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Alstom : GE propose plus de partenariats mais moins de cash à Alstom

GE propose plus de partenariats mais moins de cash à AlstomGE propose plus de partenariats mais moins de cash à Alstom

par Benjamin Mallet et Natalie Huet et Jean-Baptiste Vey

PARIS (Reuters) - General Electric (GE) a amendé jeudi son offre de rachat de la branche énergie d'Alstom et propose désormais au groupe la création de plusieurs coentreprises, notamment dans le nucléaire, s'inscrivant ainsi dans une logique d'alliance et d'amélioration de son projet prônée par le gouvernement français.

Face à une offre concurrente du tandem Siemens et Mitsubishi Heavy Industries (MHI) présentée en début de semaine, le géant américain a cependant dû complexifier sa proposition et revoir à la baisse le montant de 16,9 milliards de dollars (12,4 milliards d'euros) qu'il prévoyait de verser en numéraire au groupe français, conséquence des apports d'actifs et des sociétés communes qu'il envisage désormais.

Selon des représentants syndicaux qui rencontraient le ministre de l'Economie Arnaud Montebourg en début de soirée, le tandem germano-nippon étudie de son côté la possibilité de relever de 800 millions d'euros la composante numéraire de son offre, qui atteignait jusqu'ici 7 milliards.

Un porte-parole de MHI a déclaré que cette option avait été mise à l'étude mais que rien n'avait été arrêté. Siemens a de son côté estimé que son offre avec le japonais restait supérieure à celle de GE.

GE a fait savoir dans un communiqué qu'il prévoyait dorénavant de former avec Alstom "une alliance mondiale dans le nucléaire et française pour les turbines à vapeur en France" afin de garantir que la technologie utilisée dans les centrales nucléaires "reste française".

Cette alliance se traduirait par une société détenue à parité entre les deux groupes et inclurait "des actions préférentielles" accordant à l'Etat français un droit de veto et des droits de gouvernance spécifiques.

GE propose aussi de loger la propriété intellectuelle de la technologie des turbines à vapeur Arabelle - utilisées dans les EPR - dans une structure ad hoc détenue à 100% par l'Etat français, un sujet qui était jugé essentiel par le gouvernement.

1.000 CRÉATIONS D'EMPLOIS CONFIRMÉES

"Le gouvernement pourra ainsi accorder des licences à des tiers dans l'hypothèse où GE ne serait pas en mesure de fournir les turbines à vapeur Arabelle destinées à un projet nucléaire d'EDF/Areva", a expliqué l'entreprise américaine.

Les turbines à vapeur hors de France et qui ne sont pas utilisées dans des centrales nucléaires deviendraient en revanche la propriété à 100% du géant américain, de même que les turbines à gaz.

GE propose en outre de créer deux coentreprises basées en France et détenues à parité avec Alstom dans les activités liées aux réseaux d'électricité et aux énergies renouvelables (éoliennes maritimes et équipements hydroélectriques).

"La valorisation sous-jacente (d'Alstom) reste la même (...), le prix sera ajusté avec les coentreprises mais la valeur d'entreprise ne change pas", a déclaré le PDG de GE lors d'une conférence de presse à Paris.

Jeff Immelt ‎a ajouté que la valeur des activités de signalisation ferroviaire de GE, que le groupe envisage désormais de vendre à Alstom alors qu'il prévoyait à l'origine une coentreprise, serait aussi déduite de la partie en numéraire proposée par l'entreprise américaine.

Il a également estimé que cette partie en numéraire serait supérieure à celle proposée par Siemens-MHI, sans plus de précisions, et confirmé que l'offre de GE était valable jusqu'au 23 juin.

GE a aussi confirmé son projet de créer 1.000 emplois en France "dans des domaines à forte valeur ajoutée tels que la fabrication et l'ingénierie". Cet engagement "sera suivi par un auditeur indépendant et fera l'objet de pénalités financières si l'objectif n'est pas atteint", a-t-il précisé.

Croisé par Reuters dans des locaux de GE en marge de la conférence de presse de Jeff Immelt, le PDG d'Alstom, Patrick Kron, n'a pas souhaité s'exprimer sur la nouvelle offre du groupe américain.

ALSTOM TERMINE EN FORTE BAISSE EN BOURSE

Des sources proches du dossier avaient déclaré, avant ces annonces, que le comité ad hoc formé par Alstom pour examiner les offres de GE et de Siemens-MHI prévoyait de présenter vendredi après-midi ses conclusions au conseil du groupe français, avant une décision de ce dernier programmée lundi au plus tard.

Le gouvernement français, qui devra donner son autorisation en cas de rachat des actifs d'Alstom, a demandé ces dernières semaines aux candidats d'améliorer leurs offres.

"Les dernières propositions de GE améliorent considérablement l'offre qu'ils avaient faite", a réagi le ministre des Finances Michel Sapin, en marge d'une réunion des ministres des Finances européens au Luxembourg.

L'Elysée a de son côté indiqué que François Hollande recevrait successivement vendredi en début d'après-midi les dirigeants de General Electrics d'une part, de Siemens et MHI d'autre part sur le dossier Alstom.

Une nouvelle réunion ministérielle en présence du président, du Premier ministre Manuel Valls, de la ministre de l'Energie Ségolène Royal et du ministre de l'Economie Arnaud Montebourg aura lieu vendredi matin à 09h40. Et, selon Bercy, les offres pour Alstom devraient être examinées d'ici vendredi matin.

Le ministre de l'Economie Arnaud Montebourg n'a pas exprimé jeudi de préférence entre GE et Siemens-MHI, selon un représentant syndical.

En Bourse, l'action Alstom a clôturé la séance en repli de 6,01% à 27,70 euros.

Selon des propos rapportés jeudi par Exane BNP Paribas, Patrick Kron a de son côté rappelé que le choix d'Alstom de se tourner vers GE ou vers Siemens-MHI reviendrait aux actionnaires, tout en ironisant sur l'offre de l'allemand Siemens.

"Au bout du compte, malgré certaines impressions (qui laisseraient entendre) le contraire, ce sera aux actionnaires de décider", a déclaré Patrick Kron dans le cadre d'une conférence organisée mercredi par Exane BNP Paribas, selon une note obtenue auprès du broker.

Dans le cadre de son offre avec MHI, Siemens envisage également dans un second temps d'apporter ses actifs ferroviaires à Alstom.

"Je comprends tout à fait pourquoi Siemens veut se débarrasser de ses activités dans le transport. Si j'étais eux, j'essaierais de faire la même chose ; ils veulent nos activités dans le gaz... et nous devrions reprendre leurs activités dans le transport... eh bien il leur est permis de rêver", a ironisé Patrick Kron.

(Avec Elizabeth Pineau, Matthieu Protard, Alexandre Boksenbaum-Granier et Gwénaëlle Barzic à Paris, Ingrid Melander à Luxembourg et Jörn Poltz à Munich, édité par Véronique Tison)

Copyright © 2014 Thomson Reuters


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