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Airbus group : Airbus en examen pour homicides involontaires pour le rio-paris

Airbus en examen pour homicides involontaires pour le rio-parisAirbus en examen pour homicides involontaires pour le rio-paris

par Thierry Lévêque

PARIS (Reuters) - La société Airbus a été mise en examen jeudi pour "homicides involontaires" dans l'enquête sur la catastrophe du vol Rio-Paris, dans laquelle ont péri 228 personnes en 2009, a dit son président exécutif, l'Allemand Thomas Enders.

L'avion, un A330, s'était abîmé dans l'Atlantique pour une raison encore inconnue dans la nuit du 31 mai au 1er juin 2009, emportant dans la mort des passagers de 32 nationalités, dont 72 Français et 59 Brésiliens.

La mise en examen a été notifiée par la juge d'instruction Sylvie Zimmerman à Thomas Enders, venu en qualité de représentant légal de la société, et à ses avocats, lors d'une audition au palais de justice de Paris.

"Nous désapprouvons fortement cette décision, nous pensons qu'elle est au moins prématurée. (...) Je voudrais toutefois confirmer que nous apportons notre aide à l'enquête, et particulièrement pour les prochaines recherches des boîtes noires", a dit Thomas Enders à la presse après son audition.

"Nous sommes convaincus que c'est seulement si nous trouvons ces boîtes noires que nous pourrons reconstituer ce qui s'est vraiment passé sur ce vol tragique AF 447", a-t-il ajouté.

Air France, représenté par son directeur général, Pierre-Henri Gourgeon, est convoqué vendredi et devrait être mis en examen également, pour les mêmes motifs.

De nouvelles opérations de recherche en mer, les quatrièmes, doivent débuter vers le 20 mars sur une zone au large du Brésil, avec un budget de plus de neuf millions d'euros apportés par Airbus et Air France.

Des débris, dont l'empennage de l'avion, ont été repêchés après l'accident, ainsi qu'une cinquantaine de corps. Les trois premières phases de recherches, à l'aide de robots sous-marins, n'ont permis de retrouver ni l'épave de l'Airbus, ni les enregistreurs de conversations de pilotes et de données de vol, les "boîtes noires".

SONDES PITOT

Bien qu'aucun scénario précis de l'accident ne soit établi, la juge d'instruction a annoncé le mois dernier aux avocats des familles de victimes son intention de notifier des poursuites aux deux sociétés, sans détailler leurs fondements juridiques.

La magistrate ne l'a pas davantage exposé aux représentants d'Airbus, a dit à la presse Me Simon Ndiaye, avocat d'Airbus.

"Nous ne savons pas sur quoi cette mise en cause d'Airbus est fondée (...) Elle n'est pas justifiée puisqu'aucun élément aujourd'hui ne permet de dire ce qui s'est passé", a-t-il dit.

Il est toutefois probable que soit visé le problème des sondes de mesure de vitesse de type Pitot, fabriquées par Thales, qui équipaient les A330 et A340, bien que des problèmes de givrage à haute altitude et de dysfonctionnement aient été déjà constatés et répertoriés dans des rapports.

Ces sondes, de petits tubes placés à l'avant de l'appareil, ont été changées sur toute la flotte Air France après l'accident. Dans un mémorandum remis à la juge fin 2010, la compagnie aérienne s'est défaussée de ce problème sur Airbus, disant avoir été abandonnée "sans recommandations ni solutions pérennes à ce problème".

Le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA), chargé des investigations techniques, a constaté jusqu'à présent une défaillance des sondes Pitot au moment de l'accident, sans conclure qu'elle était à l'origine de la catastrophe.

Air France estime aussi que sa mise en examen sera "prématurée", a dit à Reuters jeudi son avocat Fernand Garnault. "Il n'y a rien de nouveau en l'état du dossier qui permette de prendre en compte une responsabilité plutôt qu'une autre", a-t-il déclaré.

Les familles de victimes, regroupées notamment dans l'association Entraide et solidarité AF447, ont multiplié les démarches auprès des autorités pour réclamer une enquête "transparente" et une information rapide.

Édité par Gilles Trequesse

Copyright © 2011 Thomson Reuters


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