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Alstom : Le dossier Alstom ouvert aux investisseurs étrangers, dit Valls

Le dossier Alstom ouvert aux investisseurs étrangers, dit VallsLe dossier Alstom ouvert aux investisseurs étrangers, dit Valls

PARIS (Reuters) - Manuel Valls a assuré mercredi que les investisseurs étrangers étaient "bienvenus" dans le dossier Alstom mais a jugé "inacceptable" que le gouvernement n'ait pas été alerté en amont des projets de vente des activités énergie du groupe.

L'américain General Electric (GE) a la préférence du Conseil d'administration du fabricant français d'équipements électriques et ferroviaires mais l'allemand Siemens reste sur les rangs.

"Tous les investisseurs étrangers, qu'ils soient américains, allemands, sont bienvenus", a déclaré le Premier ministre sur France Inter. "Nous devons bâtir des grands groupes à taille européenne, à taille mondiale."

"L'emploi, l'investissement, l'indépendance et la souveraineté énergétiques sont nos priorités mais cela doit se faire dans la transparence, dans le dialogue, et l'Etat prend toute sa part dans cette discussion", a-t-il ajouté.

Manuel Valls a refusé de commenter les appels, tant de la droite que de la gauche, à une prise de participation temporaire de l'Etat dans le capital d'Alstom, comme lors de l'opération de sauvetage du groupe en 2004.

"La seule question posée c'est la défense de l'emploi et des technologies et c'est sur quoi le gouvernement est vigilant", a-t-il dit. "Je n'ai pas l'intention à ce stade (...) d'alimenter le feuilleton des rumeurs sur ce dossier."

Il a rappelé qu'Alstom était une entreprise cotée et que cela imposait de la "retenue dans le langage et dans les mots".

Le ministre de l'Economie, Arnaud Montebourg, a déclaré mercredi matin devant la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale que le gouvernement étudiait la question à la demande des syndicats d'Alstom.

Mais le porte-parole du gouvernement a rejeté sur France Info l'idée d'une entrée de l'Etat dans le capital du groupe.

"La situation de l'entreprise en 2004, c'était la faillite, c'était la disparition. Ramener de l'argent frais à un moment donné pour redonner la capacité à l'entreprise de repartir (...)c'est un choix. Aujourd'hui, on n'est pas dans cette situation", a dit Stéphane Le Foll.

VALLS JUGE LE GOUVERNEMENT "ENTENDU"

Sans aller, comme le ministre de l'Economie, jusqu'à accuser de mensonge le PDG du groupe, Manuel Valls a, lui aussi, reproché à Patrick Kron de ne pas avoir alerté le gouvernement sur ses projets.

"L'accélération brutale de ces derniers jours n'était pas acceptable et nous l'avons fait savoir", a dit Manuel Valls en soulignant que les actionnaires n'avaient pris aucune décision définitive mardi, Alstom se donnant un mois de réflexion.

Alstom ne pourra pas solliciter d'autres offres que celle de GE mais "s'est réservé le droit de répondre à des offres non sollicitées" pour les actifs concernés - turbines de centrales électriques, éolien, systèmes de transmission de l'électricité.

Une des préoccupations du gouvernement est le sort des activités ferroviaires d'Alstom, qui fabrique notamment les trains à grande vitesse (TGV) et subit de plein fouet la crise économique et la concurrence chinoise dans ce secteur.

Manuel Valls a néanmoins estimé que le chef de l'Etat et le gouvernement avait été "entendus".

Devant la commission des affaires économiques, Arnaud Montebourg a pour sa part assuré ne pas avoir "de critique à adresser à ceux qui s'intéressent à Alstom".

"Nous avons une bonne relation avec GE. Nous savons que cette entreprise est une entreprise sérieuse", a notamment dit le ministre de l'Economie, qui ne cachait pas jusqu'ici sa préférence pour une solution européenne.

Il a cependant réaffirmé que l'Etat souhaitait une alliance équilibrée entre Alstom et un partenaire industriel et non pas une absorption pure et simple. (voir)

(Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse)

Copyright © 2014 Thomson Reuters


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