemand céder ses activités ferroviaires à Alstom dans le cadre d'un rapprochement.

PAS GAGNANT SUR TOUTE LA LIGNE

Joe Kaeser a donc matière à se réjouir et ne s'en est pas privé dans une lettre adressée dimanche à ses salariés.

"La mise en place de l'accord (Alstom-GE) va rendre deux de nos concurrents très occupés pendant des années, écrit-il. Et avec le gouvernement français comme actionnaire majeur, il va être difficile (pour GE) de mettre en place une productivité à l'américaine et des mesures de restructuration. Cela nous offre une magnifique opportunité."

Une porte-parole de General Electric a réfuté ces arguments et a mis en avant la réussite des coentreprises créées avec des groupes dans lesquels des Etats détiennent des participations, dont le français Safran et l'italien Nuovo Pignone.

"C'est courant pour nous", a déclaré Deidre Latour. "Cela ne change pas les aspects économiques de l'accord."

Malgré ses déclarations, le patron de Siemens n'est cependant pas gagnant sur tous les tableaux.

Les activités de turbines pour centrales thermiques d'Alstom auraient en effet représenté une réelle plus-value pour le groupe allemand. C'est d'ailleurs cette activité qui intéressait principalement Joe Kaeser.

Avec les ressources financières de General Electric, Alstom sera en outre beaucoup plus redoutable à l'avenir face à Siemens dans la compétition pour de gros contrats.

Mais le nouveau patron du conglomérat allemand aura au moins montré que les temps où le groupe allemand acceptait, sous la houlette de Peter Löscher, de mettre sept milliards de dollars sur la table pour s'offrir Dade Behring appartenaient bien au passé.

Il reste maintenant à Joe Kaeser à relever son défi le plus ardu : transformer Siemens, devenu pratiquement ingérable à force de complexité.

Son plan stratégique, baptisé "Vision 2020", concernera 11.600 postes avec pour objectif un milliard d'euros d'économies par an (voir).

Il prévoit en outre la suppression de plusieurs échelons d'encadrement au sein du groupe pour le réorganiser en neuf divisions, appelées à remplacer l'organisation actuelle qui croise divisions sectorielles et géographiques.

Tout cela plaît aux actionnaires mais ils veulent des résultats.

"M. Kaeser a beaucoup promis aux actionnaires et l'espoir que les choses s'améliorent est grand", explique Marcus Poppe, gérant de fonds chez DWS. "Mais jusqu'à présent, les chiffres ne sont pas meilleurs".

(avec Joern Poltz et Alexander Huebner; Patrick Vignal et Mathilde Gardin pour le service français, édité par Marc Angrand)

Copyright © 2014 Thomson Reuters


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