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Airbus group : EADS assume ses choix sur l'emploi

La restructuration chez EADS portera sur 1.260 postes en FranceLa restructuration chez EADS portera sur 1.260 postes en France

par Matthias Blamont et Tim Hepher

PARIS (Reuters) - EADS s'est défendu mardi de sacrifier l'emploi sur l'autel de la rentabilité, estimant que son projet de réorganisation était déterminant pour l'avenir, et a assuré que les pouvoirs publics avaient été informés.

La maison mère d'Airbus a annoncé lundi la suppression de 5.800 postes en Europe au sein de ses pôles de défense et d'espace d'ici à la fin de 2016 dans le cadre d'une réorganisation de ses activités autour de trois nouvelles divisions.

En sus du non-renouvellement de contrats de travail temporaires (environ 1.300), la restructuration décidée par EADS portera sur 2.000 postes en Allemagne, 1.260 en France, 557 en Espagne, 450 au Royaume-Uni et 180 dans le reste du monde, a précisé mardi le directeur des ressources humaines du groupe, Thierry Baril.

"Ces chiffres sont un peu arrondis mais c'est la répartition qui a été communiquée hier à nos représentants syndicaux", a-t-il dit au cours d'une conférence téléphonique, ajoutant que des négociations allaient débuter avec le personnel.

Les discussions, qui porteront sur les reclassements possibles et des départs volontaires, devraient s'étaler jusqu'à la mi-2014.

"Le sujet ce n'est pas l'emploi en tant que tel, c'est la compétitivité. Nous nous sommes donné jusqu'à la mi-2014 pour négocier avec les organisations syndicales et avoir un accord. S'il y a un accord, tant mieux, mais s'il n'y a pas d'accord, nous procéderons à des licenciements", a précisé le directeur du marketing et de la stratégie, Marwan Lahoud.

Le siège parisien du groupe sera fermé tandis que plusieurs sites de petite taille, en France et en Allemagne notamment, feront l'objet de regroupements.

"COMPORTEMENT EXEMPLAIRE"

Le ministre français du Travail Michel Sapin a déclaré mardi matin sur Europe 1 que le gouvernement n'accepterait pas de licenciements secs.

"Cette entreprise gagne de l'argent, c'est une grande entreprise, elle a plusieurs secteurs, elle veut se restructurer, très bien, c'est son devoir pour s'adapter à la situation", a-t-il dit.

"Mais son devoir aussi, quand on a beaucoup d'emplois qui sont créés par ailleurs et qu'on a beaucoup d'argent, c'est de mettre en place des dispositifs qui évitent tout licenciement", a fait valoir Michel Sapin, une position relayée dans l'après-midi par le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg.

"Nous attendons qu'EADS ait un comportement exemplaire dans la conduite de son projet de réorganisation, ce qui implique d'éviter des licenciements secs et (d'avoir) un dialogue social de qualité. Nous y serons très attentifs", a-t-on déclaré au ministère de l'Economie.

Le gouvernement allemand a fait part de sa déception.

"Nous appelons le groupe d'aérospatiale à être prudent et aussi socialement responsable que possible", a déclaré le ministère de l'Economie dans un communiqué. "L'entreprise a profité, et continue de profiter, comme d'autres, du soutien direct et indirect de l'Etat (allemand)."

Interrogé sur le sujet lors de la conférence téléphonique, le président exécutif d'EADS Tom Enders a répondu :

"Aucun d'entre nous n'est surpris que les personnalités politiques aient leur opinion (...) Je ne suis pas surpris de cette déclaration (celle de Michel Sapin, NDLR), je crois que nous entendrons beaucoup d'autres déclarations au cours des prochains jours et nous les écouterons."

"Avant d'annoncer de telles mesures, vous informez évidemment les autorités gouvernementales concernées, c'est ce que nous avons fait en Espagne et au Royaume-Uni ainsi qu'en Allemagne et en France", a-t-il également indiqué.

La France, l'Allemagne et l'Espagne contrôlent un peu plus du quart du capital d'EADS.

DOUBLER LA MARGE

Le groupe, qui a échoué l'an passé à se rapprocher du britannique BAE Systems, avait indiqué en juillet qu'il se réorganiserait autour d'Airbus pour l'aviation civile, d'Airbus Defence & Space pour le spatial et la défense, et d'Airbus Helicopters (anciennement Eurocopter).

"Nous devons renforcer notre compétitivité", a souligné Tom Enders, "la demande pour les produits de défense est en baisse, le marché est très concurrentiel, nous devons donc adapter notre structure de coûts et notre portefeuille de produits".

"D'autres entreprises l'ont fait avant nous et le feront après nous."

EADS organise mercredi et jeudi une rencontre avec les investisseurs à Londres, au cours de laquelle la direction communiquera une "trajectoire de résultats". A l'horizon 2015, EADS veut dégager une marge opérationnelle de 10%.

L'effort représente un quasi-doublement par rapport à 2012, selon des calculs Reuters sur la base de l'Ebit du groupe avant éléments non récurrents.

A 16h, le titre EADS recule de 3,22% à 48,865 euros à la Bourse de Paris, et signe la plus forte baisse du CAC 40 (-0,7%). "L'action baisse du fait des réactions politiques négatives en Allemagne et en France", a déclaré un trader basé à Paris.

Dans une note de recherche, la Société générale estime que les suppressions de postes envisagées par EADS devraient se traduire par une charge exceptionnelle comprise entre 250 et 300 millions d'euros pour des économies brutes, en année pleine, d'environ 375 millions.

Avec Jean-Baptiste Vey et Blaise Robinson à Paris, Gernot Heller à Berlin, édité par Dominique Rodriguez

Copyright © 2013 Thomson Reuters


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