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Airbus group : Bae joue peut-être son va-tout avec eads

Bae joue peut-être son va-tout avec eadsBae joue peut-être son va-tout avec eads

LONDRES (Reuters) - Réussir sa fusion avec EADS est primordial pour BAE Systems si le groupe ne veut pas se retrouver marginalisé en raison d'une stratégie floue, voire devenir une proie pour des concurrents américains.

Si cette fusion de 35 milliards d'euros avec la société-mère d'Airbus tourne court, le groupe de défense britannique pourrait envisager soit de s'allier à un groupe américain, soit de vendre ses actifs outre-Atlantique ou encore rester autonome et tenter de tirer son épingle du jeu dans un marché de la défense guère florissant.

Cette opération, la plus importante survenue dans le secteur européen de la défense depuis une décennie, doit de fait surmonter bien des obstacles.

La parité de 60/40 proposée pour la fusion d'EADS et BAE au sein d'une nouvelle entité suscite des débats, tout comme la protection des contrats militaires sensibles. Autres réticences à surmonter : celle des Etats français et allemand, qui souhaitent préserver leurs intérêts dans EADS.

"BAE voit ses bénéfices tirés de la défense diminuer. Que faire ? Soit se fiancer à quelqu'un en croissance comme EADS soit s'allier à quelqu'un qui peut l'aider à faire de grosses économies, notamment d'échelle, comme Rockwell Collins, General Dynamics ou Lockheed Martin", observe un gérant d'un fonds d'investissement britannique détenant une participation dans BAE.

"Les amateurs des théories du complot disent que BAE espère amener l'un des gros groupes américains de la défense à se déclarer", observe-t-il.

Si tel était le cas, BAE jouerait gros car le Pentagone n'est généralement pas favorable à un mouvement de consolidation qui réduirait le nombre de ses interlocuteurs et qui pèserait ainsi sur la concurrence. Certains analystes estiment toutefois que la situation pourrait évoluer car BAE est l'un des principaux fournisseurs étrangers du Pentagone.

"La stratégie de BAE l'a amené à exploiter à fond les marchés militaires britanniques et américains mais à moyen terme ces marchés vont avoir de sérieux problèmes; donc BAE ne peut se permettre de ne pas réagir", dit Zafar Khan, analyste de la défense de Société Générale.

STRATÉGIE SOUPLE

Dans le dernier rapport annuel de BAE, le président Dick Olver définit ainsi les priorités stratégiques: développer l'export, tirer partir de la diversification géographique, alimenter la croissance de la branche cybersécurité.

Il estime aussi que cette stratégie est assez souple pour s'adapter aux changements de situation. Quant au projet de fusion avec EADS, BAE ne peut s'exprimer publiquement comme l'exige la réglementation britannique des OPA.

BAE avait vendu en 2006 sa participation de 20% dans Airbus pour 3,5 milliards de dollars afin de financer sa percée dans un marché de la défense américain alors en pleine expansion. Un an auparavant, il avait créé sa filiale américaine, BAE Inc, devenu l'un des principaux fournisseurs d'armements des Etats-Unis.

BAE Inc a grossi par le biais d'acquisitions et concurrence désormais des groupes américains comme Lockheed, Northrop Grumman et Boeing. Son chiffre d'affaires a atteint 14,4 milliards de dollars en 2011, à peu près la moitié de celui du groupe BAE.

"Si la fusion ne se fait pas, BAE est de fait libre et une alliance aux USA est possible mais dans ce cas je pense que BAE devrait vendre ses actifs US", note Khan, estimant que la vente de BAE Inc pourrait rapporter jusqu'à 10 milliards de livres (16,20 milliards de dollars), hors dette.

La capitalisation boursière de BAE était de 10,7 milliards de livres (13,45 milliards d'euros) et son endettement de 1,23 milliard fin juin 2012 (1,55 milliard d'euros).

Dans la mesure où BAE Inc pense que les restrictions budgétaires vont l'affecter dans les années qui viennent, tout projet d'alliance doit se concrétiser rapidement. Les Etats-Unis, de loin le premier marché mondial de l'armement, comptent réduire les dépenses militaires de 487 milliards de dollars dans les 10 ans à venir. Le Congrès pourrait geler 500 milliards supplémentaires en janvier dans le cadre d'une procédure dite de séquestre.

BAE, qui a déjà supprimé plusieurs milliers d'emplois ces dernières années pour s'adapter à la baisse des budgets militaires, envisage d'en supprimer 2.000 de plus pour s'adapter à la baisse des commandes de l'avion de combat Typhoon.

LE ROI EST NU

Une fusion avec EADS permettrait également à BAE de revenir indirectement dans Airbus et de se diversifier en une période où les armées se serrent la ceinture. A l'inverse, cette fusion permettrait de rééquilibrer les activités d'EADS entre civil et militaire, alors qu'elles sont aujourd'hui dominées par celles du constructeur aéronautique européen.

BAE a amorcé il y a déjà plusieurs années sa diversification, notamment en développant sa filiale de cybersécurité Detica, ce qui ne permet pas toutefois de compenser la baisse tendancielle des marchés militaires traditionnels.

Si le mariage avec EADS est consommé, les tentatives de percée de BAE dans l'automobile, la construction et divers segments des services, à la recherche de la croissance et d'une dépendance moins forte vis-à-vis de la défense, ne seront plus qu'un souvenir.

Londres détient une "action spécifique" dans BAE, ce qui lui permet de bloquer toute tentative d'OPA hostile, mais le Premier ministre David Cameron semble assez souple sur son usage. Si un concurrent américain venait courtiser BAE, il semble qu'il ne serait pas trop sourcilleux dans la mesure où cela ne ferait que renforcer la "relation particulière" que la Grande-Bretagne entretient avec les Etats-Unis.

En tout état de cause, Ian King, l'actuel directeur général de BAE, risque sa place si la fusion avec EADS ne se fait pas, estime Ed Stacey, analyste d'Espirito Santo.

"Le risque est que tout le monde se défausse et que le roi BAE soit nu. S'il fait affaire avec EADS, King jouira d'un énorme recours en grâce; dans le cas contraire, BAE sera très exposé", explique-t-il.

Avec Sinead Ruise et Chris Vellacott, Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Jean-Michel Bélot

Copyright © 2012 Thomson Reuters


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