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Airbus group : Jean-Bernard Lévy remplace Henri Proglio à la tête d'EDF

Jean-Bernard Lévy devrait remplacer Henri Proglio à la tête d'EDFJean-Bernard Lévy devrait remplacer Henri Proglio à la tête d'EDF

par Emmanuel Jarry et Benjamin Mallet

PARIS (Reuters) - Le gouvernement a annoncé mercredi le remplacement d'Henri Proglio à la tête d'EDF par Jean-Bernard Lévy, actuel PDG de Thales, un moyen de s'assurer de la bonne mise en oeuvre de la loi sur la transition énergétique, qui prévoit une réduction du poids du nucléaire en France.

Alors qu'il semblait bien placé pour remplir un deuxième mandat, Henri Proglio paie aussi probablement ses prises de position en faveur du nucléaire lors de la campagne présidentielle de 2012, au cours de laquelle François Hollande s'est engagé à réduire de 75% à 50% la part de l'atome dans la production d'électricité en France à l'horizon 2025.

Jean-Bernard Lévy sera de son côté resté moins de deux ans aux commandes de l'équipementier aéronautique Thales, rejoint fin 2012 six mois après avoir quitté avec fracas Vivendi sur fond de divergence stratégique. Chez EDF, il devra avant tout composer avec le poids de l'Etat actionnaire (84,5% du capital).

"Il y a une phase nouvelle avec la loi de transition énergétique", a souligné en conseil des ministres François Hollande, cité par le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll. "Lévy est un grand industriel, qui a présidé Thales, il a les qualités nécessaires."

La ministre de l'Ecologie et de l'Energie, Ségolène Royal, a évoqué "une bonne décision" en marge d'une table ronde organisée à Lyon sur la transition énergétique.

La ministre, qui a prévu de rencontrer Jean-Bernard Lévy vendredi, a jugé qu'un "nouveau regard sur l'évolution de l'entreprise (EDF) sera(it) une bonne chose", même si elle a salué "le bon travail" d'Henri Proglio.

Stéphane Le Foll et Ségolène Royal ont aussi souligné qu'Henri Proglio n'aurait pu être reconduit que jusqu'en 2017, date à laquelle il aurait atteint la limite d'âge prévue par les statuts d'EDF.

Le projet de loi de transition énergétique, voté mardi en première lecture par les députés, instaure un plafonnement de la capacité de production nucléaire de la France à son niveau actuel de 63 gigawatts et implique donc la fermeture de deux réacteurs nucléaires lors de la mise en service de l'EPR de Flamanville, prévue pour 2016.

"IL FALLAIT LA TÊTE DE PROGLIO"

Deux sources proches de la direction d'EDF ont cependant estimé que l'éviction du PDG traduisait davantage la volonté du chef de l'Etat d'asseoir son autorité qu'une inflexion stratégique, d'autant que le bilan d'Henri Proglio et les résultats d'EDF plaidaient en sa faveur.

"On a vraiment l'impression qu'il fallait la tête de Proglio, que Hollande a voulu donner un signe d'autorité et montrer qu'il imposait ses choix", selon l'une de ces sources. "Le principal défaut de Proglio, c'est d'avoir été nommé par Sarkozy (en 2009)", estime l'autre.

Selon une source proche du gouvernement, le fait que l'actuel patron de l'Agence des participations de l'Etat (APE), Régis Turrini, et Jean-Bernard Lévy se soient connus chez Vivendi "a pu peser dans la balance".

Le nouveau patron du premier opérateur nucléaire mondial - 58 réacteurs en France, 14 au Royaume-Uni, 175.000 salariés - devra non seulement incarner la feuille de route de la transition énergétique mais aussi mener à bien un programme d'investissements dans le parc nucléaire français, qu'Henri Proglio chiffrait à 55 milliards d'euros d'ici à 2025.

La question de la prolongation au-delà de 40 ans de la durée de vie des réacteurs d'EDF se posera aussi très rapidement, avec un premier avis de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) attendu en 2015.

Jean-Bernard Lévy va également devoir composer avec un nouveau cadre réglementaire, en France, censé permettre de modérer les hausses de tarifs à venir.

A l'international, son premier grand chantier sera celui des deux EPR prévus au Royaume-Uni, à Hinkley Point.

La nomination de Jean-Bernard Lévy à la tête d'EDF donne le coup d'envoi d'un vaste mercato pour le renouvellement des dirigeants de groupes français de l'énergie.

En ce qui concerne Thales, les noms les plus souvent cités pour succéder à Jean-Bernard Lévy sont Patrice Caine, son bras droit, et Marwan Lahoud, patron d'Airbus Group en France.

Alexandre de Juniac, PDG d'Air France-KLM, a récemment démenti une rumeur le donnant partant pour le groupe qu'il avait quitté en 2009 après l'arrivée de Dassault Aviation à son capital.

A la Bourse de Paris, les titres EDF et Thales ont respectivement perdu 3,17% et 3,51% mercredi, globalement en ligne avec le CAC 40 (-3,63%).

(Avec Elizabeth Pineau, Cyril Altmeyer et Benoît Tessier et Catherine Lagrange à Lyon, édité par Jean-Michel Bélot)

Copyright © 2014 Thomson Reuters


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