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Airbus group : L'Etat français pourrait prendre la majorité de STX France

L'Etat français pourrait prendre la majorité de STX FranceL'Etat français pourrait prendre la majorité de STX France

PARIS (Reuters) - L'Etat français envisage de devenir l'actionnaire majoritaire des chantiers navals de Saint-Nazaire, rachetés par le groupe coréen STX en 2008 et menacé de passer sous pavillon chinois, écrit lundi Libération.

STX Offshore & Shipbuilding, principal actionnaire de ces chantiers, est en pleine débâcle et envisage de les revendre, alors que leurs carnets de commandes sont pleins, perspective qui inquiète les syndicats et les élus locaux.

Selon les informations de Libération, qui cite notamment des sources au ministère de l'Economie et des Finances, l'Etat, qui détient déjà un tiers du capital de STX France, une minorité de blocage, pourrait décider de devenir majoritaire.

"Tous les scénarios sont à l'étude. L'Etat peut monter au capital, seul ou accompagné, pour prendre la majorité de STX France le temps qu'il faudra", dit une source de Bercy citée par le quotidien.

Selon le journal, deux pistes sont à l'étude : une solution franco-française ou la constitution d'un "Airbus européen de la construction navale".

Dans le premier cas, l'Etat pourrait accroître à 51% ses parts dans les chantiers navales de Saint-Nazaire, en faisant appel à DCNS, précise Libération.

"Toutes les pistes sont sur la table mais celle-là pas plus qu'hier", tempère cependant Yannick Vaugrenard, sénateur PS de Loire-Atlantique, reçu récemment avec d'autres élus locaux par le secrétaire d'Etat à l'Industrie, Christophe Sirugue.

PRUDENCE

"C'est en tout état de cause la riposte à l'éventualité chinoise qui est privilégiée. L'objectif est de constituer un actionnariat solide privilégiant la perspective industrielle de long terme", a expliqué ce parlementaire à Reuters.

Nathalie Durand-Prinborgne, déléguée syndicale Force ouvrière des chantiers de Saint-Nazaire, s'est montrée plus enthousiaste : "Ce n'est à ce stade qu'une réflexion mais c'est quelque chose que nous n'avions jamais eu des gouvernements précédents, en dépit des crises que nous avons pu traverser."

Force ouvrière, qui réclame la nationalisation de l'entreprise depuis dix ans, va d'ailleurs réitérer cette revendication mardi après-midi à Bercy, où une délégation syndicale sera reçue.

Dans le deuxième scénario, l'italien Fincantieri, déjà intéressé par STX France, pourrait être associé à l'Etat français et à DCNS, précise Libération.

Fincantieri et le néerlandais Damen, un groupe familial spécialisé dans la construction de navires de guerre, porte-conteneurs et yachts, sont déjà sur les rangs pour racheter l'entreprise de Saint-Nazaire.

Les élus locaux ont cependant fait part au secrétaire d’État à l'Industrie de leur opposition à une revente des ex-chantiers de l'Atlantique à Fincantieri.

Le groupe italien pourrait en effet être tenté de transférer en Italie une partie de la charge de travail de STX France et ses accords avec les chantiers navals chinois incluent des transferts de technologies, ce qui inquiète aussi les élus.

Aucune source n'était immédiatement joignable à Bercy ou à STX France pour commenter les informations de Libération.

(Emmanuel Jarry, avec Guillaume Frouin à Nantes)

Copyright © 2016 Thomson Reuters


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