Bourse > Alstom > Alstom : L'Etat donne son feu vert à GE et entrera au capital d'Alstom
ALSTOMALSTOM ALO - FR0010220475ALO - FR0010220475
25.485 € -0.74 % Temps réel Euronext Paris
25.560 €Ouverture : -0.29 %Perf Ouverture : 25.640 €+ Haut : 25.260 €+ Bas :
25.675 €Clôture veille : 540 538Volume : +0.25 %Capi échangé : 5 585 M€Capi. :

Alstom : L'Etat donne son feu vert à GE et entrera au capital d'Alstom

L'Etat français retient l'offre GE, assortie de conditionsL'Etat français retient l'offre GE, assortie de conditions

par Jean-Baptiste Vey et Benjamin Mallet

PARIS (Reuters) - L'Etat français a donné vendredi son feu vert à un accord pour un rachat partiel de la branche énergie d'Alstom par l'américain General Electric, assorti de conditions strictes, au détriment d'une offre rivale de l'allemand Siemens et du japonais Mitsubishi Heavy Industries (MHI).

Le ministre de l'Economie Arnaud Montebourg, qui s'exprimait avant une décision d'Alstom attendue au plus tard lundi, a également annoncé que l'Etat rachèterait 20% du capital d'Alstom auprès de Bouygues, aujourd'hui actionnaire du groupe à hauteur de 29,4%.

Bercy a précisé que l'opération devrait se faire au prix du marché, ce qui impliquerait de verser 1,7 milliard d'euros environ à Bouygues pour 20% des actions sur la base de la capitalisation boursière actuelle d'Alstom.

"Cette alliance (avec GE) est donc garantie par l'arrivée de l'Etat aux commandes d'Alstom. C'est en quelque sorte l'Etat qui assure et garantit l'effectivité, la solidité et la pérennité de cette alliance", a dit le ministre lors d'une conférence de presse.

"Le gouvernement, dans sa diversité, a tranché sous l'autorité du président de la République", a également dit Arnaud Montebourg.

Toujours selon lui, le conseil d'Alstom devrait pour sa part se prononcer dans la soirée.

Alstom n'a pas souhaité commenter ces informations et personne n'était disponible dans l'immédiat chez Bouygues.

Arnaud Montebourg a prévenu GE dans un courrier adressé à son PDG que le rachat de 20% du capital auprès de Bouygues constituait "un préalable à toute forme d'accord du gouvernement" à l'opération envisagée par GE.

Il a aussi averti que l'Etat serait particulièrement attentif au respect de engagements du géant américain, le gouvernement utilisant ainsi un décret sur les investissements étrangers en France, adopté mi-mai, qui obligera GE à obtenir son autorisation.

Le ministre a notamment indiqué que le groupe devrait dresser une liste exhaustive et négociée avec le gouvernement des droits de veto qu'il prévoit d'accorder à l'Etat dans le domaine des turbines pour centrales nucléaires.

1.000 EMPLOIS PROMIS

GE a annoncé jeudi qu'il envisageait de former avec Alstom "une alliance mondiale dans le nucléaire et française pour les turbines à vapeur en France" afin de garantir que la technologie utilisée dans les centrales nucléaires "reste française".

Cette alliance se traduirait par une société détenue à parité entre les deux groupes et inclurait "des actions préférentielles" accordant à l'Etat français un droit de veto et des droits de gouvernance spécifiques.

GE propose aussi de loger la propriété intellectuelle de la technologie des turbines à vapeur Arabelle - utilisées dans les EPR - dans une structure ad hoc détenue à 100% par l'Etat français, un sujet qui était jugé essentiel par le gouvernement.

"La mise en place (des) mécanismes organisant le contrôle des activités considérées par le gouvernement comme 'sensibles' par une entité spécifique française sera (...) une composante essentielle de notre analyse en vue de la future décision concernant votre projet d'investissement", a indiqué Arnaud Montebourg dans son courrier.

GE, qui a précisé jeudi son engagement de créer 1.000 emplois en France, veut en outre créer deux coentreprises basées en France et détenues à parité avec Alstom dans les activités liées aux réseaux d'électricité et aux énergies renouvelables.

Il envisage aussi de vendre ses activités de signalisation ferroviaire à Alstom alors qu'il prévoyait à l'origine une coentreprise.

Les annonces de Bercy interviennent après une saga de deux mois qui a vu le gouvernement français refuser une vente sèche à GE et faire monter les enchères en encourageant une contre-offre de Siemens et en défendant une logique de partenariat.

LE TANDEM SIEMENS-MHI SOULEVAIT PLUS D'INTERROGATIONS

Le projet de GE présenté jeudi est ainsi sensiblement différent du schéma envisagé à l'origine avec Alstom, qui prévoyait un vente sèche de la branche énergie au géant américain.

Cette nouvelle version de son offre a fait baisser le montant en numéraire de 16,9 milliards de dollars (12,4 milliards d'euros) prévu à l'origine pour Alstom et ses actionnaires.

Si GE n'a pas précisé le nouveau montant de cash qu'il propose désormais, il a déclaré vendredi qu'il serait supérieur à celui de l'offre de Siemens-MHI, qui prévoyait de son côté 8,2 milliards d'euros en cash et des coentreprises dans la dernière mouture de son offre, présentée vendredi.

L'entourage d'Alstom et le PDG du groupe lui-même soulignaient ces derniers jours les questions soulevées par la proposition du tandem Siemens-MHI, jugée moins engageante et probablement plus risquée dans sa mise en oeuvre que celle de GE.

Arnaud Montebourg a fait ses annonces après une réunion interministérielle, le matin, et des rencontres successives à l'Elysée, l'après-midi, entre le président François Hollande, les ministres concernés et des dirigeants de GE, Siemens et MHI.

(Avec Sophie Louet, Matthieu Protard et Gilles Guillaume, édité par Jean-Michel Bélot)

Copyright © 2014 Thomson Reuters


Je donne mon avis

TÉLÉCHARGEZ GRATUITEMENT L’APPLI
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez nos CGU et l'utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques d'audiences et vous proposer une navigation optimale, la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux ainsi que des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts.
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies...