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Airbus group : Eads courtise l'allemagne pour fusionner avec bae

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par Madeline Chambers et Matthias Blamont

BERLIN/PARIS (Reuters) - EADS est prêt à apporter des garanties à l'Allemagne dans le cadre de son projet de fusion avec BAE Systems, espérant ainsi convaincre Berlin de renoncer à une part directe dans l'entité issue d'un éventuel rapprochement, une exigence qui risque de faire capoter les discussions.

Les groupes européen et britannique ont jusqu'au 10 octobre pour présenter leur schéma de fusion, qui permettrait de créer un nouveau géant de l'aéronautique et de la défense, plus puissant face à Boeing dans un contexte de diminution des budgets militaires.

EADS doit pourtant surmonter encore plusieurs obstacles d'envergure soulevés par ses actionnaires privés et publics. A cet égard, les prochains jours seront déterminants.

La parité de fusion retenue - 60% pour les actionnaires de la maison mère d'Airbus et 40% pour ceux du britannique - est jugée défavorable aux actionnaires d'EADS par plusieurs analystes et investisseurs.

Le groupe français Lagardère, qui détient une part de 7,5% du capital d'EADS qu'il souhaite céder au meilleur prix dans les mois qui viennent, a appelé à un réexamen du projet afin d'obtenir des conditions plus favorables.

De son coté, Berlin redoute de voir son influence réduite après la fusion, au profit de Paris - qui détient actuellement 15% d'EADS - et de Londres.

Ce projet de fusion a ainsi réveillé les ambitions de l'Etat allemand, qui souhaite désormais prendre une part directe dans EADS en reprenant des parts actuellement détenues par le constructeur automobile Daimler et un groupe de banques, une option à laquelle s'opposent le Royaume-Uni et le président d'EADS, Tom Enders, de nationalité allemande.

"Je ne vois pas l'avantage pour notre pays d'acquérir une participation", a-t-il déclaré jeudi dans une interview accordée au quotidien Bild.

"A l'export, aux Etats-Unis et en Asie notamment, nous serions en position défavorable si nous donnions l'impression d'être une entreprise dirigée par des gouvernements", ajoute-t-il. Selon lui, l'acquisition d'un bloc de titres par Berlin coûterait plusieurs milliards d'euros au contribuable allemand, sans lui assurer de privilège particulier.

Selon plusieurs sources proches des négociations, cette demande de Berlin est jugée irrecevable pour les autres parties.

"S'il est avéré que l'Allemagne veut une participation, il n'y aura pas d'accord", a déclaré à Reuters une source proche des discussions.

"Les Allemands craignent la répétition d'un scénario à la Sanofi-Aventis même si des emplois ont été maintenus en Allemagne", a expliqué une autre source. Sanofi a racheté le groupe franco-allemand Aventis en 2004, une opération qui a entériné de fait le passage de la société de chimie allemande Höchst sous contrôle français.

Le président François Hollande a indiqué le 22 septembre que l'emploi, la stratégie industrielle, les enjeux de défense et les intérêts de l'Etat feraient l'objet d'un examen attentif du gouvernement avant un feu vert mais il s'est abstenu d'évoquer une position commune avec l'Allemagne sur le fond.

Selon une source française en contact avec les négociateurs, la France aurait obtenu la "sanctuarisation" des activités d'Airbus, Eurocopter et Astrium, filiales d'EADS, en France.

En revanche, précise-t-on de même source, l'Allemagne aurait demandé en vain une renégociation du partage de la production du successeur de l'Airbus A 320.

CHANTAGE

Tom Enders, sous la pression d'un cours de Bourse qui a effacé près de quatre milliards d'euros de capitalisation depuis le 12 septembre, date de l'annonce des négociations avec BAE, se dit prêt à des concessions sur l'emploi et les sites industriels.

"Je suis tellement convaincu du bien-fondé de notre projet que je suis prêt à discuter de garanties attractives sur l'emploi et les sites que je ne pouvais pas prendre en considération pour EADS", dit-il. "Soit nous supprimons des postes, soit nous saisissons l'opportunité de nouveaux marchés."

EADS compte actuellement 50.000 collaborateurs en Allemagne, réparties sur 29 sites. La question de l'emploi est particulièrement sensible en Allemagne, où des élections législatives ont lieu en septembre prochain, et en France où les annonces de plans sociaux se sont multipliées ces dernières semaines.

Des sources industrielles ont déclaré à Reuters que Tom Enders souhaitait que les sièges de la nouvelle structure se situent à Toulouse pour les activités civiles et à Londres pour celles de défense, un autre point de friction pour l'Allemagne.

Certains responsables politiques allemands plaident pour l'installation d'un troisième siège à Ottobrun, localité située dans la banlieue sud de Munich où sont déjà implantés des bureaux du groupe.

Avec Tim Hepher, Gwënalle Barzic, Gernot Heller, édité par Jean-Baptiste Vey

Copyright © 2012 Thomson Reuters


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